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emile fitaire

  • Sur les bancs de l'école des Filles de Chalabre

    Deux courriers échangés en mars 1933 entre Marie-Jeanne Pons et le sous-préfet de Limoux, Marie-Jeanne Pons, veuve de Antoine Pons, jeune instituteur et syndicaliste tragiquement disparu le 26 mai 1932. Pour mémoire, depuis la rentrée scolaire de septembre 1978, le collège porte son nom. 

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                                                    Chalabre le 17 mars 1933

    Madame Vve Antoine Pons Directrice de l'école de filles de Chalabre à M. Le Sous-préfet de Limoux.

                                                           M. le Sous-préfet,

    J'ai l'honneur de solliciter de votre bienveillance l'autorisation de vendre en loterie, le 2 avril prochain, des ouvrages de lingerie exécutés par les élèves de l'école des filles de Chalabre. Le bénéfice de cette loterie est destiné à l'achat d'un matériel scientifique à l'usage des élèves.

    Veuillez agréer, Monsieur le Sous-Préfet, l'assurance de mon profond respect.

                                                    Mme Vve A Pons

    La demande ci-dessus est transmise à Monsieur le Sous-Préfet avec avis très favorable

             Chalabre le 17 mars 1933             Le maire : Fitaire

    marie-jeanne pons,émile fitaire

           20 mars 33

                          Le Sous-Préfet de Limoux

                          à Monsieur le Maire de Chalabre

    Comme suite à la demande du 17 mars courant, de Mme Vve Antoine PONS, Directrice de l'école de filles de Chalabre, j'ai l'honneur de vous faire connaître que bien que l'objet de la tombola projetée ne rentre pas exactement dans les cas d'exception à la règle générale de prohibition des loteries, je suis tout disposé néanmoins, en raison du but d'intérêt scientifique poursuivi et du fait également que les lots seront fournis par les élèves, à accorder l'autorisation sollicitée.

    Je vous prie de vouloir bien préalablement me faire parvenir la liste, ainsi que la valeur du matériel scientifique dont l'acquisition est prévue, afin que je sois en mesure de fixer dans l'arrêté à intervenir, le montant de l'émission des billets.

                                                         Autorisé le 23 mars 1933

  • Le Kercorb a l’oreille musicale

    emile fitaire,opvc,augustin sibra,rené berland,sonore,majestic,noveltyAu cours du mandat confié en 1931 à l'équipe municipale et à son premier magistrat Emile Fitaire, les Chalabrois désireux d'apprendre le solfège furent invités à se faire connaître auprès des services de la commune. Ce projet allait être favorablement accueilli d'autant que la méthode proposée était entièrement gratuite. Très vite une trentaine d'enfants vont régulièrement se retrouver au rez-de-chaussée de la mairie (actuel secrétariat) où Auguste Arnou (photo) s'évertue à leur transmettre sa passion pour la musique. Facile pour certains, hermétique pour d'autres, le dur apprentissage du solfège va en décourager plus d'un, si bien que les rangs s'éclaircissent devant la baguette improvisée mais néanmoins experte de M. Arnou. Quelques élèves réussiront à se familiariser avec les blanches, les noires et autres doubles croches, pour accéder à la récompense suprême, jouer d'un instrument de musique. Nos jeunes musiciens mettront alors leurs dons au service de la fête pour animer les bals, jusqu'à la guerre et l'interdiction de toute manifestation festive.   

    emile fitaire,opvc,augustin sibra,rené berland,sonore,majestic,noveltyBravant cet interdit, Augustin Sibra (photo) et ses amis solistes se retrouvent un soir à Philippou (près de la gare de Rivel) où ils ont été invités à animer un «bal clandestin ». Les accords finissent par attirer l'attention et une descente des gendarmes de Chalabre met fin aux réjouissances, les danseurs ont juste le temps de s'éclipser mais les musiciens et leurs instruments sont piégés par la maréchaussée. C'est la catastrophe, d'autant que certains d'entre eux risquent alors un départ vers l'Allemagne dans le cadre du service du travail obligatoire (STO).

    emile fitaire,opvc,augustin sibra,rené berland,sonore,majestic,noveltyParmi les musiciens se trouve Louis Amat, neveu de Marie-Jeanne Pons (photo), épouse d'Antoine Pons, laquelle intervient auprès de la brigade en soulevant un détail de taille : Philippou se trouve sur le territoire de l'Ariège, les gendarmes chalabrois sont donc intervenus sur un périmètre dont ils n'avaient pas la responsabilité. Plus grave, ils ont agit sans autorisation, celle que le commandant de brigade de Laroque-d'Olmes dont dépend le secteur, était le seul habilité à délivrer. En deux temps trois mouvements l'affaire est réglée, l'anecdote est rangée au fond du sac à partitions et nos musiciens signeront leur premier contrat d'après-guerre à Mérial puis Pomy, Rennes-le-Château, Coustaussa, et bien d'autres encore.

    Le Sonore ou le Majestic  seront le nom des formations animées par Augustin Sibra et ses partenaires, dans le même temps qu'un autre groupe chalabrois, cher à René Berland, Joseph Garcia, Gaston Costes, Hubert Barthoulot et Henri Quimeso, le fameux Novelty. Aujourd'hui les virtuoses de l'O.P.V.C ont pris le relais au pupitre, formés pour certains par Augustin et ses disciples. Et ce qu'ils ont surtout retenu, c'est que la gratuité du solfège fut en son temps, une belle initiative municipale.

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    Autour d'Augustin Sibra, les solistes du futur orchestre « Le Sonore »

    Debout de gauche à droite : Louis Jean, Josette Grivel, Augustin Sibra, Pierre Taillefer, Félix Calvène, René Salinas. Au premier plan : Henri Désarnaud, Armand Gabanou, Fernand Pont.