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Patrimoine

  • Le Quercorb n’a pas fini de faire parler de lui

    Depuis plusieurs semaines déjà et sous la direction de Florence Guillot (Docteur en histoire médiévale et archéologue), des passionnés poursuivent avec rigueur et patience l’exploration du terrain. Récemment, Florence, Christophe, Jean-Luc, Jean-Pierre et Rodrigue étaient à pied d'oeuvre, et leurs investigations les ont conduits dans les éboulis situés au pied du site précédemment repéré, où deux tours ont été identifiées, dont une probable tour-citerne.

    Comme le précise Christophe : « Ce secteur n’a pas été choisi au hasard : au Moyen-Âge, sur les sites fortifiés, on se débarrassait des objets devenus inutiles — récipients brisés, restes de cuisine, déchets domestiques — en les jetant depuis les hauteurs. Les éboulis constituent ainsi de véritables archives naturelles, conservant dans leur masse pierreuse les traces modestes mais essentielles de la vie matérielle ».

    quercorb,chalabre

    © Photos Florence Guillot

    « C'est dans cette logique que les recherches se sont concentrées sur la possible présence de tessons de céramique, fragments discrets mais fondamentaux pour comprendre les usages, les échanges et la chronologie d’occupation du site » .

    Et les recherches furent fructueuses, jugez plutôt

    quercorb,chalabre

    « L’ensemble observé se compose de céramiques communes, caractérisées par des pâtes grossières contenant un dégraissant minéral visible. (Le dégraissant correspond aux grains (sable, quartz, fragments calcaires…) volontairement incorporés à l’argile par le potier afin de limiter les fissures lors du séchage et de la cuisson et d’améliorer la résistance mécanique du vase). La texture sableuse et la finition relativement simple des surfaces indiquent une production utilitaire, destinée aux usages domestiques quotidiens (préparation, cuisson ou stockage).

    quercorb,chalabre

    Parmi les éléments les plus significatifs figurent plusieurs fragments de cols et de lèvres. Certains tessons présentent des courbures et des profils compatibles avec des portions de cols ou de bords. Ces éléments sont particulièrement précieux en archéologie car ils permettent d’approcher la forme des récipients, leur mode d’utilisation et parfois leur attribution chrono-culturelle.

    Présence d’un cordon digité

    Un ou plusieurs fragments montrent un cordon appliqué en relief, marqué par des impressions digitales. Ce procédé technique, obtenu par l’application d’un boudin d’argile ensuite pincé ou pressé au doigt, peut remplir plusieurs fonctions : renforcement de la paroi, finition d’assemblage ou traitement de surface. Bien que ce type de décor soit connu dès la Protohistoire, il demeure également attesté dans les productions médiévales, notamment sur des céramiques communes.

    Compte tenu :

    • de l’aspect technologique des pâtes

    • de l’absence de glaçure

    • des profils observables

    • et surtout du contexte archéologique du site

    ces fragments s’inscrivent de manière cohérente dans une fourchette médiévale, vraisemblablement comprise entre le XI et le XIII siècle (ces vestiges sont en cours d’expertise).

    Cette chronologie correspond à la période d’occupation du castellum de Quercorb. Dans ce cadre, ces vestiges céramiques peuvent être interprétés comme les témoins d’activités domestiques liées à la vie quotidienne du site castral ou de ses abords. Ces éléments viennent renforcer et confirmer les informations que nous possédions déjà, apportant ainsi une cohérence et une solidité supplémentaire à notre analyse ».

    Le mystère entourant Kercorb (appelez le Quercorb, Cheircorb, Keircorb, Cairocurbum… ils ne vous en voudront pas), est en train de se dissiper peu à peu, chaque nouvel indice nous rapprochant d’une résolution claire et cohérente de l’énigme vieille de mille ans. (Une conférence sur le patrimoine bâti de Chalabre et Quercorb sera proposée par notre historienne courant 2026).

  • Délibérations municipales au siècle dernier

    clocher saint-pierre chalabre

    N° 160

    Classement du clocher de Saint-Pierre comme Monument historique.

    Durant la séance du 6 juin 1907, le conseil municipal de la Commune de Chalabre réuni, Rascol Henri, maire. M. le président donne lecture à l'assemblée d'une lettre de M. le Sous-Préfet de Limoux, l'informant que la commission des monuments historiques propose de faire prononcer le classement au nombre des monuments historiques, au clocher de l'église de St-Pierre de Chalabre et demande : conformément aux dispositions du paragraphe de l'Art. 2 quelles objections le conseil municipal de Chalabre aurait à opposer à ce classement.

                               Le Conseil

    Oui l'exposé ci-dessus est d'avis qu'il n'y a aucune objection à opposer à ce classement, et reconnaît que le monument dont il s'agit est la propriété exclusive de la Commune et qu'il ne fait l'objet d'aucune affectation spéciale, autre que celle de servir de clocher.

