L’article en ligne avait paru dans l’Indépendant, édition du mardi 23 janvier 2001.
Aristide Peyronnie, « brulou de vin » depuis un demi-siècle
Photo archives, Janvier 2001
« Autrefois on buvait un peu plus de gnole ». C’est sur ce constat teinté d’un peu d’amertume et de beaucoup de nostalgie que l’ami Aristide Peyronnie remet un peu de bois dans le fourneau de sa drôle de machine. Un imposant alambic (700 kg) qui lui permet de produire les 1 000 degrés auxquels peut prétendre tout ayant droit, c’est-à-dire tout exploitant agricole (baptisé bouilleur de cru), récoltant des fruits provenant de sa propriété et cotisant à la Mutualité sociale agricole (MSA).
Ce privilège est à présent encadré par l’Etat et une ordonnance de 1960 supprime la transmission aux descendants (pas aux conjoints) de cette franchise qui disparaîtra donc avec les ayants droits.
Peu à peu privé de clients, le métier d’Aristide est directement menacé, mais notre bouilleur ambulant continue à distiller tout son savoir-faire. Comme si de rien n’était et comme il le fait depuis toujours, depuis cinquante années consacrées à de drôle de métier. Originaire de Massat (Ariège), la patrie des bouilleurs, notre sympathique
« brulou de vin » possède comme personne l’art de séparer les vapeurs d’eau et d’alcool. Autour de lui les discussions vont bon train, pomme, prune ou poire, Aristide est passé maître dans l’alchimie des parfums fruités. Après Sonnac-sur-l'Hers et Villefort, l’alambic d’Aristide va distiller son divin nectar du côté de Puivert, aux pieds de la Dame Blanche.






