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Poésie

  • Sans regret

    Il nous avait proposé un message optimiste en décembre 2021 (cf. blog en date du 15 ), et puis très vite, une année nouvelle est arrivée. Avec elle, JIEL revient en ce matin de janvier.

    Sans regret

    Le fond de l’âme est pareil à cette caverne

    Que l’on scrute à tâtons faute de lanterne ;

    Dans une quête illusoire vers des souvenirs,

    Qu’une volonté farouche veut faire revenir.

     

    La vie sournoise nous échappe, à s’écouler

    Comme l’onde froide des sources oubliées,

    Que nos mains engourdies ne savent retenir

    Pour étancher la soif de nos envies taries.

     

    Les rêves sacrifiés sont des bouquets fanés

    Que ne peuvent supplanter leurs vases surannés ;

    Dans les jardins prolifiques qu’on implore,

    Des fleurs plus belles encore peuvent éclore.

     

    Et sous le ciel constellé d’étoiles filantes,

    Des pétales colorés, des senteurs envoûtantes,

    Accomplissent enfin nos chimères immuables

    Pour réchauffer nos cœurs d’un élan formidable.

     

    Quand la fin de l’histoire se rapproche,

    Sur le balcon des regrets l’on se penche ;

    Si dans la brume épaisse disparaît le paysage,

    C’est que merveilleux fut le grand voyage.

    JIEL  

     

  • Que votre année soit belle

    A quelques heures d'un an nouveau, Marc souhaite nous présenter ses Meilleurs Voeux pour 2022. L'occasion de lui adresser de chaleureux remerciements, pour accompagner ses notes d'optimisme.  

    Que votre année soit belle

    Deux mille 22 on attend tes lumières,

    Cuvée privilégiée (!) tout’emplie de promesses,

    De blés de qualité de vignes prolifiques,

    De l’eau tombée du ciel, de soleil généreux,

    Vont égrener le temps avant de moissonner,

    Cohorte de serments en boucle répétés.

     

    Année charnière sans pudeur nous serinent,

    Ne changera grand-chose à notre quotidien,

    De luttes fratricides pour once de pouvoir,

    D’idéologies perverses en veux-tu en voilà.

      

     Et peuple des campagnes aux oubliés absents,

    Qui aime son berceau, ses monts et ses merveilles,

    Compteront les points de thunes consumées,

    Pour une paix précaire achetée à grand frais.

     

    Citadins, Provinciaux, des villages et des villes,

    Faisons fi un instant de ce foisonnement,

    Laissons à notre porte les présages du vent,

    Votre année sera belle, votre bonheur paisible.

    Marc

  • « Mon Père Noël à moi »

    En ce jour de Noël, Cine évoque des souvenirs inscrits dans la mémoire de l'enfant qu'elle a été.

    « Et je sais bien !!...Les plus beaux Noëls sont, pour chacun de vous, ceux que vous avez vécus. Ils ont laissé leurs traces dans nos cœurs brûlants de souvenirs enneigés et griffés par la glace. Ils ont gravé en nous des étoiles sur les givres étincelants, des rires et des bousculades sous les batailles de boules de neige. Alors,  bien que tout cela resplendisse pour toujours en moi, il y a ces Noëls qui font encore ruisseler sur ma vie une myriade d'étoiles, qui se fondent dans l'amour infini. Ceux que j'ai vécus auprès des miens, dans ce petit royaume tout étriqué au 2e étage rue du Pont-de-l'Hers, où nous dormions assez souvent par trois dans un même lit. Dans la simplicité, la solidarité et la chaleur d'une fratrie qui faisait fi de la fraîcheur hivernale, puisque entourée d'êtres les plus magnifiques et les plus généreux : Maman et Papa. 

    Chaque année mon Papa, bien enveloppé dans sa canadienne, partait couper un sapin dans les forêts alentours qu'il connaissait si bien. Il revenait les bras chargés de son précieux fardeau, accompagné de mousse étoilée bien fraîche. Parfois aussi d'un bouquet de houx ou de fragon garni de boules rouges ou d'une boule de gui. Dès cet instant, tous les parfums intenses des résineux et frais des sous-bois entraient dans la pièce. C'était toute la forêt qui embaumait le temps des fêtes. Splendide, de son vert profond d'émeraude, l'arbre roi allait trôner sur la commode de la chambre, dont la fraîcheur ne pouvait qu'assurer la conservation de ses aiguilles. Pour le maintenir et assurer sa stabilité, Papa avait percé un gros tronçon de bois rond et épais. De ses mains expertes il avait fabriqué la crèche au toit arrondi, nantie de chaque côté d'un râtelier. Elle éclaire toujours les nuits de Noël chez ma sœur. Et comment ne pas le comprendre, quand le précieux est dans toute la valeur de l'amour donné !

