Le 28 janvier 1941, 253 militants syndicalistes étaient transférés vers le camp de St Sulpice la Pointe (Tarn), après avoir séjourné dans les baraquements du camp de Rivel. Moins connu que Rivesaltes, Gurs, Le Vernet d'Ariège ou le Récébédou, le camp de Rivel fut de 1939 à 1941 un centre de séjour où furent « hébergés » ceux que Pierre Laval ministre de l'Intérieur de Philippe Pétain considérait comme des « indésirables».
Ce transfert s'inscrivait dans la logique d'une politique qui consistait « à purger la France de ces éléments indésirables sans nationalité ». Après février 1939 et les camps du Roussillon, camps du mépris, l'engrenage devait s'accélérer avec un gouvernement de Vichy allant au-devant des désirs de l'occupant, pour faire de ces centres de rétention un lieu de transit vers les camps d'extermination.
Pour le devoir de mémoire et par respect pour les victimes de tous les totalitarismes, une cérémonie se déroulait le samedi 16 mai au pied de la stèle érigée en 1996 près des derniers vestiges du camp. Autour du comité de coordination des anciens combattants réunis à l'initiative de l'ARDIEP et de l'ARAC, le souvenir des internés a été honoré en présence de Jean-Paul Dupré député, Jean-Pierre Salvat maire de Rivel, Roger Rosich conseiller général, René Chort président de l'Anacr de l'Aude, Serge Pagès membre du bureau national de l'Arac, Marie-Ange Larruy pour le parti communiste ainsi qu'une délégation du Tarn.
Serge Pagès a transmis le message de l'ARAC
En l'absence d'Andrée Zdrojower souffrante, il revenait à Gaston Delpech de présider une cérémonie empreinte de simplicité, ponctuée par des interventions rappelant la stratégie subie par les victimes des camps d'internement du Midi de la France. Autant de lieux sur lesquels chacun était invité à remplir sans cesse le nécessaire devoir de vigilance : « Avec la menace du temps qui passe, les mots changent mais la réalité demeure ».

Le 64e anniversaire de la capitulation sans condition des derniers dirigeants du IIIe Reich et de la victoire des armées alliées sur les forces hitlériennes a été marqué par une cérémonie solennelle à laquelle se sont associés les élus de la municipalité, le conseiller général Roger Rosich, les associations d'anciens combattants, la gendarmerie avec le maréchal des logis chef Michel Canilhac, les sapeurs-pompiers de la caserne Jean Cabanier et les citoyens chalabrois. Le devoir de mémoire se partage et il doit aussi se transmettre, mais l'absence de ces jeunes écoliers ouvrant la marche en des temps peu lointains, passe de moins en moins inaperçue.

Chalabre a commémoré le souvenir des victimes et des héros de la Déportation, dimanche 26 avril, au cours d'une cérémonie très intime, en présence des corps constitués, des représentants de la municipalité et des associations. Les drapeaux déployés sous une pluie battante face au monument aux Morts ont rendu hommage aux martyrs de l'idéologie nazie, avant le dépôt de gerbe effectué au pied de la statue de Jean Magrou, par Christian Guilhamat maire de Chalabre. Ce dernier adressait ensuite un message en direction des jeunes générations, invitées à sauvegarder la mémoire des événements douloureux vécus par leurs aînés. Ainsi prenait fin une cérémonie empreinte de simplicité et d'émotion.