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C'était hier - Page 679

  • L’an Un à l’école Louis-Pergaud

    école louis-pergaud chalabre,jeanne juliani,mme legoff,henriette sauratLa classe de Madame Legoff en 1956.

    Debout sur le banc, de gauche à droite : Fabienne Voltes, Suzanne Fournier, Jacques Martinez, Chantal Fournès, Anne-Marie Huillet, Jean-Claude Baby, Simone Sanchez, Gérard Calbo. 3e rang debout : Alain Castelnaud, Elisabeth Villena, Jean-Paul Subreville, Josiane Calvet, Aline Ilhat, Simone Rigaud, Christian Moralès, Suzanne Dombris. 2e rang assis : Michèle Fournier, Claude Laffont, Marie-José Castelnaud, Robert Voltes, Francette Ferrier, Francine Sanchez, Marie-Anne Baby, Bernard Marty, Marie-Hélène Huillet. 1er rang assis : Isabelle Saraseca, Raymond Fournès, Jacky Muros, Catherine Martinez, Richard Conte, Michel Maugard, Inès Rodriguez.     

    Dans la grande cour de ce qui est aujourd’hui devenu l’ancienne école des filles, le vieux marronnier géant attend la récréation et sa ribambelle de joyeux écoliers. Mais en vain car en ce début d’automne 1956, les bambins de la communale ont déserté le préau de la rue du cinéma, pour aller jouer à Colin Maillard dans une cour toute neuve où il manque peut-être un peu de verdure. Les petits élèves de Madame Legoff, laquelle veillait alors aux destinées de l’école maternelle avec Madame Jeanne Juliani, posent ainsi dans la cour de leur toute nouvelle école, qui ne prendra que beaucoup plus tard le nom de Louis-Pergaud.

    Les petites Chalabroises et les petits Chalabrois se reconnaîtront et se souviendront de cette période teintée d’insouciance pendant laquelle la ludique pratique des bûchettes, n’était en réalité qu’un moyen sournois pour les amener sur le terrain miné des robinets qui fuient et des trains qui se croisent à une certaine heure. 

     

    école louis-pergaud chalabre,jeanne juliani,mme legoff,henriette sauratJeanne Juliani et Henriette Saurat, invitées d'honneur lors du Cinquantenaire de la Classe 1953 (photo archives Octobre 2003).

  • La clef du Pont-Rouge

    Chariot.JPGLe Pont-Rouge, alors orné de son char, oeuvre du regretté Jean-Claude Sicre. 

    En mai dernier, les élus réunis en séance afin de voter le budget 2012, avaient également évoqué les projets prioritaires, au premier rang desquels la réfection de la passerelle du Pont-Rouge. Soumise à plusieurs expertises, cette voie d’accès jetée sur le Chalabreil va très bientôt faire l’objet d’une restauration complète, et ce, 126 ans après sa mise en place. C’est en effet après une décision votée en conseil municipal le 23 mai 1886, que les Chalabrois avaient vu leur commune se doter d’une passerelle métallique, créée par les Ateliers Mauguin de Paris. Le fer supplantait définitivement le bois, parce que de fortes pluies conjuguées à la fonte des neiges, avaient emporté le 28 février 1885, une très vieille passerelle en bois.

    Bien des années plus tard, lors du deuxième conflit mondial, certains prisonniers internés dans le camp de concentration établi sur l’ancienne scierie du Moulin de l’Evêque à Rivel, viendront pour ainsi dire, apporter leur pierre à l’édifice. Ces détenus politiques, utilisés comme renfort au sein des effectifs de l’usine Canat, vont en effet bâtir deux rampes d’accès permettant le passage des brouettes. Parmi ces prisonniers, Otto Löwy, Autrichien né le 30 mai 1900, à Vienne. Ce dernier tenait un journal sur lequel il avait noté comment un voisin du quai du Chalabreil, leur avait un jour offert une boîte de conserve contenant du poisson. Une fois le « festin » terminé, la clef ayant permis l’ouverture avait été noyée dans le ciment. Le 12 août 1942, Otto Löwy fut dirigé vers le camp de Drancy, avant un dernier voyage jusqu’à Auschwitz où il mourut le 30 novembre de la même année. Dans le courant des années 1990, sa famille prendra contact avec la ville de Chalabre, grâce à l’aide du consulat d’Allemagne, afin d’en savoir plus sur le parcours de l’un des leurs. Donnant par la même occasion, plusieurs informations consignées dans le carnet de Otto.  

    Le temps a passé depuis, et si le métal de la passerelle est aujourd’hui la proie de la rouille, le béton des rampes adjacentes donne lui aussi certains signes de faiblesse. Signes faibles certes, mais suffisants pour laisser apparaître une clef, que l’on devine lorsque l’on se positionne face au pont, et dos à l’église Saint-Pierre. 70 ans après, le souvenir du citoyen Otto Löwy et de ses compagnons d’infortune a ressurgi de l’oubli, grâce aux effets improbables de l’érosion. En cette année 2012, le Pont-Rouge va être restauré, par nécessité, et il est permis d’espérer que ce vestige d’humanité et de fraternité, n’ira pas se perdre dans un amoncellement de gravats.

    Sincères remerciements à Serge Fournié, pour l’intérêt qu’il porte à la chose historique, et pour son sens aigu de l’observation.

