
Le samedi 10 janvier, était accompagnée vers sa dernière demeure Ginette Maugard née Teisseyre, enlevée à l'affection des siens à l'âge de 95 ans. Née le 18 juin 1930 à Montréal-d'Aude, elle fera ses premiers pas aux côtés de Victor et de Paule ses parents, qui reviendront bientôt vivre dans le Chalabrais. D'abord à la métairie de l'Anglade où va naître André un petit-frère (1935), puis à la Sigalière. La famille grandira encore avec les naissances de Simone (1939, †2025) et Mimi (1940).
Ginette va vivre son adolescence dans un pays marqué par la guerre et la présence de l'occupant, tandis que Victor son père se charge d'organiser le maquis installé sur les hauteurs de Montjardin. Elle partagera ainsi les risques aux côtés des siens, notamment lors des missions de ravitaillement pour les partisans installés dans la clandestinité. En juillet 1944, lorsqu'une colonne allemande se concentre sur Chalabre à la recherche du maquis, Paule avertie de justesse par le garde municipal, parviendra à s’échapper et à se réfugier dans le bois du château en compagnie de ses filles.
La paix conquise, Ginette fera la connaissance de René Maugard, jeune Chalabrois résidant rue du Pont-Vieux. Ils fondent un foyer au sein duquel ils auront le bonheur d'accueillir trois garçons, Jean-Paul, Michel et Pierre. Dans l'intervalle, René exerce une première activité dans les bureaux de l'entreprise Canat, avant de se destiner à une carrière dans l'enseignement. Au gré des nominations, le couple va franchir la Méditerranée, jusqu'en Algérie où René dispense des cours de mathématiques, Ginette est mère au foyer. Le retour en métropole les voit s'installer à Pont-de-Salars (Aveyron), et René intègre une nouvelle équipe enseignante. Equation et algèbre occupent son quotidien, avant qu'un concours interne ne lui permette de devenir proviseur de l'établissement. Dans le même temps, Ginette est en charge de l'intendance du collège.
A l'heure de la retraite, ils opèrent un retour en Kercorb, et prennent leurs nouveaux quartiers sur les hauteurs du lotissement des Genêts. Après le décès de René en décembre 1986, Ginette Maugard retrouvera le coeur du village pour résider dans la maison familiale du cours Colbert.

En attendant l'arrivée de sa Majesté Badaluc
Au rythme des rendez-vous annuels avec les compagnons de Rhin et Danube, Ginette n'oubliait rien d'un passé douloureux. Femme de cœur et de caractère, toujours souriante, Ginette manquait rarement l'occasion de faire la fête, en particulier lorsque les Chalabrois célébraient la venue de Sa Majesté Badaluc. Un événement pour lequel une belle équipe se retrouvait dans l'intimité de l'ancien Cours de la Treille. Quant aux prestations avec les amis de la chorale Eissalabra, elles étaient incontournables, des moments précieux qu’elle ne manquait jamais.

L'ensemble vocal du Kercorb lors de la célébration du 8 Mai
Photo archives, 8 Mai 2000
Depuis les Hauts-de-Bon-Accueil, Ginette s’en est allée, elle laisse derrière elle des souvenirs de rires, de musique, de joie partagée, et l’image d’un être très attaché à la convivialité et à la tradition.
Ginette Maugard a été inhumée dans le caveau familial où elle repose aux côtés de René. En ces douloureuses circonstances, très sincères condoléances à Jean-Paul, Michel et Pierre ses fils, à leurs épouses, à ses petits-enfants, à André son frère, à sa soeur Mimi, à toutes les personnes touchées par ce deuil.