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C'était hier - Page 727

  • La table oubliée

    Table Orient.JPGComme un livre ouvert sur les pics pyrénéens.

    Ils sont certainement très nombreux à passer sans la voir, juste comme si elle n'existait pas, elle qui depuis bientôt cinquante ans aiguille l'oeil du promeneur en direction des premiers contreforts de notre belle chaîne pyrénéenne. Erigée au sommet du col du Bac sur les terres du domaine d'En Roques, la table d'orientation est née au début des années 1960 de la volonté des responsables du syndicat d'initiative du Chalabrais, présidé alors par Yves Fournès.

    Prévue dans un premier temps pour être érigée sur les hauts de Piccolordy, la table sera finalement installée sur une parcelle appartenant à l'époque à un Puivertain bien connu en Kercorb, Félix Cathala. Maîtres d'oeuvre pour la bonne cause, Yves Fournès, Guy Huillet, Victor Teisseire, Henri Contestin et Robert Cabannes monteront patiemment tous les matériaux nécessaires à la construction d'une table en marbre d'Italie sur laquelle figurent tous les pics voisins du Maladetta, du Roc Blanc et du Saint Barthélémy.      

    Seule ombre au tableau, l'accès à la table n'est malheureusement plus indiqué au randonneur de passage, les panneaux d'origine n'ayant pas résisté à l'usure du temps. 

  • Elle était là depuis 1833…

    Cheminée Cazal.JPGDans un grand fracas à peine étouffé par un nuage de poussière blanche, la cheminée de l'usine Garrouste s'est majestueusement effondrée, entraînant dans sa chute la couronne qui trônait fièrement depuis 165 ans dans le ciel du Kercorb.

    C'était en 1999 et c'était il y a dix ans, mais la silhouette de la dernière cheminée continue à se profiler à l'horizon des Petites Pyrénées. En pays chalabrais comme en d'autres lieux, l'âge d'or de la chapellerie a vécu, seuls quelques vestiges subsistent encore çà et là qui rappellent l'activité florissante mais lointaine de la cité. Erigée en 1833 au Cazal Ste Marie, cette flèche dressée vers le ciel se reflétait dans un canal qui fut en son temps une réserve extraordinaire de truites et d'écrevisses.

    Réfractaires depuis deux siècles ou presque, les briques rouges ont finalement dû se soumettre aux impitoyables coups de boutoir de la pelleteuse.  

    Un pan de mur est tombé

    Si vous passez dans la rue du Presbytère, ne cherchez pas cette façade, vous perdriez votre temps. Seuls les plus anciens entendent encore la paire de boeufs menée par Albert Galaup, rentrer à la nuit tombée pour se repaître d'un repos amplement mérité au pied des « grepios » abondamment fournies en fourrage. Le négociant en grain et fourrage Albert Galaup, père de Juliette Danjou, que les patients du docteur Emmanuel Anduze ont très bien connue, cèdera plus tard l'édifice à Julien et Marie Faure qui installeront là leur négoce en bois et charbon. A l'automne 1993, les pierres sont parties, emmenant avec elles un peu de l'histoire du Quai du Chalabreil.Parking Presbytère.JPG 

    La rue du Presbytère, telle qu'elle n'est plus.

  • «L’Echo du Kercorb», bulletin paroissial

    bulletin interparoissial.JPGVers le milieu des années 1950, le comité interparoissial du Kercorb éditait « L'Echo du Kercorb », bulletin bimestriel sur lequel était consigné le quotidien des paroissiens de Rivel, Ste Colombe, Puivert et Chalabre. Voici quelques extraits du bulletin n° 6 publié en décembre 1950.

    Le 26 octobre 1950, le père Jean-Marie Parrenin avant de partir en Angleterre tient à saluer sa famille et Chalabre. La paroisse le voit avec plaisir célébrer la messe de 7h 30. Le 3 décembre de la même année, solennité en l'honneur de la bienheureuse Anne-Marie Javouhey. Son excellence Monseigneur l'Evêque préside, Mgr Rivière officie. Trente ecclésiastiques entourent les prélats. Le Révérend Père Meunier supérieur de Notre-Dame de Marceille parle à la Grand-Messe et M. le Chanoine Pont à Vêpres. Le choeur paroissial et la schola du Petit séminaire de Castelnaudary exécutent les chants aux deux offices. La foule des grands jours remplit l'église St Pierre. Mgr l'Evêque termine la journée par la visite de l'école tenue par les soeurs de St Joseph.  

