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Poésie

  • « Méli-mélo de mots pour maux »

    La nouvelle COP 27 vient de se terminer à Charm el-Cheikh en Egypte. Une de plus sera-t-on tenté d'ajouter, puisqu'elle s'avère être « une édition décevante et sans ambition » (Source France Info). Un triste constat qui a inspiré un poème à JIEL.

    Méli-mélo de mots pour maux

    Quand la glace en déroute
    Perd sa place, plus de doute ;
    Elle se déplace suit sa route,
    Laisse sa trace quoi qui l’en coûte ;
    Ma raison se dégoûte.

    Quand la flamme gourmande
    Déploie l’oriflamme en guirlande,
    La forêt flambe, brûle la lande,
    La braise enjambe la route, fait la sarabande ;
    Ma peine est si grande.

    Quand l’onde rendue folle
    Ecrase ce monde sans boussole,
    Dans la ronde où l’on s’affole,
    Le torrent gronde, tout dégringole ;
    Mon coeur se désole.

    Quand la terre en colère
    Ouvre son antre de pierre,
    De son ventre sans manière
    Elle vomit sa chaude matière ;
    Ma dernière prière.

    Quand forts de nos certitudes,
    Dans le confort des habitudes,
    A grand renfort d’inaptitudes,
    Nul réconfort pour nos attitudes ;
    Mon ultime lassitude.

    Quand ma raison se dégoûte,
    Que ma peine est si grande,
    Et mon coeur se désole !
    Une dernière prière,
    Comme ultime lassitude…

    JIEL

  • 11 novembre

    jiel

    En cette journée du souvenir et d'hommages aux Poilus,

    deux poèmes de JIEL, pour ne pas oublier

    Quatorze

    Dans cette nuit d’été au ciel de lumière,
    Le vacarme des canons a brisé leurs tympans ;
    Les hurlements bestiaux venus des ténèbres,
    Ont changé ces hommes en fantômes rampants.

    Les rats effrayés ont regagné leur tanière ;
    Les poilus sont comme eux, gris et puants,
    Recouverts de poudre de sang de poussière,
    A peine savent-ils encore qu’ils sont vivants.

    Dans ces dernières minutes avant le chaos,
    Ils serrent sur leur coeur une photo froissée
    Ou le papier usé de mots d’amour si beaux
    D’une mère adorée ou d’une bien-aimée.

    A la première lueur de ce jour dérisoire,
    Ils bondiront hors de leur refuge misérable
    Pour aller chercher les larmes de gloire,
    D’une course éperdue, d’un destin pitoyable.

    Le silence est revenu ; l’obscurité s’éteint.
    Les yeux de ces camarades d’infortune
    Racontent leur vie prédisent leur fin,
    Les regards d’effroi, leur dernière torture.

    Ils oublient désormais la misère des jours,
    Les blessures du corps, les fêlures de l’âme ;
    La peur de la mort dans les tripes toujours,
    Demain pour certains, pour les autres le drame.

    Le soleil va bientôt pointer sur la nature absente.
    Serrés comme un seul dans des odeurs confuses
    De merde et de vinasse, dans une agitation lente,
    La baïonnette au canon quand déjà les balles fusent.

    Le sifflet retentit, les hommes devenus fauves
    Au prix de mille efforts se lancent dans la terreur
    Et courent sans penser et tombent sans cause,
    Dans une folie collective de mort et d’horreur.

         JIEL    

    Quatorze.pdf      

     

    Ma plus belle victoire

    Le sifflet a retenti dans la tranchée !
    Depuis des heures, figés dans la boue,
    Hagards, transis, incapables de flancher,
    Soldats sans âme, instruits pour rester debout.

    Dans les pensées absentes, je pressens ma fin ;
    Mon coeur de pierre, sans nul espoir, sans haine,
    Conduit ma course de loyal fantassin
    Dans cet assaut de trop, cette route vaine.

    Avec mes compagnons de combat fuyant la vie,
    Dans les barbelés acérés et le froid, je reste fort,
    Tel un homme fantôme dont la conscience survie.
    Je cours, je fonce jusqu’au bout de l’effort.

    Puis, l’explosion atroce a dévasté mon corps...

    ...Je suis mort ! Comment le croire ?
    Pourtant je suis mort, la nuit la plus noire ;
    Obscurité éternelle de vivant.

    Je suis mort ! Tout porte à le croire !
    Pourtant c’est bruyant la mort, comme à la foire ;
    Foule imaginaire de vivant.

    Je suis mort ! J’ai perdu la mémoire !
    Pourtant c’est doux la mort, mon exutoire ;
    Dérobade complaisante de vivant.

    J’entends parler les morts autour de moi,
    « Tiens bon camarade ! » lance le brancardier ;
    Une volonté obstinée de vivant.

    Je suis vivant ! Qui peut le croire ?
    En lambeaux, mais vivant !
    La vie, ma plus belle victoire...

         JIEL  

    Ma plus belle victoire.pdf

  • « Absence »

    jiel

    Absence

    Absence lourde de présence,

    Si douloureuse à l’âme

    Sans l’amour qui sans cesse

    Déborde du ruisseau

    Les larmes du bonheur.

    Absence sournoise et cruelle

    D’un départ précipité,

    Vers un port inconnu

    Où les sentiments profonds,

    Seuls, ont rendez-vous.

    Absence souvent discrète,

    Tapie derrière les habitudes ;

    Quand, des chagrins contenus

    Surgit parfois la haine

    Du quotidien qui étouffe.

    Absence que le temps agresse,

    Telle la rouille sur la lame ;

    Les souvenirs qui s’érodent,

    Un visage, une odeur, une voix ;

    Lutte incessante de tendresse.

    Absence, partout je te vois,

    Je te fuis, t’exhorte en vain ;

    Mais de mon coeur,

    Jamais, ô grand jamais !

    Tu ne pourras forcer la porte.

    JIEL

  • Etrange amitié

    La vie s’écoule et réserve des surprises.

    « Etrange amitié », comme un titre de poème, écrit par JIEL.

    Etrange amitié

    Depuis quelques jours,

    Depuis quelques heures,

    Un nouvel ami est apparu dans ma vie.

    Jusque-là son comportement hostile

    Ne présageait en rien cette amitié.

    Sa dureté, son mépris à mon égard

    Durant toutes ces années

    Ne laissaient rien paraître

    De son for intérieur.

    Pourtant, malgré mes efforts

    Pour m’attirer ses bonnes grâces,

    Jamais je n’avais pu l’apprivoiser.

    Combien de fois lui ai-je couru après,

    Sans jamais pouvoir le rattraper,

    Espérant mettre un terme à nos différents.

    Je me suis épuisé à tenter de l’amadouer ;

    Inlassablement, il a poursuivi sa course,

    Sans sourciller, impassible, indifférent.

    Depuis quelques jours,

    Depuis quelques heures,

    Son comportement a changé ;

    Sa rigueur est devenue plus douce,

    Son caractère inflexible s’est lézardé,

    Laissant apparaître une certaine bienveillance.

    Désormais, il me préserve,

    Me rend visite sans rudesse,

    Me cajole par moment sans prévenir,

    Me réveille avec tendresse

    Comme un amant complice ;

    Je crois même que nous nous aimons…

    Depuis quelques jours,

    Depuis quelques heures,

    Le temps et moi sommes réconciliés ;

    Je suis un jeune retraité.

    JIEL

    Etrange amitié.pdf