L'article qui suit avait été publié dans l'Indépendant, édition du mercredi 4 mai 1994. Il faut se souvenir que l'année précédente, dans la nuit même qui avait suivi un accueil triomphal, son Altesse sérénissime Badaluc XXV était partie en fumée, avec une bonne journée d'avance (cf photos en fin d'article, archives avril 1993). L'enquête avait rapidement repoussé la thèse du suicide, et puis, plus rien. N'empêche, les juges noctambules courent toujours.
Au petit jour, en attendant la relève (Photo archives, Avril 1994).
Sera-t-il possible dans les années qui viennent, de recevoir encore les dignes successeurs de Badaluc XXVI ? L'information n'avait pas été révélée, et l'O.P.V.C. a préféré attendre que retombe la fièvre d'un week-end de carnaval, avant de nous confier combien la surveillance de cet illustre visiteur avait été difficile à assurer.
Ce que l'on peut comprendre, car ils ne voulaient en aucun cas, revivre la même mésaventure qu'en 1993. Les Chalabroises et les Chalabrois auront été en mesure cette fois, de profiter de la fête jusqu'au bout, mais il aura fallu que l'O.P.V.C. utilise les grands moyens, au risque de se mettre hors-la-loi.
Samedi 17 avril 1993, Badaluc XXV parade sur les cours. Mais il est dit que son règne va être éphémère.
Au lendemain d'une nuit agitée, seul le plâtre et la chaussette de Badaluc XXV ont résisté au sinistre.
Aimé à la manoeuvre, Badaluc déambule sur les cours en toute confiance (Photos archives, Avril 1994).
L'OPVC avait pourtant mis les petits plats dans les grands, et la réception d'un invité de marque sous la halle offrait aux écoliers du groupe Louis-Pergaud, l'occasion de régaler l'auditoire avec " la Danse de l'ours ", "En ligno toutis en roun", et une pointe d'exotisme grâce "Au pays des cocotiers". Ces chants de carnaval, composés pour certains couplets par les enfants eux-mêmes, permirent une transition facile, la chorale "Eissalabra" interprétait alors "Badaluc est de retour", sur des paroles d'Edouard Garcia.
En soirée, le tour de fécos assuré par une fringante formation de l'OPVC, a emmené une multitude de masques sur un tour de ville balayé par un vent froid, humide, hélas désireux de prendre part à la fête. Les artisans de ce nouveau succès carnavalesque seraient trop nombreux à citer, nous demanderons à Sophie, Richard, Edouard, Francis, Thierry, Robert, Maurice, Yvon, les figures de proue en quelque sorte, de transmettre nos plus vives félicitations à toutes celles et ceux qui brûlent de remettre cela l'année prochaine. Badaluc XXVI est mort, vive Badaluc XXVII !
Un tribunal de bric et de broc.
Aladin en goguette sur le Cours d'Aguesseau.
La fête fut totale, malgré un final inattendu.
La main vissée à l'oreille droite, tel le disc jockey accompli, l'illustre invité d'avril sera charitablement promené le long des cours chalabrois, sur une musique assez éloignée de son registre de prédilection. Détail futile, car dans le même temps, Badaluc XLV jubilait à la vue de balcons et fenêtres pavoisés, sous les vivats de citoyens chalabrois honorés pour deuxième fois en ce faste mois d'avril. Ici et là, fusaient comme toujours, des commentaires médisants, façon "deux fois à huit jours d'intervalle, cela est peu". Qu'importe, les notes seront certes moins martiales que le samedi précédent, mais l'arrivée sous la halle ne sera rien moins que triomphale, les autorités rompues à l'exercice faisant assaut de témoignages de bienvenue, avant de remettre les clefs de la ville et d'accorder l'investiture au prince de Carnaval.
A l'annonce du verdict, certains ne pourront contenir leur colère.