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Le bain familial

Le temps file, et laisse derrière lui son lot de transformations, telles les évolutions intervenues sur le quartier du Pont-Vieux. Avec l’évocation récente de la bâtisse voisine des Bains Douches, Cine se souvient :

cine« Malgré les vapeurs du dimanche, et le temps qui passe, les bains douches sont toujours là. Pas une pierre ne s'effondre. Il faut croire que la vue de tant de beautés nues, si je puis dire, les ont gardés en pleine forme. Ils en ont vu des mômes et des adultes défiler avec gant, savon et serviette à la main. On aurait pu chanter comme Brel,  « Au suivant,… et au suivant... ». Dans les moites vapeurs et sur le caillebotis, on allait se décrasser de la semaine, après remise d'une piécette à Mme Jeanne Courrent, mère d'Alain et Mariette. 

En tous cas, je n'ai pas souvenir « d'aller aux bains » (tiens ça fait classe) tous les dimanches. A la maison, dans ces années 1950 point de salle de bains. Dans la petite cuisine, l'évier de pierre était notre seul lavabo. Le dimanche, un rituel se mettait en place. Debout dans la bassine en fer, avec l'eau chaude de la bouilloire, posée à l'année sur la cuisinière à charbon, nous passions au lessivage. En ringuette derrière la porte, nous attendions notre tour. 

Maman de sa main énergique nous astiquait avec la pierre Savon de Marseille, qui massait aussi (shampoing oblige), notre cuir chevelu. Avant qu'une autre gamelle renversée au dessus de nos têtes finisse le rinçage complet. Et tout cela en un temps record. Car l'été, dans la douceur des jours, point de problèmes ! D'autant qu'avec la chaleur on passait notre temps dans l'eau de Baratte ou de la 3e Piche. Mais l'hiver… c'était plus folklo !

La température ambiante dans la cuisine, était assurément bonne pour sécher le cochon. Et encore ! La seule cuisinière à charbon n'arrivait pas à lutter contre le froid ambiant. De fait, on passait à la méthode alcool à brûler. Une bonne dose versée dans un récipient de fer... un jet d'allumette et je me vois reculer devant la flamme haute. Cela me faisait un peu peur. Mais chauffage immédiat garanti. 

C'était alors la course contre la montre, entre les lavages rinçages et le feu qui se consumait à grande vitesse. Les « Aïe… j'ai du savon dans les yeux,… ça pique aux yeux », « tu me tires les cheveux », devaient bien mettre à rude épreuve les nerfs de ma si chère Maman. Car une chose finissait de parachever et embraser l'ambiance… les rires et les railleries de la fratrie, admirative devant nos jeunes fessiers. Après ce passage nous ressortions nez luisant, pour enfiler nos habits du dimanche, assortis des Pataugas de chez Canat. L'été c'était les tennis blancs séchés au soleil, car reblanchis au Sadol Blanc. A Chalabre, tout le monde n'a pas connu cela. Certains avaient les douches à la maison. Pour nous ce fut en 1963. Ce fut un vrai changement et un vrai régal pour tous.

Je me souviens aussi du massif dans la cour des bains douches. Certains soirs nous faisions les « tustets » chez une dame de la rue (Tante Flore je crois) et on allait se planquer à plat ventre, derrière le massif. Vu le peu de hauteur, comment penser que l'on pouvait être invisibles ? Bêtas que nous étions. Cheveux explosés, elle sortait en chemise de nuit de drap blanc, telle un fantôme, balai à la main et c'était à sauve qui peut. J'en ai encore l'image. Bien d'entre nous ont vécu cela. On savait s'amuser et rire de petits riens. Mais ce sont juste mes souvenirs à moi, et comme tant d'autres ils survivent en moi. Chaque jour ils me rappellent d'où je viens ».

Commentaires

  • Joli récit !
    en patois on appelait ça aussi : la ruscada (tout comme la lessive
    qui se faisait toute les semaines ou tous les 15 jours)

  • les musiciens Chalabrois du temps jadis ont semé de la bonne graine, mais que dire des instituteurs/trices des années 50/60 lorsqu'on lit les rédactions de Cine sur ce blog !

  • Sans dénigrer l'éducation, la graine Marc qu'on a en soi, germe en fonction des choses de la vie. ,
    Mais je peux dire que j'ai toujours gardé un très bon souvenir de Mme Juliani que j'affectionnais. Et aujourd'hui, pour ce Paques me revient en mémoire des pompons jaunes qui se transformaient en jolis poussins. Des œufs que l'on vidait à l'aiguille; On y peignait dessus porte et fenêtres, et un bout de carton faisait toit et escalier. Il était posé sur un socle de plâtre.........Avec elle, à chaque occasion on faisait des cadeaux pour nos mères. Les sœurs à la sortie de l'église St Pierre avec les œufs en chocolat.......C'était une autre douceur de vivre.
    Bon week end de Paques à toi, Momo et tous les fidèles du blog.

  • Bien évidemment Cine, c'est le contexte dans lequel on évolue qui fait ce que nous sommes, mais me reste le souvenir - impression personnelle sans doute dénaturée par le temps - que les instituteurs et professeurs de l'époque, n'étaient pas avares de récitations, rédactions, narrations et dissertations. Amclt.

  • C'est sûr Marc, tous cela laisse des traces, et tu as aussi raison. Je les garde au chaud de mes souvenirs. Bien amicalement.

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