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Patrimoine - Page 22

  • Des éoliennes à 1 km de Rivel : bienfait ou menace ?

    Sous ce titre, « Des Rivelois qui aiment leur village et le Quercorb » souhaitent engager le débat. Le texte mis en ligne et rédigé par leurs soins, fait également l’objet d’une parution sur le bulletin « Murmures du Riveilhou », une publication à laquelle sont très attachés nos voisins du Pays de Rivel.

    « Aujourd’hui en limite de Rivel, nous sommes confrontés au projet du parc industriel éolien de Sainte-Colombe. Dans ce contexte de crise énergétique et de transition, beaucoup de Rivelois s’interrogent. Les questions s’enchevêtrent et nous sommes en plein casse-tête. Que peut nous apporter ce projet ? Quels avantages pour notre commune et notre territoire ? L’éolien est-il vraiment une alternative écologique ? Les interrogations sont nombreuses et nous les partageons avec vous, lecteurs des Murmures du Riveilhou.

    murmures du riveilhou

    Simulation

    Alors que nous sommes tous conscients de la richesse et de la beauté de notre environnement jusque-là préservé, avec une biodiversité remarquable, au point que notre territoire communal est classé en zone Natura 2000, alors que le belvédère de Sainte Cécile (chapelle inscrite aux Monuments Historiques) nous offre une superbe vue panoramique sur notre village et le Plantaurel, devrons-nous laisser ce parc industriel éolien s’installer et défigurer ce paysage admirable ? Car il s’agit bien d’un parc industriel dans un milieu naturel et exceptionnel. Prévu au départ de 4 à 7 éoliennes, aujourd’hui il est question de 4. Mais demain combien sur le Plantaurel ?

    Le col des Bouichous pourtant à vocation agro-pastorale se verra-t-il bétonné ? Ça serait alors une artificialisation des sols dommageable avec la création d’une route d’accès à travers bois (6 à 8 m de large), d’une plateforme de montage et des socles de fondation énormes (*). Renseignements pris, les éoliennes c’est aussi un impact non négligeable sur la faune (rapaces retrouvés déchiquetés sous les pâles, perturbation des chauves-souris…).

    Après ces menaces certaines pour la nature et notre patrimoine paysager des plus précieux, subirons-nous des nuisances sonores comparables au bruit de fond d'une autoroute et des désagréments par les flashs lumineux (situés au haut des mâts) de jour comme de nuit ?

    Ne sommes-nous pas heureux de vivre loin de tout contexte industriel ? Alors pourquoi devrions-nous le subir. De plus, connaissez-vous des gens qui souhaitent acheter une maison proche d’un parc éolien ? Ce sont nos maisons qui vont perdre de la valeur sur le marché de l’immobilier. Devons-nous accepter cet état de fait ?

    On tente de nous convaincre par un pseudo-discours écologique que l’éolien est une énergie verte et vertueuse, nous n’en sommes pas si sûr. Non seulement la production électrique de ces machines est aléatoire, du fait de la non-maîtrise du vent, nous savons maintenant que le rendement des éoliennes est faible par rapport à l’investissement financier que cela représente. Alors, est ce une bonne chose qu’il y ait des fonds publics engagés de façon importante, en soutien à ce secteur privé ?

    L’Aude est déjà le département le plus doté d’Occitanie en parcs éoliens, plus de 290 ! N’est- il pas venu le moment de stopper ces projets destructeurs de nos magnifiques paysages et de renforcer plutôt les parcs éoliens existants ? N’y aurait-il pas une autre alternative telle que le photovoltaïque, moins impactant sur ce même site ? Nous attendons beaucoup des réunions publiques pour éclaircir tout cela. Nous soupçonnons une affaire plus économique que soucieuse de l’avenir et de notre environnement ».       « Des Rivelois qui aiment leur village et le Quercorb ».

    (*) En savoir plus :

    https://decrypterlenergie.org/betonisation-et-artificialisation-des-terres-quelle-contribution-de-leolien

    Pour information : Il existe une association de défense, présente sur le Chalabrais depuis plus de dix ans « Le Cri du Vent ». Voici son mail pour dialoguer avec eux ou pour adhérer :  lecriduvent.association@orange.fr

  • « Dormons braves gens, tout est calme ! »

    fluris

    « Retournes-toi dans ta tombe, Fluris ». Pour parodier un des mille et un succès de quatre garçons dans le vent, il faut imaginer Fluris se retournant dans sa tombe au soir de ce mardi 13 décembre 2022, tandis que l’ancienne halle aux blés attend en vain la troupe des « arrossegaïres ». Car ce soir, la troupe de tireurs de traîneaux a encore oublié le rendez-vous. Cette absence répétée au fil de ces dernières années, finira-t-elle par porter le coup fatal à une tradition séculaire ? Bruyante commémoration à laquelle ont sacrifié avec bonheur et constance, des générations de Chalabroises et de Chalabrois.

    Là-bas devant la halle, la stèle née à la faveur du tricentenaire de la mort de Fluris est restée de marbre, devant autant d’indifférence. « Uèi fa les ans que tuèron Fluris ! ». D’accord, et alors ? Même l’écho n’a pas daigné répondre, seul un silence retentissant a pris le relais, silence à la faveur duquel reviennent quelques mots d’en Josep : « Demain Fleury, sous les chrysanthèmes fanés d’un arrière été de la Saint-Martin, s’endormira définitivement. Il aura vécu trois cents ans, avant d’être enseveli sous une culture uniformisée, mondialisée ».

