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Patrimoine - Page 2

  • C'était hier : Villefort : Frédéric Paillard ouvre les portes de l’église Saint-André

    L'article en ligne avait paru dans l'Indépendant, édition du dimanche 7 mars 2021 

    frédéric paillard,église saint-andré de villefort

    La statue de Saint-André, visible au-dessus de l’autel

    Photos archives, Février 2021

    Au printemps 1996, la chapelle du Calvaire à Chalabre avait bénéficié de soins d’un ouvrier spécialisé requis par la municipalité et l’association pour la sauvegarde du patrimoine artistique en Kercorb (Aspak), présidée alors par Marie-Louise Saddier. Ancien artisan ébéniste et compagnon du tour de France, Frédéric Paillard ( † Juin 2024) s’était employé durant dix mois à restaurer mobilier, statues, toiles, ainsi qu’une partie de la toiture et cela en collaboration avec les employés de la commune.

    Néo retraité parti de Chalabre et devenu Villefortois depuis le printemps dernier, il a décidé d’employer un peu de son temps libre au service de l’église Saint-André de Villefort. Autrefois, les « marguilliers », membres de la congrégation appartenant à la fabrique paroissiale, prenaient part aux dépenses inhérentes au nécessaire entretien des lieux de culte. Mais c’était dans les années 1700. Moins nombreux aujourd’hui, ils comptent en la personne de Frédéric Paillard, un digne successeur, défenseur du patrimoine et passionné d’histoire. Il propose également des visites commentées, sur rendez-vous.

    frédéric paillard,église saint-andré de villefort

    Un instrument à clavier est venu enrichir le mobilier de ce lieu saint

    frédéric paillard,église saint-andré de villefort

    La sacristie va faire l’objet de soins particuliers

  • Le Quercorb n’a pas fini de faire parler de lui

    Depuis plusieurs semaines déjà et sous la direction de Florence Guillot (Docteur en histoire médiévale et archéologue), des passionnés poursuivent avec rigueur et patience l’exploration du terrain. Récemment, Florence, Christophe, Jean-Luc, Jean-Pierre et Rodrigue étaient à pied d'oeuvre, et leurs investigations les ont conduits dans les éboulis situés au pied du site précédemment repéré, où deux tours ont été identifiées, dont une probable tour-citerne.

    Comme le précise Christophe : « Ce secteur n’a pas été choisi au hasard : au Moyen-Âge, sur les sites fortifiés, on se débarrassait des objets devenus inutiles — récipients brisés, restes de cuisine, déchets domestiques — en les jetant depuis les hauteurs. Les éboulis constituent ainsi de véritables archives naturelles, conservant dans leur masse pierreuse les traces modestes mais essentielles de la vie matérielle ».

    quercorb,chalabre

    © Photos Florence Guillot

    « C'est dans cette logique que les recherches se sont concentrées sur la possible présence de tessons de céramique, fragments discrets mais fondamentaux pour comprendre les usages, les échanges et la chronologie d’occupation du site » .

    Et les recherches furent fructueuses, jugez plutôt

    quercorb,chalabre

    « L’ensemble observé se compose de céramiques communes, caractérisées par des pâtes grossières contenant un dégraissant minéral visible. (Le dégraissant correspond aux grains (sable, quartz, fragments calcaires…) volontairement incorporés à l’argile par le potier afin de limiter les fissures lors du séchage et de la cuisson et d’améliorer la résistance mécanique du vase). La texture sableuse et la finition relativement simple des surfaces indiquent une production utilitaire, destinée aux usages domestiques quotidiens (préparation, cuisson ou stockage).

    quercorb,chalabre

    Parmi les éléments les plus significatifs figurent plusieurs fragments de cols et de lèvres. Certains tessons présentent des courbures et des profils compatibles avec des portions de cols ou de bords. Ces éléments sont particulièrement précieux en archéologie car ils permettent d’approcher la forme des récipients, leur mode d’utilisation et parfois leur attribution chrono-culturelle.

    Présence d’un cordon digité

    Un ou plusieurs fragments montrent un cordon appliqué en relief, marqué par des impressions digitales. Ce procédé technique, obtenu par l’application d’un boudin d’argile ensuite pincé ou pressé au doigt, peut remplir plusieurs fonctions : renforcement de la paroi, finition d’assemblage ou traitement de surface. Bien que ce type de décor soit connu dès la Protohistoire, il demeure également attesté dans les productions médiévales, notamment sur des céramiques communes.

