Telle était la question posée tout dernièrement à Frédéric Paillard, lequel a comme à son habitude, pris grand plaisir à répondre. Et ce à la faveur d'un stage proposé sur les hauteurs de la colline Terre-Blanche, par l'association Kercorb Patrimoine, dont il est un animateur compétent et assidu. Arrivés aux abords des ruines de l'ancien oppidum érigé 500 ans av. J.-C, cinq élèves étaient aussitôt invités à exploiter un ensemble de matériaux se trouvant à même la place : osier, argile, bouse de vache (pour le liant), eau de source, et paille. Avant toute chose, notre spécialiste suggérait la confection d'une cloche en osier, en guise d'armature.
Une armature en osier va être tressée sur un socle en argile.
Il suffisait ensuite d'habiller le tout à l'aide de boudins d'argile, mélangée à de la paille et à de la bouse. Il ne fallait surtout pas oublier de ménager une porte, ainsi qu'une cheminée, afin de copier au mieux, un procédé très courant chez nos ancêtres les Gaulois.
Les élèves de Frédéric ont bien travaillé.
Après avoir apporté la touche finale à cette petite œuvre d'art, nos stagiaires n'avaient plus qu'à s'armer de patience et attendre une bonne trentaine de jours. Laps de temps nécessaire avant de pouvoir soumettre le four à l'épreuve du feu. Ce qui aura pour effet de brûler l'osier et de cuire une argile alors insensible aux intempéries. A l'heure qu'il est, un four à pain sèche sur les pentes des «Tataoubas», impatient de remplir les fonctions d'un outil à l'efficacité garantie pour plusieurs années. Frédéric Paillard fixe à présent un nouveau rendez-vous à ses élèves, les samedi 27 et dimanche 28 novembre prochains. Il s'agira de confectionner une corbeille à linge en osier. Renseignements au 06 33 55 14 80 ou à la Bâtisse, 15 avenue de Lavelanet.
Une jolie fresque réalisée par les enfants orne maintenant le mur du centre de loisirs.
Célébrée dimanche 26 septembre, la 8e édition de la fête du hameau de Roubichoux a vu chapeaux de paille et sécateurs investir une nouvelle fois la vigne paysagère du Clos Roubichoux. Comme tous les premiers dimanches d'automne, le temps de la vendange venu, les compagnons et leurs invités ont procédé à la cueillette du raisin, à l'ancienne et avec le précieux concours de chevaux comtois. Avant d'entrer dans la vigne plantée à flanc de coteau, la colle était invitée à déguster un solide petit-déjeuner vigneron composé de « cansalade » et saucisse, accompagnées de merlot et syrah. « Mousseigne » en tête, cent vendangeurs munis de petites caisses ont alors délesté les 1000 pieds de vigne de leurs grains précieux, pour une vendange 2010 de moindre quantité au final, soit un tiers de moins que la récolte habituelle, conséquence de la sècheresse.
La fête allait se poursuivre aux côtés de la Confrérie des Compagnons de Saint André de Roubichoux, réunie dans un superbe théâtre de verdure, cadre d'un 16e Chapitre. Jean-Louis Goepfert, grand-maître de la Confrérie, prononçait un ardent discours d'ouverture, avant que Pierre Bénet, grand chancelier, ne procède à la remise de médailles, gages de remerciements envers bénévoles, donateurs et partenaires. Le protocole était respecté et la cérémonie d'intronisation permettait d'honorer deux des compagnons présents depuis le début de l'aventure, Pierre Roland venu de Montargis, et Jean Juan, militaire aux nombreux états de service, "auquel ne manquait peut-être au revers de la veste, que la médaille des Compagnons". Egalement salués, Richard Andrieu, Jean-Paul Cubilier et Bruno Santarosa, cuisiniers de leur état, jeunes retraités passionnés par l'aventure des Compagnons et fidèles depuis une belle dizaine d'années, l'amie Momo, Mauricette Jasse, et Roger Rosich conseiller général.
Imperturbable malgré l'aquilon, Patrick Hoff grand massier de la Confrérie, faisait corps avec un étendard qui pliait sans rompre, juste avant de régaler l'auditoire de deux fables de Jean de la Fontaine. Ne manquait en réalité que le loup, car le chien était bien là, venu donner une réplique parfaite à l'initiateur du théâtre de verdure.
L'heure était venue de déguster le Chardonnay 2009, le regard tourné vers les Pyrénées et un œil sur la braise, que Guido Calvène couvait depuis le matin. Les 200 convives ne tarderaient pas à passer à table, tandis que l'après-midi serait consacrée à la visite de la chapelle Saint André, des champs truffiers et des ruches.
L'ambiance festive et conviviale allait perdurer aux abords de la Tour Basse, témoin de cet art du bien vivre que les Compagnons de Roubichoux cultivent et perpétuent depuis deux décennies.
Henri Sancho et ses partenaires vont repartir à la conquête du ballon (photo archives Bouclier Raymond Fort-Jubilé Francis Amouroux Juillet 2010).