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  • Braconnier, prêtre, paysan ou fonctionnaire du roi ?

    flurisLa légende de Fluris court dans les allées du château de Mauléon.

    S’il est en Kercorb une question qui ne manque pas de passionner les citoyens chalabrois, chaque année aux alentours du 13 décembre, c’est sans conteste le mystère qui entoure le personnage de Fluris, disparu dans des conditions à tel point controversées, qu’elles lui ont au fil du temps, conféré le statut de héros légendaire. Bien sûr, la célébration de l’anniversaire de la mort de Fluris, fêtée bruyamment chaque année, reste une énigme mais les Chalabrois désirent-ils vraiment connaître la vérité ? Une seule certitude, établie grâce aux archives communales, le Sieur Jacques Fleury né à Montpellier est bien mort à Chalabre, le 13 décembre 1697 au soir et enterré dans le cimetière de la paroisse le 15 décembre, « avec les prières et les cérémonies prescrites ».

    Dans les bois du château de Mauléon ? Dans la rue du Presbytère, Où, pourquoi et qui a tué Fluris ? Depuis lors, les rues chalabroises s’emplissent une fois par an d’un vacarme assourdissant, pour devenir le théâtre d’un charivari monstre au cours duquel jeunes et moins jeunes viennent protester contre la mort violente de Fluris.

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    Fluris 2015

    « Ni guerre, ni épidémie, ni occupation n’ont pu interrompre cette bruyante commémoration. Par le seul pouvoir d’une tradition si lointaine et pourtant tellement présente qu’elle réduit le temps à un instant de vie, je me vois sans effort marchant dans les rues de Chalabre au milieu des milliers d’enfants qui au cours des siècles se sont retrouvés dans cet étrange et tonitruant cortège ». Cette évocation de « Fluris » dont l’auteur est bien sûr Chalabrois, est extraite du discours prononcé le 3 janvier 1985 par M. le substitut général Roger Boutellier, lors de l’audience solennelle de rentrée à la cour d’appel de Toulouse. Elle démontre si besoin était, combien le personnage de Fluris occupe une place privilégiée dans la mémoire collective des gens du Kercorb, et il serait de fait surprenant que l’année 2019 tourne le dos à cette fantastique tradition. Rendez-vous sous la halle de Chalabre le vendredi 13 décembre à la nuit tombée, à vos traîneaux, et « méfi al rambalh ! ».

  • C’était hier : Sainte-Luce et Fluris unis dans un même charivari

    L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du lundi 24 décembre 2007.

    flurisFourbus mais heureux, les enfants ont « fait Fluris » (Photos archives Décembre 2007).

    L’ancienne halle aux blés a retrouvé en ce deuxième jeudi de décembre, sa cohorte de bouillants « arrosegaïres » toujours plus jeunes et toujours plus motivés. Après un bref tour de chauffe sur les dalles, et à défaut de fusil, ce sont les cloches de Notre-Dame qui donnaient le coup d’envoi du charivari version 2007.

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    Dès les premiers mètres, le pavé chalabrois étincelait dans la nuit noire, boîtes de conserve et autres ustensiles métalliques virevoltaient en autant de feux follets. Un brouhaha soutenu et intermittent allait ainsi fournir le spectacle, entrecoupé de pauses salutaires et mises à profit pour rappeler au quidam interrogateur, « Vei fa les ans que tueron Fluris ! ». Trop petits pour monter au château de Mauléon ou pour aller se recueillir sur la stèle du Tricentenaire, les nouveaux disciples du « chirbilhi » (adaptation selon Josèp), auront tout de même envahi les cours avec un bonheur certain, de la rue Saint-Ursule à la rue Saint-Antoine en passant par la rue Sainte-Anne.

