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Poésie

  • Amour de toujours

    jiel,saint-valentin

    En ce dimanche 14 février, dédié aux amoureux, à ceux qui l'ont été, à ceux qui le restent, JIEL offre un poème de circonstance.

    Amour de toujours

    Seuls les artistes savent exprimer l’amour ;

    Sur une toile, à travers la magie d’un sourire,

    Par des mots simples aux caresses de velours,

    Sur des notes tendres qui font parfois souffrir.

     

    Mais qu’est-ce donc que ce fameux sentiment,

    Cette passion confuse, parfois discrète sans excès,

    Ou irrépressible excitation qui se vit intensément.

    Tenter de résoudre ce mystère de vie est insensé.

     

    Amour tendre et fort ou amour fou pour toujours ;

    N’est-il pas simplement ceci ou cela tout à la fois,

    Nul ne s’en empare mais chacun succombe un jour

    Car le coeur le plus dur est fragile et se brise parfois.

     

    Si dans un regard de hasard le plus souvent il naît,

    C’est par un regard bien-veillant qu’il se poursuit ;

    L’amour vrai ne calcule pas, il offre de beaux palais

    Pour accueillir la richesse des sentiments enfouis.

     

    Quoi de plus beau, quoi de plus nécessaire à chacun

    Que d’aimer simplement, d’aimer de tout son coeur ;

    Le don le plus merveilleux, le plus subtil des parfums

    Dont la flagrance se partage et vous rend heureux.

     

    Seuls les artistes savent exprimer cette émotion ;

    Peintres, poètes ou musiciens en sont les chantres,

    Mais tout un chacun peut en trouver la belle potion,

    La seule magique qui à jamais saura vous enchanter.

    JIEL

  • Requiem pour un intrus

    Un poème écrit sous la plume de Jean-Paul Sibra, lorsque l'intrus évoqué n'avait pas encore pris toute sa dimension.

    Requiem pour un intrus

    De la lointaine Chine, pour semer la terreur,

    Un jour nous est venu un être insaisissable.

    Un turpide minus jargaudant comme un fat.

    Notre faraud se loge dans tout poumon qui passe.

    Ménageant les plus jeunes, il préfère les vieux,

    Ayant occis les uns, il maltraite les autres.

     

    Misérable virus qui dans le mal se vautre,

    Voilà que maintenant profitant des erreurs

    Et de l'insouciance, il sévit dans nos lieux.

    Serons-nous très bientôt les lièvres de la fable ?

    Par notre négligence faut-il donc qu'on trépasse ?

    Faudra-t-il se terrer un jour comme des rats ?

     

    D'un crapaud, d'un scorpion ou qui sait d'un cobra,

    Surgit l'odieuse chose. Où est le bon apôtre

    Qui chassera au loin ce nabot si coriace.

    En cercles concentriques s'est répandue la peur.

    Si l'Inde l'évita -c'est à peine pensable-

    L'Italie la reçut tel le fer d'un épieu.

     

    Picards et Alsaciens avec ou sans leur Dieu

    Ecopèrent à leur tour de l'hideux Corona.

    Ce pou, trouvant la France ma foi fort agréable,

    S'écria :"Compagnons ! Ce pays c'est le nôtre.

    Son peuple insouciant fourmille de rêveurs

    Et nous aurons tôt fait d'en maîtriser la place".

     

    Le printemps qui naissait à ces vils mots s'agace.

    Se promet sur le champ de jeter hors des lieux

    L'ignoble créature, l'abject envahisseur.

    Mais le maudit démon déployait ses soldats

    Qui partout proclamait ;"Ce terroir n'est plus vôtre".

    La grand' ville se tait. Ce silence l'accable.

     

    Médecins, carabins s'attaquent au coupable,

    La nature s'ébroue, le printemps se surpasse,

    Le roi soleil rayonne, il joue les bons apôtres

    Et de ses chauds rayons enhardit les anxieux.

    Le pays tout entier est prêt pour le combat…

    Et dans un nouveau camp s'est tapie la terreur.

     

    En ce mois détestable ne soyons pas grincheux

    Mais demeurons pugnaces, faisons face au malfrat.

    Les demains seront nôtres quand reviendront les fleurs.

    Jean-Paul Sibra

  • Les modestes

    Le promeneur peut passer sans les voir, vestiges d’un lointain temps passé, archives de pierres qu’une végétation triomphante éparpille. Pour celles et ceux qui vécurent là, JIEL refait du feu dans la cheminée.

    jiel

    Les modestes

    Dans la mosaïque multicolore à la coiffe blanche,

    Les maisons élégantes n’ont que glace pour feston.

    Leurs fumées de chaleur fuient vers l’horizon

    D’un paysage feutré de dentelles aux branches.

     

    La vie engourdie dans un profond silence s’apaise.

    Les bêtes fourbues, dans l’apathie du soir, sont calmes.

    Sans mot, les hommes, absorbés par les flammes,

    Fument paisibles devant le faitout rougi de braise.

     

    Nul bruit ne vient troubler la chaude veillée du soir

    Qui en ces lieux de durs labeurs, apporte le réconfort

    Pour ces gens qui jamais ne se plaignent de leur sort,

    Economes en paroles et généreux de regards d’espoir.

