L'article en ligne avait paru dans l'Indépendant, édition du mercredi 10 juillet 2016.
La ponctualité des « Festejaïres » n’aura servi à rien
Photos archives, Juillet 2016
Le rendez-vous de l’été proposé par le hameau du Cazal devait coïncider avec le retour des chevaux-vapeur. Las, les 575 signatures couchées sur la pétition du conseil municipal du Cazal, et adressées à la Compagnie du Midi n’y auront rien fait, l’espoir né en ce vendredi 22 juillet, aura fondu comme neige dans un panier. Pourtant, les travaux de ballastage, la pose de la voie, l’érection du hall de gare, tous les travaux de la section du chemin de fer conduisant de Chalabre au Cazal, laissaient espérer une claire amélioration des correspondances.
Mais il faut croire qu’un lobby peut en cacher un autre, et les « Festejaïres del Cazal » peuvent aujourd’hui se mordre les doigts, pour avoir sous estimé l’influence des riverains de la Mécanique. Tapis derrière leurs banderoles, ils auront su attendre leur heure, donnée, comble de l’ironie, par la pendule de la commune libre.
Au-dessous de laquelle la liesse était palpable le jour d’avant, en présence d’une foule de voyageurs, d’un contrôleur muni de son chaix, d’une harmonie-fanfare inspirée, de Jérémiah le « carpetbagger », de Michal le bandagiste herniaire orthopédiste, de jeunes filles en crinolines ou fans de charleston, de garde-barrières, et bien sûr du mécano de la Lison. Mais en fait d’express, c’est bien un tortillard à vapeur qui aura été mis à disposition de passagers contraints de multiplier les arrêts en gare, pris en otages par une chaudière percée, et gourmande. Le rêve est passé, et le Cazal qui espérait une desserte au pied du Mont-Tatauba, aura tout le temps de revoir sa copie. Copie qu’il devra présenter avant le 21 juillet 2017.


Exclusivement féminine, la tribu de vingt-sept éléments portant chemise bleue et foulard orange et noir, aura hélas hérité d’une météo déplorable, la pluie tombant sans discontinuer sur le pays chalabrais. Malgré les éléments, le projet d’aventure aura été respecté, ainsi et douze jours durant, les communes de Léran, Montbel, Labastide-sur-l’Hers, auront vu passer des équipages de cinq à sept jeunes filles, invariablement vêtues de leur poncho, stoïques sous le déluge. Et chaque retour sur les hauts de Ségovent coïncidera avec une belle désillusion, à savoir tentes inondées et parfois même déchirées. Difficile dans ces conditions d’apprécier la vie dans un camp aussi proche de la nature qu’il soit, d’autant que les coassements nocturnes des crapauds locaux n’auront laissé aucun répit aux jeunes disciples de Baden Powell. Ces dernières accepteront la mise à disposition ponctuelle d’une grange hospitalière, histoire de gagner une petite bataille sur l’humidité.