    Tout cela sous la bienveillance de Sainte-Luce, patronne des couturières, qui ne serait patronne des électriciens que bien plus tard, et qui pouvait jeter un clin d’œil prévenant vers l’âme en peine du Sieur Jacques Fleury. Dans un ciel étoilé à souhait et en ce jour anniversaire, trois cent dix bougies brillaient de mille feux. L’horloge de Notre-Dame indiquait l’heure de rentrer au bercail pour une soupe bien chaude, mais avant, les enfants scandaient un dernier « Vei fa les ans que tueron Fluris ! ».

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  • Sous le château de Mauléon,... la Place Fluris

    L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du vendredi 26 décembre 1997. Vingt ans après la célébration de son Tricentenaire, et en cette année 2017 qui se termine, les 320 bougies de l’anniversaire du Charivari de Fluris n’auront pas été soufflées. Un 13 décembre ordinaire, dans les rues de Chalabre.

    flurisLe cortège fait une halte à la Croix-des-Missions (Photos archives, 13 décembre 1997).

    Le soleil vient de disparaître derrière les collines du Kercorb et dans un crépuscule naissant, les Chalabrois se sont retrouvés afin de célébrer le 300e anniversaire de la mort de Fluris. En ce jour de Sainte Luce, la tradition a donné rendez-vous à l’Histoire : tandis que Paris en termine avec un soulèvement contre la politique fiscale du cardinal Mazarin, un vent de fronde semble souffler à la surface des eaux froides du lac chalabrois. Le Sieur Jacques Fleury en est la cause, collecteur d’impôts de son état, et maître du mystère depuis trois siècles. Le samedi 13 décembre 1997, emmitouflés dans la tradition, les enfants de Chalabre ont consacré un monument à la mémoire de leur héros, un événement qui a mis en lumière la réalité d’une histoire d’amour à l’issue tragique. Fluris était un héros shakespearien, Roméo transis d’amour pour sa Jeanne. Mais les jaloux et les gens mal intentionnés eurent tôt fait de l’envoyer « ad patres ». Fallait-il punir ces empêcheurs d’aimer en rond ? Que seraient aujourd’hui sans eux, nos « arrosegaïres » invétérés ? Pouvons-nous imaginer ce que furent ces galants et secrets rendez-vous et ce qu’il advint du fruit de ces amours ? Fluris mourut-il du péché de chair, Fluris est-il irrémédiablement mort ?

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    Torturée depuis trois siècles, l’âme de Fluris aura peut-être trouvé le repos au pied de cette stèle inaugurée samedi à une portée de mousqueton des tours du château. Magistralement entouré par les virtuoses de l’OPVC et les superbes voix de la chorale Eissalabra, le comité du Tricentenaire et un mystérieux revenant ont dévoilé un granit propre à pérenniser le charivari de Chalabre, sur cette place qui porte désormais le nom de Fluris. Le soir, à l’heure dite et 300 ans plus tard, plus de trois cent « arrosegaïres » ont investi les rues chalabroises en un tonitruant et pacifique cortège. Il faut imaginer Fluris heureux.

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    Les chœurs d'Eissalabra

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    Inauguration de la stèle à la mémoire de Fluris

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    Un mystérieux revenant en ce jour anniversaire

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    Le Comité du Tricentenaire au pied de la stèle

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    « Vei fan les Ans que tueron Fluris ! »

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    Le tonitruant cortège s'engage sur l'avenue Auguste-Cathala

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    Au pied de la stèle, un « arrosegaïre » harangue ses compagnons de charivari

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    Camille Amat a fait ressurgir toute la magie du mythe de Fluris 

  • C'était hier : « Charivari de Fluris » : Patrick Lasseube a mené l'enquête

    L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du dimanche 2 décembre 2007.

    patrick lasseube,flurisEn 1997, Patrick Lasseube (assis au centre) avait participé à la célébration du tricentenaire de la mort de Fluris (Photo archives Décembre 1997).