     

    A l’orée du chemin, chacun garde sa place son destin.

    Dans le courage du quotidien se forgent les valeurs,

    Leurs plus belles richesses qui naissent dans le coeur

    Qui sont celles de leur vie et celles de leurs anciens.

     

    Ils ne verront jamais le sourire enjôleur d’une Joconde,

    Mais chaque jour jouissent de celui de leur bien-aimée.

    Les collines ondoyantes où le soleil aime à se pâmer,

    Sont à leurs yeux plus belles que merveilles du monde.

     

    Mais dans leur modeste vie de petits riens préservés,

    Par la quiétude des songes qui brouillent les pensées,

    De cette mosaïque multicolore à la coiffe distinguée,

    Les fumées de chaleur fuient parfois vers les préjugés.

    JIEL

    jiel

  • Matin d’hiver

    Année de givre, année de fruits. L’ami Bernard contemple une campagne engourdie et profite du temps présent, en attendant l’été.              

    bernard cnocquart

    Matin d’hiver

    La grande plaine est blanche mais sans neige,                                                

    une couche brillante étincelle sous les premiers rayons,                            

    arbres, plantes et floraisons sont pris au piège                                      

    de ce givre puissant qui blanchit l’horizon.

     

    Dans le ciel, les corbeaux lancent leurs cris lugubres                                              

    en battant leurs ailes face à ce froid glacial                                                      

    d’autres sur ce sol gelé aujourd’hui insalubre                                        

    grattent et cherchent leur pitance en ce temps hivernal.

     

    Quelques arbres fantômes, paysage cristallin,                                        

    servent de dérisoire abri à de pauvres vaches                                                      

    bien resserrées entre elles se faisant des câlins                                              

    mais de leurs naseaux fumants monte comme un panache.

     

    Regardez tout au loin la rivière qui fume,                                              

    mais tout près des maisons la présence de l’homme                                                  

    rassure les mésanges avec leurs belles plumes                                                  

    se régalant de boules de graisse et de trognons de pommes.

     

    Même les merles siffleurs ont perdu leur ramage                                    

    sautillant maladroits sur ces rameaux garnis de perles                                      

    et le rusé écureuil à l’abri des feuillages                                                

    semble s’apitoyer sur la pauvre tourterelle                                            

    endormie pour toujours au milieu des branchages                                      

    dans ce matin d’hiver qui n’est que froid et gel.

    Bernard, le 18 janvier 2021

    bernard cnocquart

  • La poésie en blanc de Framboise

    framboise

    Deux poèmes (encore un peu de circonstances) extraits du recueil Méli-mélo, secrets poétiques publiés en août 2019, par l'amie Framboise. 

    framboise

    framboise

    framboise

    framboise

  • Le chemin du fond des bois

    JIEL nous emmène vers les profondeurs de la forêt et des sous-bois, sources d'inspiration.

    jiel

    Le chemin du fond des bois

    Dans la douce nonchalance d’une promenade

    Perdu au fond d’un bois en quête de songes

    Un chemin tortueux m’invite dans sa balade

    Celle qui chavire les sens l’imagination féconde.

     

    Dans la forêt profonde j’ai poursuivi la quête

    Vers la vérité dont seule la nature connaît les secrets

    Les oiseaux virtuoses et tapageurs sont de la fête

    Les écureuils curieux dans les arbres restent discrets.

     

    Non loin un ruisseau murmure mystérieusement

    L’onde semble avoir disparu tant elle est cristalline

    Sa présence est trahie par quelques frémissements

    Qui enlacent les pierres moussues de caresses câlines.

     

    Le jour naissant révèle la plus belle lumière

    Que les grands patriarches comme les jeunets

    Distillent avec un art que les peintres vénèrent

    Sur cette scène où chacun a son rôle à jouer.

     

    De la frêle fougère au plus robuste des chênes

    La forêt recèle tant de trésors dans son antre ancestral

    Hêtres biscornus ou sapins tels les colonnes d’Athènes

    Montent jusqu’au ciel attirés par un dessein magistral.

     

    Captivé par le charme infini de cette beauté végétale

    Qui sans cesse se transforme et toujours est fidèle

    A celui qui sait voir les atours de la dame fatale

    Qui brille à jamais dans une relation fusionnelle.

    JIEL

  • Neige

    En mars 2018, le Club de lecture de Chalabre se réunissait à l'abri de la neige, autour d'un poème de François Cheng.  

    Il neige dans la nuit,

    En secret, en sourdine,

    En un instant la terre

    S’éclaircit, s’épaissit ;

    L’air froid cède le pas

    A une douceur subite.

    Longtemps privés de feuilles,

    Les arbres se sentent pousser

    Des ailes ; de branche en branche

    Ils suspendent des guirlandes,

    Criant : « Demain la fête ! »

    A l’aube tout est fin prêt,

    Tous s’habillent de neuf.

    Conviés au grand festin,

    Intimidés, mésanges

    Et merles osent à peine

    Bouger leurs pattes, de peur

    De salir la nappe blanche… 

    François Cheng (La vraie gloire est ici, Gallimard 2015)

    françois cheng

    Photo Aurélien Moralès