    Alors le sapin se parait ! Du fond de vieilles boîtes à chaussures sortaient les guirlandes étincelantes, les petites lumières clignotantes, les boules de verres, les petites bougies de cire torsadées. L'étoile de Noël allait rayonner à la cime. Le dessus de commode disparaissait sous la couche de mousse fraîche et de coton duveteux. Alors une procession de bergers avec leurs moutons, d'animaux et autres santons de plâtre, prenaient le chemin de la crèche accompagnés des Rois Mages. A l'intérieur, de la paille et quelques moutons, Joseph et Marie dans la prière, et enfin l'âne, le bœuf soufflant sur l'enfant Jésus. Il ne fallait pas l'installer dans sa couche avant le 25… Mais on passait outre, ne pouvant laisser seul ce bel enfant, dans sa boîte. Et c'était plus joli ! S'ajoutaient à tout cela les dernières créations d'écoliers de la fratrie, ajoutées à celles qui avaient résisté aux années précédentes. 

    Je revis ces instants chaque année, je m'y fonds et m'en imprègne encore et toujours. Même aujourd'hui. Et qu'importe que ce soit à tort. Je reviens vers eux chercher le plus beau qu'enfant j'ai pu posséder. Je ressens cette ambiance et ces doux moments imprégnés de parfum boisé, où rehaussée sur la pointe des pieds, je contemplais ce décor tout juste à hauteur de mes yeux. La crèche et le sapin, voilà toute l'image de Noël. Ai-je un jour fait une lettre au Père Noël ? Je ne crois pas.  Pour les parents, l'essentiel était ailleurs, et un enfant, tout petit qu'il soit, à une sensibilité à la perception des choses de la vie. Je l'ai eue très tôt. Car comme beaucoup d'entre vous, dans ce Chalabre ouvrier, nous ne roulions pas sur l'or… Loin de là ! Et à l'époque nous nous contentions de peu, ne connaissant pas autre chose. Et les jours de Noël, chaque présent prenait toute la valeur du monde. 

    Avec la flopée de gosses que nous étions, mère et père Noël ne pensaient qu'à nous rendre heureux. J'ai souvent pensé que leur vrai bonheur était de vivre au milieu de nous, ces Noëls que tout enfant ils n'avaient pas connus. Papa qui, orphelin avait connu les douleurs et les privations de l'enfance, prenait plaisir à nous rendre heureux. J'ai pris conscience plus tard, de la dose de sacrifices accomplis. Par besoin certes, mais aussi et surtout, par Amour. Les plus beaux matins de Noël, je les ai connus là, dans leur chambre, entourée de mes frères et sœurs. Cette même chambre qui nous a tous vu naître, dans les effluves de l'alcool à brûler et les bras de Mme Justine Cammage.

    Je n'ai pas souvenir de réveillons ou de quelconque repas tardif, à festoyer à la maison. En cette nuit du 24 nous n'avions que Maman. C'était à n'en pas douter, un repas comme les autres avant de se coucher dans des draps qu'une bouillotte ou un moine était censé réchauffer. Mais la chaleur était autour, dans l'excitation et les chamailleries. Chère Maman qui ne devait savoir où donner de la tête mais qui fut toute sa vie douceur et générosité. Papa partait servir les réveillons dans les restaurants. Quand il rentrait au lever du jour, c'était l'instant du miracle de Noël. Pour lui et nous, un rituel se mettait en place. Avant de se coucher, il venait nous sortir du sommeil. Dès l'entrée de notre chambre il secouait d'une main énergique une cloche de bronze. Il ne fallait qu'une fraction de seconde à cette envolée d'oisillons pour sauter du lit et courir vers la commode devant laquelle nous tombions en extase, tous ébahis… « IL ETAIT PASSE... !! ». 

    Aucun nœud de ruban, aucun beau papier d'or ou d'argent. Mais ils étaient là, pour nous tous, ces jouets magnifiés par tout l'amour du monde. Alors, chacun son jouet entre les mains, nous grimpions tous sur le lit entre Maman et Papa, leur faisant découvrir ces cadeaux embellis du prix de tant de sacrifices.  Tous ces précieux que nous respections et conservions avec la plus grande ferveur, à l'inverse d'aujourd'hui, tout au long et pendant des années. De tous ces matins joyeux, un reste plus présent. Papa avait acheté à des forains une voiture et deux scooters en fer et à pédales, sortis tout droit d'un manège (Bodino je crois). Rappelez-vous leur grandeur et songez à l'effet qu'ils nous firent !  Ils envahissaient toute la place au pied du sapin. Nous étions éblouis ! D'un rouge vif, bleu et noir rutilants, nous voulions tous grimper dessus. Ce fut magique et ils firent pendant des jours, l'attraction dans la rue pour les enfants du quartier. Grimpés sur un tas de bois on jouait à attraper le pompon, les trois véhicules virant, à fond de pédalage, autour d'un pilier au rez-de-chaussée… A quoi tient le bonheur !   