    « Vei fan les ans que tueron Fluris ! » Chaque année au soir du 13 décembre, jeunes et moins jeunes participent à un tapage nocturne et pacifique consistant à battre le pavé en traînant des objets métalliques. Un « rambalh » qui perpétue le souvenir d’une mort violente, celle du Sieur Jacques Fleury envoyé « ad patres » un soir de décembre 1697, et dont on ne sait pas vraiment s’il était curé, braconnier, contrôleur de l’impôt du sel, bûcheron, valet du comte ?

    patrick lasseube,flurisUn mystère vieux de trois siècles que Patrick Lasseube, gascon d’origine, tentait de percer durant l’été 1984, aiguillé dans ses recherches par ses amitiés chalabroises et l’ethnologue Daniel Fabre. Ainsi commençait une grande enquête ayant pour but de collecter non pas l’impôt, mais les témoignages locaux auprès des doyens de la capitale du Kercorb. Conseillé par le département d’enseignement supérieur d’audiovisuel de Toulouse Le Mirail, Patrick Lasseube allait réaliser un remarquable diaporama, véritable outil informatif mis au service d’une vérité historique à dépoussiérer.

    Présenté en avant-première au mois de mars 1988 devant un parterre de Chalabrois attachés à la tradition, ce montage sera présenté le jeudi 6 décembre prochain, à 13 h 30, aux élèves du collège Antoine-Pons et de l’école Louis-Pergaud. La projection aura lieu au théâtre municipal et sera suivie d’une deuxième séance pour adultes et grands enfants, à partir de 20 h 30. Patrick Lasseube présentera son travail de recherches aux côtés de ses amis Roland, Bernard et Jean-Marie, amoureux des traditions et curieux d’en savoir plus, tout comme les générations de Chalabrois qui se sont succédé au rythme d’un « chirbilhi » annuel, défoulement sonore à la mémoire de Fluris.

    patrick lasseube,fluris

    Quand le fantôme de Fluris dévoile une stèle à sa mémoire (Photo archives Décembre 1997).

    patrick lasseube,fluris

    Archives, Théâtre municipal 6 décembre 2007

    patrick lasseube,fluris

    Archives, Théâtre municipal 6 décembre 2007

  • C'était hier : Trois siècles de charivari

    L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du mercredi 22 octobre 1997.

    flurisLe comité du Tricentenaire s‘est penché sur la vie de Fluris (Photo archives, octobre 1997).

    « Le Sr Jacques Fleury de Montpellier, contrôleur au grenier à sel de Chalabre est mort le treizième et a été enseveli le quinzième décembre 1697 dans le cimetière de cette paroisse avec les prières et les cérémonies prescrites ». Cet acte de décès extrait des archives communales de Chalabre représente l’unique certitude historique permettant d’identifier le personnage « Fluris ». Tout le reste demeure : qui l’a tué ? Pourquoi ? Trois cent ans ont passé et nul n’a réussi à ce jour à éclaircir les circonstances de cette disparition.

    flurisComme le démontre Patrick Lasseube à travers ses recherches menées en 1987 sur le Charivari traditionnel de Chalabre, la vérité se trouve enfouie dans la mémoire collective chalabroise. Mais de contradictions en hypothèses originales, la légende n’a jamais cessé de croître, si bien que Fluris aujourd’hui identifié n’est toujours pas démystifié. Huit semaines nous séparent à présent de la Sainte-Luce, date à laquelle les Chalabrois vont réveiller la mémoire de leur héros légendaire, mort il y aura exactement 300 ans, le samedi 13 décembre prochain (Ci-contre, l'œuvre de Camille Amat († Avril 2010), créée pour l'événement).

    Réuni jeudi dernier à la mairie, cours Sully, un comité impromptu s’est penché sur le passé mouvementé de ce cher Fluris, afin d’évoquer ce que sera la célébration du charivari millésime 1997. Abandonnée depuis des lustres, l’idée d’une marche symbolique et pacifique a longuement été évoquée, qui emmènera « l’étrange et tonitruant cortège », jusqu’au pied des murailles grises du château des Mauléon. D’ores et déjà, dans l’intimité des caves et des greniers, petits et grands s’affairent car il faudra être prêt, à l’heure où le premier coup de fusil va déchirer la nuit du Kercorb, la nuit du Tricentenaire : « Vei fans les ans que tueron Fluris ! ».                 

