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Chalabre - Page 1670

  • Le temps des moissons

    Un poème de l'ami Bernard, et des mots pour nous emmener vers un été qui semble si lointain. 

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    (photo Maurice Mazon)

    Le temps des moissons

    Dans la plaine brûlante, les beaux épis bien blonds

    Ondulent sous la brise en cette fin juillet,

    Les prenant dans les mains, le grand père Léon,

    Constate qu’ils sont mûrs, il faut donc les couper.

     

    Il ne faut point tarder, et dès l’aube suivante,

    Avec sa faux tranchante, il a fait le passage

    Tout autour de ce champ de couleur éclatante,

    Car il ne veut rien perdre avec son attelage.

     

    Dès la soupe avalée, il attelle Pardou et Mascaré,

    Ces jolis bœufs gascons pour tirer la lieuse,

    Vers ce champ préparé avec tant de fierté

    De l’aurore au crépuscule avec ses mains calleuses.

     

    Du haut de mes huit ans, sur le siège installé, 

    Je guette et je surveille comme m’a dit Léon,

    Qui précédant ses bêtes et d’un pas cadencé,

    Sait les faire écouter sans besoin d’aiguillon.

     

    Le rythme est soutenu, tout marche à merveille,

    Les gerbes sont empilées en des tas réguliers,

    Protégées de la pluie mais offertes au soleil

    Pour quelques jours encore avant d’être gerbier.

     

    Tout autour, dans les champs fraîchement moissonnés,

    Tableau cher à Millet, on voit quelques glaneuses,

    Le fichu sur la tête, ramasser les épis oubliés,

    Le dos courbé, avec leurs pauvres mains rugueuses.

     

    Après c’est la charrette, les gerbes sont croisées et disposées

    D’une telle façon pour que le lourd chargement,

    Regagne sans encombre d’une allure chaloupée,

    Tout là-bas cette grange, ce lieu bien plus clément.

     

    Charrette après charrette, la grange est vite remplie,

    Alors sur cette place, la hyère, on élève le gerbier,

    Qui de formes élégantes et sans anomalie,

    Ressemble alors à une église dépourvue de clocher.

     

    Tout est bien à l’abri, il faut donc attendre

    Que la vieille batteuse après tant de services,

    Nous revienne au village en ce mois de septembre,

    Tirée par ce tracteur, moment toujours propice.

     

    Les voisins et amis sont alors avertis, le monde réquisitionné,

    Car en quelques semaines, il faut tout dépiquer,

    On commence chez Lucien, Eugène, puis Paul et le Roué,

    Ah, cette belle solidarité, on est loin d’en manquer.

     

    Il fait encore nuit, et dans le froid matinal,

    Il faut alors le chauffer et tourner la manivelle,

    Pour que le vieux tracteur démarre dans un bruit de métal

    Ce poumpoum régulier, drôle de ritournelle.

     

    Un contrôle par ci, un peu de graisse par là,

    Et la longue courroie fait tourner la machine,

    Et dès que le jour pointe, tout le monde est en bas,

    Chacun est à son poste, voisin et voisine.

     

    Tout en haut du gerbier, les hommes lancent les gerbes,

    Qui vite déliées plongent dans le batteur

    Par deux femmes actives séparant bien ces herbes,

    Leurs visages déjà noircis par poussière et sueur.

     

    Dans un bruit infernal, tout le monde s’active,

    Les hommes ont noué leur mouchoir sur la tête,

    Il faut faire attention dès que le soleil arrive,

    Mais très vite la poussière change leur silhouette.

     

    Posté sur le devant, Raymond fixe les sacs de jute,

    Pour recevoir ces grains, le bon pain de demain,

    Ils sont vite remplis et il faut être robuste,

    Pour les remuer et charger en quelques tours de mains.

     

    Quelques mètres plus loin, son frère Georges aiguille,

    Il connait le métier car il fait la campagne,

    Et la paille dorée, pressée, sous le soleil scintille,

    Mais les journées sont dures, on n’est pas loin du bagne.

     

    Au fond, il y a les forts, les costauds, les piliers rouge et noir,

    Qui avec un vieux sac retourné sur leur tête,

    Et le crochet de fer comme seul accessoire,

    Chargent les grosses balles, ce ne sont pas des mauviettes.

     

    Pour nous, les enfants du village, c’est une distraction,

    Nous sommes bien trop jeunes pour aider à la tâche,

    Alors on ravitaille tout le monde en boissons,

    Avec de l’eau bien fraîche et du petit vin qui tache.

     

    Ça y est, le vieux tracteur s’est tu, la journée est finie,

    C’est enfin le silence, et les hommes et les femmes

    S’enlèvent la poussière, et les yeux bien rougis

    S’en vont se rafraîchir afin de ressembler à Monsieur ou Madame.

     

    Là haut, chez Albanie, la table s’est agrandie,

    Car ce soir, il faut les régaler les vaillants travailleurs,

    Il y a de quoi manger, le jambon du cochon et le canard rôti,

    Les croustades et le vin du Pierret, il n’y a rien de meilleur.

     

    On sort quelques liqueurs, la bouteille d’eau de vie,

    On raconte quelques histoires et puis il y a les chanteurs,

    Qui sans se faire prier chantent leur mélodie,

    Ecoutés pieusement par tous les invités, ah, quel bonheur.