    Et ont les membres présents signé après lecture.

    clocher saint-pierre chalabre

  • C'était hier : Ils veulent préserver le patrimoine

    L'article en ligne avait paru dans l'Indépendant, édition du lundi 19 février 2001.

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    La chapelle Sainte-Marie-Madeleine-du-Cazal

    © Archives départementales de l'Aude

    En février 1991, Mme Marie-Louise Saddier, maire adjointe membre de la commission culturelle, intervenait auprès de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) afin d'obtenir un diagnostic technique de l'ensemble des oeuvres conservées dans les églises de Chalabre. Cette opération menée sous l'égide de M. Olivier Poisson, inspecteur des monuments historiques, avait alors permis de répertorier 57 ouvrages d'art, 23 dans la chapelle du Calvaire, 23 dans l'église Saint-Pierre, 10 dans l'église Notre-Dame et 1 en la chapelle Sainte-Marie-Madeleine-du-Cazal.

    Certaines de ses oeuvres peintes, anonymes pour la plupart, pourraient provenir du couvent des Capucins (actuelle maison Castres-Saint-Martin), mises à l'abri lors de la Révolution. Une estimation des travaux nécessaires à leur restauration avait été sollicitée auprès du Cretoa (Centre régional d'étude et de traitement des oeuvres d'art) d'Avignon, lequel établissait un devis à hauteur de 35 000 F.

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    Saint-Pierre crucifié 

    Retable de l’église Saint-Pierre de Chalabre

    Dix années ont passé avec leurs lots de priorités nouvelles, auxquelles les gestionnaires de la commune ont dû faire face, délaissant, à leur corps défendant, la préservation de ce riche patrimoine. Face à l'évidente difficulté que pose le financement d'un tel projet de restauration, plusieurs membres de la communauté chalabroise ont émis le souhait de se regrouper en association afin d'oeuvrer à la remise en route du projet. Une initiative qui semble rejoindre celle de notre concitoyen Frédéric Paillard, compagnon du tour de France, qui, en janvier dernier, avait émis le souhait de créer une association de sauvegarde de la chapelle du Calvaire.

    L'assemblée constitutive qui devrait se tenir dans les semaines à venir permettra d'en savoir davantage quant à la composition de l'équipe chargée de relever ce délicat challenge

  • Quercorb – le Castellum

    Le Quercorb constitue, au Moyen Âge, un territoire charnière aux limites mouvantes, où se croisent influences seigneuriales et religieuses. Loin des frontières administratives actuelles, ce pays s’organise alors autour de sites fortifiés, de reliefs escarpés et de points de contrôle stratégiques. Au cœur de ce dispositif se trouve un Castellum, mentionné par les sources médiévales mais dont la localisation précise a longtemps échappé aux historiens.

    quercorb

    Vue aérienne du site

    © Photo Florence Guillot

    C’est autour de cette énigme que s’articulent aujourd’hui les recherches menées sur le terrain. Un groupe de bénévoles, animé par une volonté commune de mieux comprendre l’histoire médiévale de Chalabre et du Quercorb, s’est engagé dans une démarche patiente et rigoureuse, mêlant observation archéologique, lecture du paysage et confrontation avec les sources. Ce travail est conduit sous la direction de Florence Guillot, historienne médiéviste.

    quercorb

    © Photo Florence Guillot

    Au cours d’une journée de prospection, le groupe s’est rendu sur un site qui présente de nombreux indices concordants (Rodrigue Tréton historien, s’était joint au groupe, lui-même très intéressé par ces recherches). On y distingue notamment les bases d’une tour « symbole » (une « gueyte »), ainsi que des murs construits à flanc de falaise (photo ci-dessus). L’organisation de ces vestiges laisse supposer la présence d’une citerne, élément indispensable à l’occupation durable d’un site fortifié. L’ensemble témoigne d’une implantation réfléchie, adaptée aux contraintes du relief et aux exigences défensives d’un territoire exposé.

    Les recherches liées au Castellum de Quercorb, parfois désigné dans les textes sous des formes anciennes telles que Chercorb, Cairocurbum, Kercorb etc…, conduisent aujourd’hui à élargir le regard au-delà du seul périmètre de Chalabre. Cette extension géographique peut surprendre, mais elle s’impose dès lors que l’on se replace dans la logique médiévale : celle d’un monde où les zones d’influence se superposent, où les routes comptent autant que les lieux, et où la topographie guide l’implantation des pouvoirs.

    quercorb

    Les membres du groupe de recherche sont convaincus d’avoir atteint un point clé de l’enquête, et que le site étudié correspond très probablement à celui que les historiens tentent de localiser depuis plusieurs siècles. Par souci de rigueur scientifique et de respect du travail en cours, il a été choisi de ne pas livrer davantage de détails à ce stade.

    Une conférence de restitution, ouverte à la population de Chalabre, est d’ores et déjà prévue en 2026. Elle sera animée par Florence Guillot et permettra de présenter les résultats de l’étude, d’en mesurer la portée historique et de redonner toute sa place à ce castrum dans l’histoire du Quercorb.