Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

fluris - Page 6

  • Le Sieur Jacques Fleury joue avec les siècles

    fluris

    Charivari de Fluris, 13 décembre 1993

    « Errare humanum est, perseverare diabolicum ! ». Ce qu'il faut traduire après consultation d'un latinophile averti, « Se tromper est humain, persévérer dans l’erreur est diabolique ! ». En effet, et « canal81 » le souligne à juste raison, Fluris ne fut pas un contemporain de Louis XIII mais plutôt un sujet de Louis XIV. Cette erreur, déjà commise dans un article commis en 2004, et c'est en cela qu'elle devient, 17 ans après, diabolique, avait valu au correspondant local, de recevoir à son domicile, un mystérieux et anonyme message. L'enquête menée à cette époque avait été longue et difficile, mais au final, l'auteur de la lettre avait pu être identifié. La prescription jouant en sa faveur, nous ne divulguerons ici que les initiales de son patronyme : MR. Vingt ans après... ou presque, un autre indice permettra d'établir l'identité de ce résidant du cours Colbert, qui se trouve être un membre éminent de la chorale chalabroise. 

    Ci-dessous, la transcription de l'énigmatique courrier, lequel avait valu quelques nuits blanches à son destinataire : 

    « Nos royales oreilles ont été importunées, agacées, choquées, scandalisées par la rumeur d’un écrit paru dans une gazette provinciale et publiée dans une contrée méridionale située aux marches pyrénéennes de notre royaume, et plus connue sous le nom de Kercorb ou Terre Privilégiée (ainsi qu’il apparaît sur la devanture d’un herboriste et apothicaire local).

    Notre intendant général nous a informé sur ces faits regrettables et nous apprenons à notre grande et douloureuse stupeur que, en l’an du Seigneur 1697, notre dévoué contrôleur des gabelles le sieur Fleury fut navré et occis de male mort en la cité orgueilleuse de Chalabre. Mais il y a pire. La gazette affirme dans ses colonnes que, en l’an du Seigneur 1697, régnait sur la France notre très chrétien et vénéré père Louis XIIIe du nom. Or tout le monde sait que notre très chrétien et vénéré père Louis XIIIe du nom naquit en 1601et trépassa à l’âge de 42 ans en l’an du Seigneur 1643. Par conséquent notre très chrétien et vénéré père Louis XIIIe du nom n’aurait pu régner en l’an du Seigneur 1697. Cette erreur est inadmissible, véritable crime de lèse-majesté étant donné que nous, Louis XIVe du nom par la grâce de Dieu régnons sur la France depuis l’an 1643 et exerçons notre divin pouvoir depuis le trépas de notre très estimé Cardinal Giolo Mazzarini en l’an du Seigneur 1661.

    Par conséquent, le Seigneur Hugues des Arcis sénéchal de Carcassonne est chargé de constituer une chambre ardente qui siègera au château comtal de la Cité. Elle aura toute latitude pour ouïr et interroger par question ordinaire si nécessaire, le responsable de cette abomination. Le Seigneur Hugues des Arcis nous rendra compte personnellement des résultats de son enquête, afin que le coupable soit identifié, saisi au corps par les exempts et châtié à proportion de la gravité de sa faute ».

    Si elle a le grand mérite de rétablir une vérité historique, cette lettre ne résout pas le mystère de « Fluris ». Ne reste plus à espérer qu'en ce lundi 13 décembre 2021, les cours Colbert, Sully et d‘Aguesseau, résonnent encore d'un « Vei fan les ans que tueron Fluris ! ».

  • C'était hier : Les descendants de Fluris se préparent

    L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du mercredi 12 décembre 2001. Apercevoir en ce lundi qui vient, les enfants de Chalabre rassemblés en « un étrange et tonitruant cortège », l’espoir reste permis.

    flurisLe pavé chalabrois va résonner de mille bruits (Photos archives, Henriette Brembilla, 13 décembre 1996).

    Samedi à la tombée de la nuit, un grondement sourd va emplir les rues chalabroises à l’occasion de la 304e célébration de la mort de Fluris, victime d’un mauvais coup dans la nuit du 13 au 14 décembre 1697. Braconnier, prêtre, paysan ou collecteur d’impôt, l’identité du sieur Jacques Fleury, enterré dans le cimetière de la paroisse chalabroise reste une énigme. Pourtant, le souvenir de celui qui fut le contemporain d’une France sur laquelle régnait Louis XIII, est resté intact dans l’imaginaire chalabrois. Unique certitude, les « arrossegaïres » (du verbe arrossegar, traîner à terre), ont fait le nécessaire pour réaliser la confection du traîneau et préserver du même coup la tradition qui fait du « Fluris », le plus vieux charivari d’Europe. Bidons, vieilles casseroles, tout y passe, sortant des caves et des greniers, pour briller de mille étincelles sur le pavé chalabrois.