  • Les rugbymen étaient dans la course

    Samedi 9 juin dernier se disputait la 22e édition des « Six Heures de Pomas », course pédestre par équipe organisée sous l’égide de l’association que préside Jean-Louis De Magalhaes. Un rendez-vous auquel les coureurs de fond du Chalabrais avaient l’habitude de répondre, dès lors qu’ils parvenaient à constituer une, voire deux équipes. Comme ce fut le cas voilà maintenant dix ans, quand huit Chalabrois s’étaient retrouvés sous la banderole de départ, pour un après-midi sportif non-stop.

    « Les rugbymen étaient dans la course ». Sous ce titre, l’article ci-après avait paru dans l’édition de l’Indépendant du lundi 17 juin 2002.

    usk,foulées du kercorb,6 h de pomasDavid, Gégé, Titou et Zonzon ont fait une énergique course d’équipe (photos archives, Juin 2002).

    Le club quinziste du Kercorb était samedi à Pomas où quatre de ses membres ont pris le départ des six heures pédestres, course en relais disputée au profit de l’Afdaim. Sous une pluie fine et tenace, Thierry Cnocquart, Frédéric Lacanal, Gérald Mourareau et David Bonnéry ont enchaîné les tours avec la régularité du métronome, malgré leur manque d’expérience dans ce type de challenge. Mais à l’arrivée, une belle performance, qui place notre quatuor de l’ovale à la dixième place au général, sur un total de quarante équipes.

    Tutoyant le bitume de 13 h à 19 h, Titou, Gégé, Zonzon et David ont découvert le bonheur de courir sans ballon, juste pour le plaisir et un peu taquiner le chrono. Avec treize tours couverts, en six heures, l’équipe de l’USK réalise une moyenne de 12 km/h, une « perf » plus qu’honorable pour des néophytes. Ces derniers ont apprécié les encouragements de leurs partenaires du club des Foulées du Kercorb (photo ci-dessous), eux aussi engagés dans la course. Derrière Claude Cnocquart, leur chef de file incontesté, Francis Amouroux, Jean Martinez et Christian Moralès, ont assuré le tempo après avoir été mis sur orbite par un véritable météore nommé Claude.

    usk,foulées du kercorb,6 h de pomas

    A noter que l’équipe comptait dans ses rangs un junior, un senior, un vétéran 1 et un vétéran 2. Une formation multigénération qui a enchaîné les tours sur un circuit de 5,6 km doté d’une ou deux petites difficultés, telles que la montée vers l’église. Avec un total de quinze tours couverts à la moyenne de 14 km/h, le team des Foulées prend la quatrième place au général, derrière les représentants du Gard et du Lubéron.

    usk,foulées du kercorb,6 h de pomasFélicitations à tous, à nos huit Chalabrois et à Billy (photo ci-contre), le marathonien du micro, qui aura animé de bout en bout cette nouvelle édition des « Six Heures de Pomas », mise sur pied par Pierre Arthozoul et ses partenaires.    

  • Chasse-neige d’antan

    L’article mis en ligne ci-après, avait été publié dans l’édition de l’Indépendant du mercredi 28 février 1996. Ce petit retour frisquet vers le siècle dernier, est un dernier salut adressé aux saints de glace, dont la période prendra fin au soir de ce 25 mai, avec la célébration de Saint Urbain. L’occasion de revenir également sur un petit événement, qui avait alors secoué au sens propre comme au sens figuré, le pays chalabrais. Il était 2h 46’ dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 février, quant un long bruit sourd avait parcouru la capitale du Kercorb. Plus d'un Chalabrois s'était alors retrouvé assis au milieu de son lit, persuadé que l'heure du jugement dernier était arrivée. Et puis non ! Mais quand même ! Enregistré sur les instruments de l'Institut de physique du globe de Strasbourg, un tremblement de terre d’une magnitude de 5,6 sur l’échelle de Richter (qui en compte 9), venait d’être ressenti sur une zone ayant pour épicentre le village d’Axat. Une dizaine de répliques seront encore enregistrées jusqu’à 3h 15, lesquelles ne feront que très peu de dégâts. Pour la petite histoire, il faut préciser que dans le même temps, le pub « le Totem » ouvrait pour première fois ses portes du côté de Montjardin, à l’initiative d’Olivier Serrus, auquel nous adressons un salut amical.

    frédéric paillardManon et Frédéric ont sillonné sans relâche les rues de Chalabre (photo archives, Février 1996).

    A peine remis de leurs émotions dominicales provoquées par les sautes d’humeur d’une écorce terrestre en mal d’exercice, les Chalabrois voyaient fondre sur eux de lourds nuages gris qui allaient en très peu de temps, blanchir le Kercorb. Au petit matin du mercredi 21 février, 10 à 15 cms de neige étouffaient le moindre son, mais un chuintement particulier parvenait tout de même aux oreilles des quelques téméraires qui se risquaient à pointer le nez entre leurs volets entr’ouverts.

    Paralysées par une neige tombée en abondance au cours de la nuit, une à une, les artères du centre-ville redevenaient carrossables, grâce notamment à la louable initiative d’un Chalabrois qui aime conjuguer le verbe rendre service, par tous les temps. Un drôle d’attelage aussi singulier que sympathique a ainsi permis de rendre les pavés aux piétons, depuis la rue des Cloutiers en passant par la rue des Pénitents blancs ou la rue des Boulangers. Guidée par Frédéric Paillard son maître, Manon, jument comtoise de 11 ans, a sillonné les petites rues, tractant derrière elle une étrave en bois dont l’efficacité a favorisé un rapide retour à la normale. Grandement apprécié par les Chalabrois, qui adressent leurs vifs remerciements à Frédéric, et à Manon son fidèle compagnon.