    Compte tenu :

    • de l’aspect technologique des pâtes

    • de l’absence de glaçure

    • des profils observables

    • et surtout du contexte archéologique du site

    ces fragments s’inscrivent de manière cohérente dans une fourchette médiévale, vraisemblablement comprise entre le XI et le XIII siècle (ces vestiges sont en cours d’expertise).

    Cette chronologie correspond à la période d’occupation du castellum de Quercorb. Dans ce cadre, ces vestiges céramiques peuvent être interprétés comme les témoins d’activités domestiques liées à la vie quotidienne du site castral ou de ses abords. Ces éléments viennent renforcer et confirmer les informations que nous possédions déjà, apportant ainsi une cohérence et une solidité supplémentaire à notre analyse ».

    Le mystère entourant Kercorb (appelez le Quercorb, Cheircorb, Keircorb, Cairocurbum… ils ne vous en voudront pas), est en train de se dissiper peu à peu, chaque nouvel indice nous rapprochant d’une résolution claire et cohérente de l’énigme vieille de mille ans. (Une conférence sur le patrimoine bâti de Chalabre et Quercorb sera proposée par notre historienne courant 2026).

  • Délibérations municipales au siècle dernier

    clocher saint-pierre chalabre

    N° 160

    Classement du clocher de Saint-Pierre comme Monument historique.

    Durant la séance du 6 juin 1907, le conseil municipal de la Commune de Chalabre réuni, Rascol Henri, maire. M. le président donne lecture à l'assemblée d'une lettre de M. le Sous-Préfet de Limoux, l'informant que la commission des monuments historiques propose de faire prononcer le classement au nombre des monuments historiques, au clocher de l'église de St-Pierre de Chalabre et demande : conformément aux dispositions du paragraphe de l'Art. 2 quelles objections le conseil municipal de Chalabre aurait à opposer à ce classement.

                               Le Conseil

    Oui l'exposé ci-dessus est d'avis qu'il n'y a aucune objection à opposer à ce classement, et reconnaît que le monument dont il s'agit est la propriété exclusive de la Commune et qu'il ne fait l'objet d'aucune affectation spéciale, autre que celle de servir de clocher.

    Et ont les membres présents signé après lecture.

    clocher saint-pierre chalabre

  • C'était hier : Ils veulent préserver le patrimoine

    L'article en ligne avait paru dans l'Indépendant, édition du lundi 19 février 2001.

    Chapelle du Cazal.jpg

    La chapelle Sainte-Marie-Madeleine-du-Cazal

    © Archives départementales de l'Aude

    En février 1991, Mme Marie-Louise Saddier, maire adjointe membre de la commission culturelle, intervenait auprès de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) afin d'obtenir un diagnostic technique de l'ensemble des oeuvres conservées dans les églises de Chalabre. Cette opération menée sous l'égide de M. Olivier Poisson, inspecteur des monuments historiques, avait alors permis de répertorier 57 ouvrages d'art, 23 dans la chapelle du Calvaire, 23 dans l'église Saint-Pierre, 10 dans l'église Notre-Dame et 1 en la chapelle Sainte-Marie-Madeleine-du-Cazal.

    Certaines de ses oeuvres peintes, anonymes pour la plupart, pourraient provenir du couvent des Capucins (actuelle maison Castres-Saint-Martin), mises à l'abri lors de la Révolution. Une estimation des travaux nécessaires à leur restauration avait été sollicitée auprès du Cretoa (Centre régional d'étude et de traitement des oeuvres d'art) d'Avignon, lequel établissait un devis à hauteur de 35 000 F.

    St Pierre renversé.jpg

    Saint-Pierre crucifié 

    Retable de l’église Saint-Pierre de Chalabre

    Dix années ont passé avec leurs lots de priorités nouvelles, auxquelles les gestionnaires de la commune ont dû faire face, délaissant, à leur corps défendant, la préservation de ce riche patrimoine. Face à l'évidente difficulté que pose le financement d'un tel projet de restauration, plusieurs membres de la communauté chalabroise ont émis le souhait de se regrouper en association afin d'oeuvrer à la remise en route du projet. Une initiative qui semble rejoindre celle de notre concitoyen Frédéric Paillard, compagnon du tour de France, qui, en janvier dernier, avait émis le souhait de créer une association de sauvegarde de la chapelle du Calvaire.

    L'assemblée constitutive qui devrait se tenir dans les semaines à venir permettra d'en savoir davantage quant à la composition de l'équipe chargée de relever ce délicat challenge