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Patrimoine

  • C’était hier : Aristide sauvé des eaux !

    L’article mis en ligne aujourd’hui, avait été publié dans l’Indépendant, édition du mercredi 17 janvier 1996.

    aristide peyronnieAristide a sauvé son outil de travail, posé sur les berges du Blau (Photo archives, Décembre 1994).

    Le fil de l’eau a toujours été pour le « brulou de vin » ambulant, le fidèle et indispensable allié qui vient compléter l’admirable travail de l’alambic. Mardi matin pourtant, aux alentours de 4 h, notre ami ariégeois Aristide Peyronnie, arrivé la veille à Villefort, a connu une belle frayeur en voyant son outil de travail cerné par les eaux furieuses du Blau. Il y avait urgence et l’imposant vase à distiller de 700 kg a donné beaucoup de mal aux Villefortois, conscients du péril et venus spontanément à la rescousse.

    Sous une pluie battante et dans la nuit noire, l’alambic a pu être ramené sur la terre ferme, obligeant Aristide à changer l’habituel emplacement de son « atelier public ». Au petit jour, la situation était maîtrisée et rapidement le nectar coulait à nouveau dans les serpentins, telle une bienfaisante perfusion.

    Les bouilleurs ambulants devraient-ils à l’avenir demander une prime de risque ? Aristide ne l’envisage pas mais si l’eau de vie n’a plus aucun mystère pour lui, c’est acquis, ce montagnard du Couserans nous a confié qu’il n’affectionnait pas particulièrement l’eau courante et bouillonnante. « Chaque vin à sa lie » disent les anciens, et si les caprices du ciel ont failli compromettre la délectable mission d’Aristide, le cru 95 n’en sera que meilleur. 

  • Atout Fruit repart en campagne

    A l’orée d’une nouvelle année, l’association Atout Fruit invite ses sociétaires à participer à un programme d’activités dont le coup d’envoi sera donné à la faveur d’une matinée de plantation, prévue vendredi 15 janvier à Roumengoux et Moulin-Neuf, dans le cadre du Conservatoire fruitier ouvert de la Voie Verte. Le rendez-vous est proposé au parking du cimetière de Roumengoux (Ariège) à 9 h, où de nouveaux fruitiers viendront compléter le verger du cimetière. Le groupe rejoindra ensuite la Voie Verte à Moulin-Neuf, pour la plantation d’une vingtaine de fruitiers le long des nouveaux aménagements ariégeois.

    atout fruitLe mercredi 20 janvier, place à une démonstration de fabrication d'huile de noix : « Venez avec vos noix et repartez avec votre huile ! Bien sûr, la visite est ouverte à tous même sans apporter de fruit ». La participation à cette activité s'élève à 5 € pour les adhérents et 10 € pour les non adhérents (gratuit pour les enfants). « Vous pouvez apporter vos cerneaux de noix - minimum 1kg pour + ou - 1/2 litre de noix, les noix doivent être décortiquées, ne garder que les cerneaux à chair blanche et les conserver dans  dans un sac en toile et pas dans des boîtes ou sachet plastique, prévoir un contenant pour récupérer l'huile - si possible bouteille en verre sombre protégeant de la lumière ». Rendez-vous mercredi 20 janvier à 13 h 20 au parking de Super U à Mirepoix. Pour participer, merci de vous inscrire avant le 17 janvier.

    Toute l’équipe de Atout Fruit a le plaisir de vous inviter à son assemblée générale ordinaire qui aura lieu samedi 30 janvier à partir de 15 h à la Maison du Lac de Montbel, en compagnie de Traverse 119, partenaire de l’association. Après présentation des bilans 2020, ce temps fort associatif se déroulera principalement sous forme d'un forum participatif permettant à chacun de s’impliquer concrètement au développement des activités de l'association.

    A 17 heures, démonstration de greffe fruitière. Une occasion de se retrouver, de renouveler son adhésion et de partager les expériences fruitières de l’année. L'association Atout Fruit vous souhaite une très belle année 2021 !

    Contact au 07 77 77 95 02 ou atout.fruit@gmail.com

  • L'alambic a rejoint Puivert

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    Après Sonnac et Villefort, et avant le Plateau de Sault (Roquefeuil), Hervé et Romain Peyronnie ont transporté leur alambic jusqu’à  Puivert où les bouilleurs ont rendez-vous, à l'emplacement habituel. Ils sont invités à prendre contact au 07 85 72 01 40.