    fluris

    Ainsi tous les petits enfants de Chalabre et ceux qui le restent, seront samedi 13 décembre dans la rue. Rendez-vous à la tombée de la nuit sous la halle, pour faire du bruit, beaucoup de bruit, seulement du bruit, pour que la fête soit plus bruyante et plus vivante que jamais. Et comme dit l’ami Robert «  Asclaïres, s’abstenir ! ».

    fluris

    fluris

    En route pour le Cazal

    L'écho ci-dessous, publié dans un quotidien des années 1975, offre encore une autre version de la mort de Fluris.

    fluris

  • C'était hier : Les petits-enfants de Fluris ont battu le pavé

    L'article mis en ligne avait été publié sur le blog, en date du mercredi 23 décembre 2015

    Une célébration plus que tricentenaire a été vécue par de très jeunes Chalabrois. Un sacré charivari a résonné dans le village. 

    flurisIls ont fait Fluris ! (Photos archives, Décembre 2015).

    Dimanche 13 décembre, jour de Ste Luce, à l’heure où les Chalabrois en terminaient avec leur devoir civique, une joyeuse cohorte de bambins emmitouflés dans la tradition s’élançait dans la pénombre des couloirs du temps.

    flurisDepuis l’ancienne halle aux blés, en passant pars les cours Colbert, Sully et d’Aguesseau, le souvenir du Sieur Jacques Fleury, collecteur d’impôt occis un certain 13 décembre 1697, a été ravivé dans une ambiance très bonne enfant. Il faut dire que la moyenne d’âge des « arrossegaïres » (tireurs de traîneaux) était exceptionnellement basse. Qu’importe, la fascination n’attend pas le nombre des années, et les traîneaux virevoltant sur le pavé ont offert à cette célébration plus que tricentenaire, son caractère festif, l’objectif étant de faire du bruit, beaucoup de bruit, et rien que du bruit.

    A grand renfort de « Vei fan les ans que tueron Fluris ! », les compagnons du charivari de Fluris ont perpétué la tradition, vieille de 318 ans. L’heure était venue de rejoindre la table familiale où une bonne soupe, salée juste ce qu’il faut, allait ranimer les petits organismes mis à rude épreuve.

    fluris

    Doudou et traîneau, la panoplie du parfait petit « arrosegaïre »

    fluris

    fluris

    fluris

    fluris

    fluris

  • La stèle de Fluris a rejoint la halle

    fluris,ets escande,il était une fois chalabreCédric, Bernard et Jérôme ont assuré la mise en place de la stèle.

    En décembre 1997, la place du lac accueillait un superbe monolithe destiné à célébrer le Tricentenaire de la mort, à 48 ans, de Jacques Fleury, contrôleur au grenier à sel de Chalabre.

    fluris,ets escande,il était une fois chalabre

    La stèle sur la Place du Lac (photo archives Juin 2007)

    Mise en place à l’initiative de l’association Il était une fois Chalabre, cette cérémonie inaugurale avait alors permis aux « arrossegaïres » (tireurs de traîneaux), de remplacer une tombe absente par un tombeau symbolique, où le nom de Fluris, tels que les Chalabrois le nomment, serait inscrit. Et chaque 13 décembre, depuis 22 ans maintenant, la stèle faisant face au donjon du château de Mauléon, recevait la visite nocturne et bruyante des artisans du charivari de Fluris.

    Mais à la fin de l’automne 2019 et à quelques semaines d’un 322e rendez-vous avec la tradition, la décision était prise de déplacer le symbole en granit vers le centre de la cité et la halle. Là-même où Jacques Fleury, aurait « détourné sur chaque minot de sel vendu, un peu de sel qu’il vendait aux gens de Limoux et Mirepoix au prix fort ». Il est utile de rappeler qu’en ce temps là, « le sel était à Chalabre le moins cher de toute la province du Languedoc. Certains contrôleurs en poste à la chambre à sel de Chalabre ne purent résister à la tentation de tirer profit de cette situation particulière » (Patrick Lasseube, 1987).

    fluris,ets escande,il était une fois chalabre

    Et c’est ainsi que par les bons soins de Jérôme Escande, assisté de Cédric Courdil et Bernard Sariège, des services techniques municipaux, la stèle destinée à pérenniser le souvenir de Fluris, a quitté son socle originel, pour se dresser désormais Place Espérance Folchet. Une stèle entièrement et gracieusement restaurée par l’entreprise Escande, à laquelle l’association Il était une fois Chalabre adresse de chaleureux remerciements, ainsi qu’à la municipalité.

    fluris,ets escande,il était une fois chalabre

    fluris,ets escande,il était une fois chalabre