Le Quercorb constitue, au Moyen Âge, un territoire charnière aux limites mouvantes, où se croisent influences seigneuriales et religieuses. Loin des frontières administratives actuelles, ce pays s’organise alors autour de sites fortifiés, de reliefs escarpés et de points de contrôle stratégiques. Au cœur de ce dispositif se trouve un Castellum, mentionné par les sources médiévales mais dont la localisation précise a longtemps échappé aux historiens.

Vue aérienne du site
© Photo Florence Guillot
C’est autour de cette énigme que s’articulent aujourd’hui les recherches menées sur le terrain. Un groupe de bénévoles, animé par une volonté commune de mieux comprendre l’histoire médiévale de Chalabre et du Quercorb, s’est engagé dans une démarche patiente et rigoureuse, mêlant observation archéologique, lecture du paysage et confrontation avec les sources. Ce travail est conduit sous la direction de Florence Guillot, historienne médiéviste.

© Photo Florence Guillot
Au cours d’une journée de prospection, le groupe s’est rendu sur un site qui présente de nombreux indices concordants (Rodrigue Tréton historien, s’était joint au groupe, lui-même très intéressé par ces recherches). On y distingue notamment les bases d’une tour « symbole » (une « gueyte »), ainsi que des murs construits à flanc de falaise (photo ci-dessus). L’organisation de ces vestiges laisse supposer la présence d’une citerne, élément indispensable à l’occupation durable d’un site fortifié. L’ensemble témoigne d’une implantation réfléchie, adaptée aux contraintes du relief et aux exigences défensives d’un territoire exposé.
Les recherches liées au Castellum de Quercorb, parfois désigné dans les textes sous des formes anciennes telles que Chercorb, Cairocurbum, Kercorb etc…, conduisent aujourd’hui à élargir le regard au-delà du seul périmètre de Chalabre. Cette extension géographique peut surprendre, mais elle s’impose dès lors que l’on se replace dans la logique médiévale : celle d’un monde où les zones d’influence se superposent, où les routes comptent autant que les lieux, et où la topographie guide l’implantation des pouvoirs.
Les membres du groupe de recherche sont convaincus d’avoir atteint un point clé de l’enquête, et que le site étudié correspond très probablement à celui que les historiens tentent de localiser depuis plusieurs siècles. Par souci de rigueur scientifique et de respect du travail en cours, il a été choisi de ne pas livrer davantage de détails à ce stade.
Une conférence de restitution, ouverte à la population de Chalabre, est d’ores et déjà prévue en 2026. Elle sera animée par Florence Guillot et permettra de présenter les résultats de l’étude, d’en mesurer la portée historique et de redonner toute sa place à ce castrum dans l’histoire du Quercorb.






Jean-Jacques Aulombard, au nom de la ville de Chalabre, Fabienne Canal pour la Fondation, et Freddy Marty, collectionneur et géologue (photo), ont adressé de vifs remerciements à Henry Garino, interface privilégié avec le conseil régional, pour son investissement et sa constance. Et si le parcours s’avère encore long, ce premier apport financier permet d’asseoir les bases solides d’un superbe projet.