  • La mystérieuse clef du Pont-Rouge

    L'article qui suit avait été publié sur le blog le jeudi 14 juin 2012, et pourrait répondre à l'une des deux questions posées dans le commentaire de François. Quant à l'interrogation également émise par Philippe, relative au contrôle des sautes du Chalabreil, je n'ai pas l'information. Je profite de l'occasion pour adresser de sincères remerciements aux lectrices et aux lecteurs de ce blog, et des excuses à celles et ceux dont les commentaires restent souvent sans réponse. Pour Nicole et en ce qui concerne les encarts publicitaires, j'avancerais sans trop de certitude le chiffre 10. Quant aux processions et à leurs bénéfices, il faut accorder la prime à l'espoir. Enfin, tout à fait d'accord avec Thierry, le temps ne pousse pas que les pierres.

    pont rouge chalabreLa clef de Otto

    En mai 2012, les élus réunis en séance afin de voter le budget, avaient également évoqué les projets prioritaires, au premier rang desquels la réfection de la passerelle du Pont-Rouge. Soumise à plusieurs expertises, cette voie d’accès jetée sur le Chalabreil va très bientôt faire l’objet d’une restauration complète, et ce, 126 ans après sa mise en place. C’est en effet après une décision votée en conseil municipal le 23 mai 1886, que les Chalabrois avaient vu leur commune se doter d’une passerelle métallique, créée par les Ateliers Mauguin de Paris. Le fer supplantait définitivement le bois, parce que de fortes pluies conjuguées à la fonte des neiges, avaient emporté le 28 février 1885, une très vieille passerelle en bois.

    Bien des années plus tard, lors du deuxième conflit mondial, certains prisonniers internés dans le camp de concentration établi sur l’ancienne scierie du Moulin de l’Evêque à Rivel, viendront pour ainsi dire, apporter leur pierre à l’édifice. Ces détenus politiques, utilisés comme renfort au sein des effectifs de l’usine Canat, vont en effet bâtir deux rampes d’accès permettant le passage des brouettes. Parmi ces prisonniers, Otto Löwy, Autrichien né le 30 mai 1900, à Vienne. Ce dernier tenait un journal sur lequel il avait noté comment un voisin du quai du Chalabreil, leur avait un jour offert une boîte de conserve contenant du poisson. Une fois le « festin » terminé, la clef ayant permis l’ouverture avait été noyée dans le ciment. Le 12 août 1942, Otto Löwy fut dirigé vers le camp de Drancy, avant un dernier voyage jusqu’à Auschwitz où il mourut le 30 novembre de la même année. Dans le courant des années 1990, sa famille prendra contact avec la ville de Chalabre, grâce à l’aide du consulat d’Allemagne, afin d’en savoir plus sur le parcours de l’un des leurs. Donnant par la même occasion, plusieurs informations consignées dans le carnet de Otto.  

    Le temps a passé depuis, et si le métal de la passerelle est aujourd’hui la proie de la rouille, le béton des rampes adjacentes donne lui aussi certains signes de faiblesse. Signes faibles certes, mais suffisants pour laisser apparaître une clef, que l’on devine lorsque l’on se positionne face au pont, et dos à l’église Saint-Pierre. 70 ans après, le souvenir du citoyen Otto Löwy et de ses compagnons d’infortune a ressurgi de l’oubli, grâce aux effets improbables de l’érosion. En cette année 2012, le Pont-Rouge va être restauré, par nécessité, et il est permis d’espérer que ce vestige d’humanité et de fraternité, n’ira pas se perdre dans un amoncellement de gravats.

    (Remerciements à Serge Fournié, pour l’intérêt qu’il porte à la chose historique, et pour son sens aigu de l’observation)

  • C'était hier : Les petits-enfants de Fluris ont battu le pavé

    L'article mis en ligne avait été publié sur le blog, en date du mercredi 23 décembre 2015

    Une célébration plus que tricentenaire a été vécue par de très jeunes Chalabrois. Un sacré charivari a résonné dans le village. 

    flurisIls ont fait Fluris ! (Photos archives, Décembre 2015).