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  • Le fantôme de Jacques Fleury est de retour

    flurisUn bruit sourd et inquiétant devrait monter crescendo dans les rues de la cité (photo archives, 13 décembre 2014).

    Mardi 13 décembre, jour de Sainte Luce, un grondement sourd va emplir les rues, à l’occasion de la 319e célébration de la mort violente de Jacques Fleury, victime d’une mauvaise rencontre au soir du 13 décembre 1697, à l'âge de 48 ans. Mieux connu sous le nom de « Fluris », le personnage alimente une polémique vieille de trois siècles, que chaque mois de décembre ressuscite.

    « Monsieur Fleury, qu’alliez-vous faire dans la rue Porte d’Aval ? ». Prêtre, braconnier, contrôleur au grenier à sel, « sauta-barralhas », l’homme aurait séduit une jolie veuve de bonne famille, une infamie à l'issue fatale. Depuis lors, des générations de Chalabrois se retrouvent en « un tonitruant et pacifique cortège ». Qui pour exiger une réhabilitation posthume, qui pour ajouter une bûche supplémentaire dans le feu qui brûle en enfer.

    Comme l’indiquent les affichettes qui ont pu fleurir sur les murs du village, les « arrossegaïres » ont rendez-vous mardi 13 décembre à 18h 30 sous la halle. Pour faire du bruit, beaucoup de bruit, seulement du bruit, car « Vei fan les ans que tueron Fluris ! ». Et comme disait l’ami Robert, « Asclaïres, s’abstenir !».

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    Un jeune trio contraint de faire une réparation de fortune (photo archives, 13 décembre 1996).

  • C'était hier : Charivari de "Fluris" : Les "arrosegaïres" ont rendez-vous

    L'article mis en ligne aujourd'hui, avait été publié le vendredi 10 décembre 2004 dans les colonnes de l'Indépendant.

    fluris,aspakUne halte est prévue au pied de la stèle de la place Fluris, inaugurée en 1997 lors du tricentenaire (Photo archives, 13 décembre 1997).

    Lundi 13 décembre sera célébré le 307e anniversaire de la mort du Sieur Jacques Fleury, victime d'un mauvais coup dans l'obscurité de la nuit du 13 au 14 décembre 1697. Braconnier, prêtre, paysan ou collecteur d'impôt, l'identité de "Fluris" enterré dans le cimetière de Saint-Pierre reste une énigme. Ce qui renforce dans l'imaginaire des Chalabrois, le souvenir de celui qui fut le contemporain d'une France sur laquelle régnait Louis XIV. L'Aspak (Association de sauvegarde du patrimoine artistique en Kercorb), désireuse de s'associer à l'hommage qui sera rendu à "Fluris", invite tous les accros de "Chirbilhi" (Merci Josep), à se retrouver place Espérance Folchet en ce jour anniversaire, jour de Sainte-Luce. Bidons, vieilles casseroles, chacun est invité à fureter de la cave au grenier, tout doit y passer pour que le pavé chalabrois étincelle de mille feux.

    Rendez-vous de 17 h à 17 h 30 sous la halle, où un atelier de confection des traîneaux sera à la disposition des "arrosegaïres" en herbe et des autres. Le cortège s'élancera vers 18 h pour un pacifique charivari, pour faire du bruit, beaucoup de bruit, seulement du bruit. Pour que cette fête séculaire soit plus bruyante et plus vivante que jamais. La dislocation du cortège interviendra aux alentours de 19 h 30, selon une tradition dans la tradition. Et comme dit l'ami Robert : "Asclaïres, s'abstenir".