     

    Il ne faut point tarder car demain il faut recommencer,

    On boit le dernier café, on se fait le dernier canard,

    Puis on rentre chez soi, les muscles fatigués et la tête embrumée,

    Mais demain, dès six heures, ils seront tous là, sans retard.

                                                   Bernard, 2015

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  • Galerie de portraits

    Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui se rappellent avoir gravi marche après marche, lentement, ce grand escalier de la Maison Manaut, riveraine du Blau. La sonnette était synchro avec les aboiements d'un comité d'accueil canin, calé derrière une porte qu'il fallait se résoudre à ouvrir. Alors, depuis le fond de son couloir, Maurice Mazon vous invitait à entrer. Ci-dessous, quelques portraits de jeunes sportifs ayant fait le déplacement pour compléter une licence (Photos Maurice Mazon).  

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  • Retour sur les municipales… du 6 mai 1888

    Le jeudi 3 mai 1888, à trois jours des élections municipales à Chalabre, le quotidien le Rappel de l'Aude, publiait l’article mis en ligne ci-dessous (non signé). A la lecture duquel il apparaît que les candidats à la mairie battaient la campagne sur un registre beaucoup moins tempéré que celui que nous connaissons désormais. Le maire sortant s’appelait alors Paul Bézard.

    municipales chalabre

    municipales chalabre

    Il faut croire que le verdict du dimanche 6 mai fut défavorable à Paul Bézard et à ses colistiers, si l'on en juge par l'article (toujours non signé), publié le dimanche 13 mai suivant, et toujours dans le Rappel de l'Aude.

    municipales chalabre

  • Carnaval : On nous écrit depuis la chambre du tribunal de Tataoubas

    badaluc 2020

    (photo archives 21 avril 2019)

    Le texte qui apparaît ci-après a pour contenu une lettre ouverte de Mestre Dolentizo, à propos de sa Majesté Badaluc 2020. Pour les non-initiés, et comme il aime le rappeler à qui veut bien l'écouter, Mestre Dolentizo est « procureur général près le tribunal de Tataoubas, ex-interne de la faculté de droit du Villaret, ex-greffier du tribunal de commerce de Chatte (Isère) ».

    badaluc 2020

    (photo archives 16 avril 2017)

    «  Mesdames et Messieurs les Chalabrois,

    En cette période de crise, pleine d'incertitude et d'inquiétude, j'ai choisi de m'adresser à la population au travers du « pissa-papièr » local. Certes, j'aurais pu le faire plus tôt, mais les devoirs qui m'incombent en tant que représentant officiel du Ministère public au parquet du Tataoubas me contraignaient à un devoir de réserve, en rapport avec les élections municipales. Comme aujourd'hui, nous sommes tout « esturbits » à propos de ces élections, je me permets de m'adresser à vous par voie de presse.

    Je souhaite réagir à propos de la visite avortée de notre « invité » Badaluc LII, telle qu'elle a été commentée dans un article de la presse du coin paru le 25 mars dernier sous le titre « Carnaval : Badaluc annule sa réservation à l'hôtel Saint-Pierre ».

    Certes, je ne peux que m'associer aux encouragements que Badaluc transmet aux personnels soignants de la communauté. Leur tâche est difficile et il faut leur rendre hommage.

    Certes, le soi-disant monarque pourra demain s'abriter derrière les consignes gouvernementales de confinement pour justifier de sa défection. Je ne peux pas lui reprocher cela alors que j'ai personnellement donné ordre à la maréchaussée « d'empéguer » sans état d'âme tout quidam qui déambulerait à l'extérieur sans porter sur lui la fameuse photocopie, rédigée au stylo bille s'il vous plaît, et non au crayon à papier !!

    Mais, Chalabrois, Chalabroises, ne nous laissons pas attendrir comme un bout de viande par un imposteur. Disons la vérité : alors même que j'entends déjà la propagande carnavalesque nous promettre qu'il apporte avec lui un remède miracle venu d'on ne sait où, … le  « pailhassut » a eu peur de venir nous voir ! Voilà tout ! Quand on est invité, on honore l'invitation et on ne choisi pas l'éviction !

    Pour vous dire le fond de ma pensée, je suis très heureux qu'il ne vienne pas. De toute façon, j'aurais refusé son entrée sur le territoire communal, car cet individu risque de nous contaminer. C'est vrai ! On ne sait pas d'où il vient, on ne sait pas par où il est passé, on ne sait pas qui il a fréquenté, et certains voudraient qu'on l'accueille à bras ouverts en lui faisant des « potons ! ». Trop peu pour moi. Et puis, vous imaginez les postillons qu'il pourrait projeter depuis son altière mandibule ?

    En fait, disons-le clairement, Badaluc est un trouillard, un « pauruc ». Il a eu peur de se confronter au tribunal du Tataoubas dont je salue respectueusement notre vénérable et bien-aimé « Jutge Gafinaïre ». Le malotrus sait que l'administration judiciaire du Quercorb ne se laisse pas compter fleurette. Il sait aussi que les allumettes sont au sec. Il sait enfin que Mestre Refresco Barral, son avocat, est un con pétant.

    Mesdames et Messieurs, j'ai choisi de prendre certaines distances sociales avec Badaluc LII. Je vous conseille d'en faire autant ».

                                       signé Mestre Dolentizo

    badaluc 2020

    Gabriel, Roger, René et René

    (photo archives Années 1980)