    Dimanche 13 décembre, jour de Ste Luce, à l’heure où les Chalabrois en terminaient avec leur devoir civique, une joyeuse cohorte de bambins emmitouflés dans la tradition s’élançait dans la pénombre des couloirs du temps.

    flurisDepuis l’ancienne halle aux blés, en passant pars les cours Colbert, Sully et d’Aguesseau, le souvenir du Sieur Jacques Fleury, collecteur d’impôt occis un certain 13 décembre 1697, a été ravivé dans une ambiance très bonne enfant. Il faut dire que la moyenne d’âge des « arrossegaïres » (tireurs de traîneaux) était exceptionnellement basse. Qu’importe, la fascination n’attend pas le nombre des années, et les traîneaux virevoltant sur le pavé ont offert à cette célébration plus que tricentenaire, son caractère festif, l’objectif étant de faire du bruit, beaucoup de bruit, et rien que du bruit.

    A grand renfort de « Vei fan les ans que tueron Fluris ! », les compagnons du charivari de Fluris ont perpétué la tradition, vieille de 318 ans. L’heure était venue de rejoindre la table familiale où une bonne soupe, salée juste ce qu’il faut, allait ranimer les petits organismes mis à rude épreuve.

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    Doudou et traîneau, la panoplie du parfait petit « arrosegaïre »

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  • Atout fruit

    atout fruit

    La journée de plantation des fruitiers sur le Conservatoire fruitier de la Voie Verte initialement prévue le mardi 8 décembre dernier, se déroulera aujourd'hui mardi 15 décembre. Les bénévoles ont rendez-vous à 9 h au local d'Atout Fruit (ancienne gare de Chalabre).

     

  • C'était hier : Jacques Fleury dit "Fluris", est de retour

    « Ni guerre, ni épidémie, ni occupation n’ont pu interrompre cette bruyante commémoration. Par le seul pouvoir d’une tradition si lointaine et pourtant tellement présente qu’elle réduit le temps à un instant de vie, je me vois sans effort marchant dans les rues de Chalabre au milieu des milliers d’enfants qui au cours des siècles se sont retrouvés dans cet étrange et tonitruant cortège ». Cette évocation de « Fluris », dont l’auteur est bien sûr Chalabrois, est extraite du discours prononcé par M. le substitut général Roger Boutellier, lors de l’audience solennelle de rentrée à la cour d’appel de Toulouse. C'était le 3 janvier 1985. En ce mois de décembre 2020, la tradition va passer son tour. 

    L'article mis en ligne avait été publié dans l'Indépendant, édition du dimanche 12 décembre 2010.

    fluris chalabreUn bruit sourd et angoissant va monter crescendo dans les rues de la cité (photo archives, 13 décembre 1997).

     

    En ce lundi 13 décembre, jour de Ste Luce, les rues de Chalabre vont s’animer à l’occasion de la 313e célébration de la mort violente de Jacques Fleury, victime d’une mauvaise rencontre au soir du 13 décembre 1697. Inscrit dans la mémoire collective sous le nom de « Fluris », l’homme alimente une polémique vieille de trois siècles, que chaque mois de décembre ressuscite : « Monsieur Fluris, qu’alliez-vous faire dans la rue Porte d’Aval ? ».

     

    Car plus de trois cents ans ont passés, et personne ne sait vraiment qui était Jacques Fleury. Prêtre, braconnier, collecteur d’impôt, une chose est certaine, l’homme aurait séduit une jolie veuve de bonne famille. Cette infamie lui aurait-elle été fatale ? Depuis lors, des générations de Chalabrois se retrouvent en « un tonitruant et pacifique cortège », pour reprendre l'image de Roger Boutellier, qui pour exiger une réhabilitation posthume, qui pour ajouter une bûche supplémentaire dans le feu qui brûle en enfer.

    fluris chalabre

    Photo archives, Fluris 1999

    Josépha Mamet, Bastien Garcia, Yannick Bernard, Morgane Fugère, Brice Garcia

    Comme l’indiquent les affichettes qui ont pu fleurir sur les murs du village, les « arrossegaïres » ont rendez-vous ce soir à 18 h 30 sous la halle. Pour faire du bruit, beaucoup de bruit, seulement  du bruit, car « Vei fan les ans que tueron Fluris ! » Et comme dit l’ami Robert, « Asclaïres, s’abstenir ».

    fluris chalabre

    fluris chalabre

    Photo archives, Fluris Décembre 1993

    Debout : Gilles Courdil, Eric Sanchez, Michel Sanchez, Mickaël Guirao, Delphine Guirao.

    Accroupis : Florence Tur y Tur, Albanie Horte, Emilie Tur y Tur, Virginie Ferrier, Laetitia Planas, Mélanie Discala.