Cette belle boule de plumes n’a pas fermé l’œil de la journée.
C’était un soir du mois d’avril, au cours duquel Chalabre finalisait le vote de son budget primitif 2012. Dans le même temps, d’étranges cris provenant des platanes du Cours Sully, prenaient de vitesse les douze coups de minuit égrenés par l’horloge de Notre-Dame. La nuit, c’est bien connu, tous les chats-huants sont gris, et il faudra attendre le petit matin avant que la nature de ce tapage nocturne ne soit identifiée. En guise d’exercice, le fils (ou la fille) de la Dame blanche des clochers d’église, choisira de perdre un peu d’altitude, pour venir se poser sur la terrasse du café des Sports. Ignorant superbement la loi, et l’interdiction faite aux tenanciers d’estaminets, de servir tout mineur quel qu’il soit.
Avec la lumière du jour revenue, ce petit pensionnaire inattendu, au bec et aux griffes déjà suffisamment acérées pour dissuader les curieux, va bénéficier de la bienveillance de deux petits voisins, accourus à son secours. Une assiette garnie d’un steak haché menu en main, et une fourchette dans l’autre, ces derniers auront tôt fait d’amadouer le beau petit oiseau de nuit. Certainement rassuré par la concordance de générations, ce jeune visiteur rassasié aura pu attendre un nouveau crépuscule, avec toute la sérénité qu’une panse bien remplie autorise.
1er rang de g à d : Robert Théron, Jean-Denis Navarro, José Navarro, Yves Gaubert, François Cully. 2e rang : Jean-Claude Sibra, Jean-Luc Marcel, Francis Ferrier, Jacques Garros. 3e rang : Jean-Pierre Brembilla, Alain Bigou, Jean-Georges Boyer.
Jean et Daniel en sont convaincus, le Saint-Barthélémy et le Soularac gardent encore une part de mystère.
Arrivé à hauteur de la vieille machine à vapeur, vestige d’une exploitation de talc datant de 1896 (photo ci-dessus), l’attention de Daniel, premier de cordée, sera attirée par un étrange alignement de pierres. Le trio revenait sur ses pas, un peu contraint, pour découvrir un épigraphe gravé sur dix-neuf pierres, posées à même le sol et surmontées d’une pierre vulvaire. Après lecture le doute n’était plus permis, les Chalabrois étaient en présence d’un « Monument-aux-Vivantes » (photo ci-dessous). A demi surprise, car ayant chanté quinze jours auparavant au pied du « Monument aux Bons Vivants » du Cazal, l’équipée reprenait son chemin. Arrivant d’abord à l’étang des Truites, puis à l’étang du Diable, enfin à l’étang Tort, ne restait plus qu’à franchir le Pas-de-l’Ours (2200 m) pour s’engager sur les derniers mètres qui allaient faire 2349 au sommet de ce cher St Barth.
L'étang du Diable, et Chalabre, dans le prolongement du déversoir.