    Et puis un jour !... Car il fallut bien un jour, où le rêve innocent de l'homme au traîneau s'est bien envolé. Tout mon petit être qui rêvait tant de le rencontrer, y fit face un jour… Pour se fracasser en plein milieu du pont du Blau. Rien jamais, n'a effacé l'image d'un face-à-face pourtant tant espéré au plus profond de moi. Mais la vie s'amuse de nous, même à cet âge là. Et ce tête-à-tête fut décisif !! C'était un de ces jours, où le ciel gris et bas n'entamait aucunement les joies et la ferveur des moments à venir. Celui de l'approche des fêtes. Je me revois en plein milieu du pont, stoppant net devant ma marraine Yvette qui, sous les traits de la Mère Noël ne pu dissimuler  la valise d'infirmière qu'elle tenait à la main. Celle là même que j'avais admiré dans une vitrine. Quelques secondes suffirent pour que la réalité s'immisce en moi et m'inflige la première des plus grandes déceptions. La magie de Noël fondait sur moi dans un froid glacé. Toute cette peine me disait que s'en était fini à jamais. J'avais 6 ou 7 ans.

    Et pourtant qu'ils étaient magnifiques tous ces instants de jeune vie où les yeux brillaient sous des rêves émerveillés. Ils valurent la richesse du monde pour qu'à ce jour leur poids d'or pèse encore dans ma mémoire. Car les plus beaux moments, aussi simples soient ils, restent indestructibles. Et cette enfance là, bien à moi, si merveilleuse auprès des miens, rien jamais ne l'effacera. Aujourd'hui « une » Mère Noël veille toujours à rendre la magie à Noël, à voir des yeux s'illuminer et des visages s'éclairer. A faire revivre autour tout ce qu'elle a vécu d'essentiel et de beau dans ces nuits d'un temps d'avant. Et dans cette nuit des temps qui l'attend un jour, elle sait qu'elle verra enfin le traîneau qui la fera s'envoler avec son âme d'enfant et ses cheveux blancs dans des cieux étoilés. Son Père Noël l'y attend.

    Ils étaient encore là… de moi… il y a 40 ans et plus :

    Noël de notre enfance 

    Des petits pas s'avancent

    Sous le sapin illuminé

    Les yeux se sont mis à briller.

    C'est au tintement d'une cloche

    Que notre nuit s'effiloche

    Il n'y a pas de beaux papiers 

    Pour les jouets éparpillés.

    Au pied de la vieille commode

    C'est le bonheur qui inonde

    La chambre aux murs rosés.

    Les petits se blottissent au pied 

    Du lit de Papa et Maman.

    C'est la magie de l'instant !

    Chaleur qui réchauffe les cœurs 

    En cette période de douceur.

    Noël de notre enfance 

    Tant d'images me dansent.

    Et de ce joli temps passé

    Résonne en ma tête à jamais 

    Ce tintement d'une cloche

    De mon Papa Noël qui approche ». 

  • Ingrédients de Noël, la recette franc comtoise de Gilles Billaut

    Ingrédients de Noël

    Les derniers mois que nous venons de traverser,

    Nous ont appris qu’en matière de convivialité,

    Pour être en harmonie, tout doit se réinventer.

    Dans le fin plaisir de la joie à se retrouver,

    Avec juste quelques ingrédients en diadème.

    Autour d’une table, des gens qu’on aime,

    Une bonne dose de plaisirs à partager,

    Un soupçon de surprises pour rêver,

    Beaucoup d’amour dans nos vies,

    Et des grains de folie pour la magie.

    C’est la possibilité d’ouvrir des portes,

    Recevoir ce que l’autre nous apporte.

    Écarter ses bras, tendre la main,

    Illuminer tous les lendemains.

    Mettre de la féerie dans nos coeurs,

    Donner de nous avec grand bonheur,

    Transmettre sans imposer,

    Prenant le temps d’écouter.

    Nul besoin de cadeaux onéreux,

    Juste le soin de rendre heureux.

    Retrouvons la confiance,

    Entrons dans l’espérance.

    Gilles Billaut - Noël 2021

  • Douloureuse parenthèse de leur vingt ans

    D'une fenêtre à l'autre, avec JIEL, et un poème, pour ranimer la flamme d'un optimisme éprouvé.

    Douloureuse parenthèse de leur vingt ans

    jiel

    Il est grand temps de rallumer les étoiles,
    Derrière leur fenêtre à contempler le ciel,
    Du haut de leur vingt ans, ils lâcheront la toile
    Et leur vie à nouveau aura le goût du miel.

    Jeunes innocents et pourtant condamnés,
    Des mois entiers prisonniers, seuls à espérer,
    Tant de moments précieux partis en fumée,
    Toutes ces occasions perdues à désespérer.
     

    jiel

    Eclairez l’avenir en ranimant la flamme,
    Des projets sacrifiés, des rencontres lointaines,
    De l’insouciance, des excès pleins de charme,
    Pour que toujours le courant vous entraîne.

    Ensemble désormais décrochez donc la lune !
    Main dans la main, hissez la grand voile,
    Retrouvez les couleurs de la vie une à une,
    Croyez à nouveau en votre bonne étoile...

    JIEL