    Ste Cécile à Rivel : le 22 novembre a été solennellement célébrée en notre église, la fête de la patronne ardemment aimée de Rivel. Nous avons noté la présence de MM. les doyens de Chalabre et d'Axat, de l'abbé Pic et de M. l'abbé Latorre, curé de Puivert. La chorale exécuta la messe de Gounod et deux fort belles cantates en l'honneur de la Sainte. Substancielle allocution de M. le chanoine Fourtanier.

    La foire fut gratifiée d'une belle journée. Aussi les marchands forains arrivèrent nombreux. Au foirail quelques arrivages mais peu de transactions. Le carré des porcs était bien assorti, mais le marché fut à peu près nul. Par contre, succès pour la volaille notamment les oies et canards, très vite enlevés.

    La rentrée à Ste Colombe : ils avaient belle allure nos gosses en ce clair matin du 1er octobre. Allure de quelqu'un qui « va remettre ça...et comment ! » Et l'on a dû mettre des rallonges à l'école et au catéchisme. Puissent-ils apprendre ici et là qu'ils sont appelés à vivre ardemment.

    Patronage.JPG

    Une journée au patronage, avec Soeur Marie de Nazareth (3e rang sur la droite).

  • C'était hier : Les clefs de la ville ornent l'ancienne halle au blé

    Le promeneur qui prend en enfilade les rues Ste Ursule et St Antoine passe immanquablement devant un petit carré de terre qui a échappé plus de trois siècles durant aux assauts du bitume ou du béton. Ce petit lopin attenant à l'ancienne halle au blé partage son quotidien avec un vieux marronnier à l'ombre duquel des générations de Chalabrois refont le monde depuis l'An XIII de la République Française. Le 17 Thermidor de cette année-là, le conseil municipal de Chalabre doit délibérer à la demande de monsieur le Préfet «sur les moyens à prendre pour faire rentrer dans la propriété communale, les portions de la place publique dont quelques particuliers se seraient emparés».

    Ces particuliers sont MM. Bruyères-Chalabre et Subreville, mais l'assemblée fait aussitôt apparaître que Monsieur Bruyères-Chalabre occupe cette place de droit, son père ayant acquis ces lieux en 1776 et 1777, sauf « douze pans (pouces) en carré de sol, qui furent inféodés à feu Maguelone, boucher, et dont jouit Monsieur Antoine Subreville».

     Le surlendemain (19 thermidor), les possesseurs sont convoqués pour donner leur sentiment : Le Sieur François Jean Bruyères réplique que lui et sa famille ont toujours possédé la place entière tandis que Antoine Subreville défend ses droits de propriétaire des « 12 pans en carré » et sa possession légale d'un banc.

    Une enquête " commodo et incommodo" faite par le juge de paix du canton montrera qu'il n'y a pas dans la commune , de local «plus commodément et plus avantageusement placé pour l'établissement d'une place et d'une halle publique». Et le 14 janvier 1824 en séance extraordinaire, le conseil municipal de Chalabre acquiert la propriété de la future halle au blé  pour la somme de 8.000 francs. 

    Cette brève incursion dans le passé que l'on doit aux précieuses recherches effectuées dans les archives communales par Marie-Louise Saddier (cf. « Il était une fois Chalabre » Tome IV) démontre que l'intérêt du plus grand nombre prime en toute circonstance. Et si le banc qui appartint jadis à Monsieur Antoine Subreville a aujourd'hui disparu, il reste toujours ses douze pans en carré de sol.

    Halle aux Blés.JPG

    Douze pouces qui allaient être délimités en février 2004 par un ouvrage conçu grâce aux talents de Marc Cros et Francis Amouroux (aujourd'hui retraité), employés de la commune qui avaient uni leurs compétences pour une réalisation digne de spécialistes en ferronnerie d'art. L'occasion de renouveler de sincères félicitations à ces deux maîtres artisans (photo).