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Poésie - Page 5

  • Le chemin du fond des bois

    JIEL nous emmène vers les profondeurs de la forêt et des sous-bois, sources d'inspiration.

    jiel

    Le chemin du fond des bois

    Dans la douce nonchalance d’une promenade

    Perdu au fond d’un bois en quête de songes

    Un chemin tortueux m’invite dans sa balade

    Celle qui chavire les sens l’imagination féconde.

     

    Dans la forêt profonde j’ai poursuivi la quête

    Vers la vérité dont seule la nature connaît les secrets

    Les oiseaux virtuoses et tapageurs sont de la fête

    Les écureuils curieux dans les arbres restent discrets.

     

    Non loin un ruisseau murmure mystérieusement

    L’onde semble avoir disparu tant elle est cristalline

    Sa présence est trahie par quelques frémissements

    Qui enlacent les pierres moussues de caresses câlines.

     

    Le jour naissant révèle la plus belle lumière

    Que les grands patriarches comme les jeunets

    Distillent avec un art que les peintres vénèrent

    Sur cette scène où chacun a son rôle à jouer.

     

    De la frêle fougère au plus robuste des chênes

    La forêt recèle tant de trésors dans son antre ancestral

    Hêtres biscornus ou sapins tels les colonnes d’Athènes

    Montent jusqu’au ciel attirés par un dessein magistral.

     

    Captivé par le charme infini de cette beauté végétale

    Qui sans cesse se transforme et toujours est fidèle

    A celui qui sait voir les atours de la dame fatale

    Qui brille à jamais dans une relation fusionnelle.

    JIEL

  • Neige

    En mars 2018, le Club de lecture de Chalabre se réunissait à l'abri de la neige, autour d'un poème de François Cheng.  

    Il neige dans la nuit,

    En secret, en sourdine,

    En un instant la terre

    S’éclaircit, s’épaissit ;

    L’air froid cède le pas

    A une douceur subite.

    Longtemps privés de feuilles,

    Les arbres se sentent pousser

    Des ailes ; de branche en branche

    Ils suspendent des guirlandes,

    Criant : « Demain la fête ! »

    A l’aube tout est fin prêt,

    Tous s’habillent de neuf.

    Conviés au grand festin,

    Intimidés, mésanges

    Et merles osent à peine

    Bouger leurs pattes, de peur

    De salir la nappe blanche… 

    François Cheng (La vraie gloire est ici, Gallimard 2015)

    françois cheng

    Photo Aurélien Moralès

  • Le Noël de Cine

    Avant que la période des voeux ne se termine, et tandis que nos paysages jouent à se mettre au diapason de cartes de Noël toujours plus belles, Cine nous fait part des souvenirs qu'elle garde de cette période qui offre le privilège de prendre congé d'une année et de saluer l'arrivée d'un nouvel an.

    Le Noël de Cine

    Doux, lumineux, chaleureux ! Qu'ils étaient beaux les Noëls de mon enfance. Chaque année, ces Noëls blancs si bien chantés, me reviennent en mémoire. Car l'hiver nous offrait plus souvent la danse des flocons. Ils virevoltaient autour de nous, et la neige emprisonnait le village d'un blanc immaculé. Le temps en était suspendu. Tout était alangui. 

    Le ton était donné avec les crèches aussi belles les unes que les autres. Que sont ils devenus ces très grands rois mages et santons installés à Saint-Pierre, à Notre-Dame et au couvent de  l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques ? Cette dernière m'attirait particulièrement. Nous mettions la pièce dans la boite de l'ange, qui nous remerciait d'un hochement de tête. 

    Les commerces, si nombreux à l'époque, avaient leurs vitrines décorées et les crèches y avaient aussi leur primeur. Leurs guirlandes clignotantes illuminaient nos visages rayonnants et renvoyaient des lueurs festives sur le tour de ville. Nous qui n'avions rien, ou si peu, le nez collé à la vitre, nous admirions les jouets chez Valentin, chez Marthe, les Docks ou la Coopé…

    Il est toujours là, intact dans ses habits, ce gros poupon « Nouvelles Galeries » (je crois) sorti de la vitrine de chez Marthe. Il a pris et garde mon âme d'enfant. Qui pourrait en dire autant aujourd'hui ? 

    Pour dire que cette richesse là, reçue du fond du cœur d'une Maman démunie, ne pouvait que survivre au temps par l'affection et le respect que l'on portait au cadeau que nous avions la chance de recevoir.

    Chez Raymonde, ce n'était que beaux livres (dont des lectures m'ont tant fait rêver), des stylos au milieu de quelques babioles sur tissu blanc et soyeux. Tous les magasins se paraient de boules, guirlandes de lumières ou crépons multicolores. Nos yeux étaient éblouis par tous ces chocolats, pâtisseries, volailles, charcuteries, ornées de banderilles et autres mets qui finissaient de nous mettre l'eau à la bouche… Aucune boutique n'était oubliée. Tous les commerçants s'investissaient dans la magie de Noël. Et même si je ne cite pas tous leurs noms, je ne les ai pas oubliés. 