    Bien sûr, le reste de la nuit a été sereine. Mais il paraît qu’au douzième coup de minuit, sur le pavé luisant des cours, la tradition s’est transformée en citrouille. « Roll over Fluris ! ».

  • C'était hier : Le fantôme de « Fluris » est de retour sur les cours

    L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du jeudi 13 décembre 2007. L’occasion de rappeler que ce 13 décembre 2022 ne devrait pas être un jour comme les autres, tout du moins à Chalabre…  

    fluris,patrick lasseubePatrick Lasseube a retrouvé ses amis autour du mystère Fluris (Photos archives, Décembre 2007).

    Que reste-t-il de la légende de « Fluris », 310 ans jour pour jour après une soirée de Sainte-Luce consacrée à la fête de la lumière, et mise à profit par certains pour envoyer le sieur Jacques Fleury au tréfonds des ténèbres ? Comme chaque année à la date du 13 décembre, Chalabre et les Chalabrois ont rendez-vous avec la tradition, invités à faire du bruit, beaucoup de bruit, rien que du bruit. Au fil des ans et des lustres pourtant, l’image de Fluris s’est fanée et l’avenir du charivari est plus qu’incertain.

    Certains ont depuis longtemps déjà, entériné la deuxième mort de Fluris, mais le cœur du « chirbilhi » bat encore un tout petit peu. Pour preuve, la soirée organisée dernièrement au théâtre municipal par Noëlle Danjou et Sophie Jacques, et dont l’invité était Patrick Lasseube, auteur d’un excellent travail de recherche sur ce charivari unique, réalisé dans les années 1980. Images d’hier et témoignages sonores de Chalabrois aujourd’hui disparus, auront empli le théâtre municipal d’une atmosphère troublante, assez pour faire frémir le linceul de Fluris.

    fluris,patrick lasseube

    Après cette émouvante immersion dans le passé, le public présent engageait le débat, l’occasion de dresser un état des lieux de la société locale à travers le prisme de la célébration de Fluris. La veillée se poursuivait autour d’une corbeille d’oreillettes, d’un chaudron de vin chaud et de chaleureux remerciements à l’adresse de Patrick Lasseube, dépositaire d’un fabuleux trésor.

    Ce soir, les « arrossegaïres » sont attendus sous la halle au blé, à l’endroit même où officia le sieur Jacques Fleury, contrôleur à la chambre à sel de Chalabre. « Vei fan les ans que tueron Fluris ! », et comme dit l’ami Robert, « Asclaïres s’abstenir ! ».        

  • C'était hier : Sainte-Luce : Les « arrossegaïres » privés de château

    L'article mis en ligne avait paru dans l’édition de l’Indépendant du samedi 6 décembre 1997. Cette année-là, Chalabre s’apprêtait à célébrer le Tricentenaire de la mort de Fluris. Le « Comité du Tricentenaire » créé pour l’occasion avait proposé d’agrémenter le charivari annuel, d’une marche symbolique et pacifique, qui emmènerait les tireurs de traîneaux jusqu’au pied des murailles grises du château de Mauléon, comme au bon vieux temps. Une proposition qui partait d’un bon sentiment mais qui au final restera dans les cartons. 

    fluris,anne de vilette

    Emmenée par Gérard Roncalli (au 2e plan), la bruyante commémoration observe une halte devant la gendarmerie

    Photo archives, Années 1970

    Une tradition dans la tradition veut que le parcours emprunté par les « arrossegaïres », fasse un détour symbolique au pied des tours du château de Mauléon. Histoire de rappeler que ce diable de Fluris aurait eu maille à partir avec les descendants des comtes de Bruyères, seigneurs des lieux. Une coutume abandonnée depuis plusieurs lustres certes, mais que le collectif pour le Tricentenaire avait espéré rétablir en cette année 1997. Seul manquait l’aval de Mme Anne de Vilette, héritière de la maison Mauléon-Narbonne, auprès de laquelle une demande d’autorisation fut formulée au mois de novembre dernier. Vaine requête si l’on en croit le pli adressé par retour de courrier et dont voici le bref contenu dans son intégralité :

    « Je suis très sensible à la teneur de votre lettre et à la permission qu’elle réclame pour fêter le tricentenaire de Fluris, le 13 décembre prochain. L’écho paru dans les journaux locaux depuis une quinzaine d’années à ce sujet, n’a fait état que de désolation et regrets devant les débordements de ce charivari qui semble donc ne plus refléter uniquement son aspect folklorique. En conséquence, j’ai le regret de ne pouvoir donner une réponse favorable à votre demande. De plus cette année, vu les circonstances, cette manifestation risquerait d’occasionner des désordres incontrôlables. Vous, pour me l’avoir demandée et moi pour vous l’avoir accordée, nous serions les premiers à le regretter. En vous remerciant de votre compréhension, je vous prie de croire à mes sincères salutations…Signé : Mauléon Narbonne Vilette. »

    Quoiqu’il en soit de la véritable personnalité de Fluris et des motifs de sa mort violente, une chose parait certaine : les milliers d’enfants de Chalabre qui depuis près de trois siècles se retrouvent dans ce « tonitruant et pacifique cortège » (Roger Boutellier), doivent avoir beaucoup de peine à se retrouver dépeints en un si noir tableau.