    Mais mon préféré, je ne sais pourquoi, était sans nul doute la petite boutique de M. Sans, à la place. Elle embaumait le café et les bonbons. Dès l'entrée, un long tapis de neige nous accueillait, et c'était pour moi une explosion de couleurs scintillantes. Dans l'immaculé se perdaient les paquets enrubannés de pralines roses, vertes, blanches. Les Pères Noëls et les beaux sabots tout en chocolat enrubannés. Les petits Jésus en sucre. Quelle merveille ! 

    Et puis, mon esprit revit ces Noëls offerts aux enfants des ouvriers de l’usine Canat. Dernier étage du café de la paix, « au Grenier », ou dans la salle du cinéma (photo), avec le Père Noël descendu rien que pour nous.

    J'y ai connu la distribution de chocolats chauds dans les grands bols, qui ne devaient être grands que par ma petite taille. Et les boites fers de gâteaux secs qui circulaient sur les tables installées pour l'occasion. Le parfum d'une orange ou d'une mandarine… Une et pas deux ! 

    Et parfois la distribution de petits sachets transparents contenants juste quelques pralines.

    Le spectacle sur scène nous ravisait, mais l'animation était aussi dans la salle. Tous les enfants piaffaient d'impatience, le regard fixé sur l'estrade. Car devant leurs yeux éberlués, la scène disparaissait sous une multitude de cadeaux multicolores. Chacun s'activait à reconnaître le sien. Pour moi et les miens, rien de plus facile… D'office, on avait repéré en coin le plus grand, le plus gros… qu'on allait emporter fièrement, avant une autre animation à la maison. Du haut de mes si jeunes années qu'il était énorme ce carton empli de présents. 

    Et puis… !! Et puis, comment ne pas parler de tous ces lotos de fêtes de fin d'année. Qui se souvient des devantures de cafés avec leurs volailles vivantes, les cageots ou paniers garnis, les canards gras suspendus avec leur cravate de crépon. Et les jambons bien gros, bien en chair. Tant de lots qui faisaient profit à tous. Personne n'aura oublié le panier de louis d'Or bien installé dans la vitrine du café Tournois, gros lot bien convoité. Personne n'aura oublié le mouton vivant installé sur le trottoir du café de la Paix, qui devenait malgré lui, le clou du spectacle. Je dis bien vivant !!... car il ne le restait pas longtemps le pauvre !!

    Mon frère m'avait dit « grand loto à la Paix, on gagne un demi cochon vivant ! ». Perplexe et abrutie ! Comment peut-on penser une seule seconde qu'un demi cochon soit encore en vie !!  Juste un jour,… un instant… il m'avait bien eue!! Ah, l'innocence de la jeunesse !! Merveilleux et doux Noël de mon enfance !!

    Tous ces lotos drainaient grand monde, venant parfois de très loin. Les « quines » éclataient dans l excitation et le brouhaha général. On criait QUINE à « 11 zonzon », « ca ca carante quatre 44 », « 13 ma soeur Thérèse », « 1 tout seul », « la queue est en l'air… 6 » ou « la queue est en bas… 9 ». Et j'en passe… qui ramenaient en écho, pour se perdre dans la fumée des cigarettes, une flopée de quolibets. C'est alors que surgissait un grand cri  : « boulègue ! ».

    C'est tout cela qui me tient chaud les jours de Noël. Tous ces souvenirs qui croulent sous l'ambiance de l'époque, faite de chaude amitié et de fraternité que j'y ai connu. 

    C'était cela mon village, si cher à mon cœur : Chalabre

    cine

    Quand  les enfants des ouvriers de l'usine Canat attendaient l'arrivée du Père Noël au théâtre municipal

  • Il neige

    Ce premier lundi de janvier s'est éveillé avec le concours de beaux flocons, très vite éconduits par les premiers rayons du soleil. Sans aller jusqu'à évoquer les neiges d'antan, des souvenirs reviennent à la mémoire de l'ami Bernard, évoqués dans le poème qui suit. Au chapitre des souvenirs toujours, l'ami Richard, qui fut collégien, se souviendra certainement des mots qu'il avait écrits à la faveur d'une rédaction : « Tandis que dans ma main, une étoile à cinq branches se transforme en une goutte d'eau ».

    bernard cnocquart

    Il neige

    Le ciel couleur de plomb est triste,                                      

    conforme à ce bulletin météo pessimiste,                                  

    un vent glacial en jolis tourbillons                                              

    fait danser les premiers flocons.              

    Bien au chaud derrière les carreaux,                                      

    nous regardons se former ce blanc manteau,                                      

    tout est effacé d’un coup de pirouette,                              

    même les arbres ont de drôles de silhouettes.

    La couche s’épaissit, déjà vingt centimètres,                          

    miracle pour ces enfants qui sans besoin de guêtres,

    ressortent alors la luge dans cette belle neige                              

    pour de longues descentes, perpétuel manège.

    Confortablement assis devant leur cheminée,                                      

    Papy et Mamy se rappellent leurs jeunes années,                            

    et ces jolis bonhommes de neige bien maquillés                                

    qu’ils bâtissaient de leurs mains rougies et gelées.

    Ressurgissent aussi du fond de leur mémoire                                      

    les paroles des anciens aujourd’hui illusoires                              

    que ce doux duvet blanc vraiment providentiel                                    

    provenait de ces oies que l’on plumait au ciel.  

    Bernard, le 3 février 2015