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C'était hier - Page 683

  • Il y a 100 ans, Brindejonc des Moulinais posait son avion en Kercorb

    Voilà bientôt un siècle, la commune vivait déjà au rythme des "nuisances sonores" : l'un des plus beau specimens fut "l'oiseau tapageur".

    brindejonc des moulinais

    Avant Védrines, Brindejonc des Moulinais avait fait « brounziner » le moteur de son Morane Saulnier, dans le ciel du Kercorb.

    Il y a cent ans, les voitures automobiles investissaient les cours en nombre croissant, et les trains entrant en gare du côté de la plaine de Saint-Pierre, sifflaient à plusieurs reprises en l’espace d’une seule journée. Un "background" sonore qui traduisait à lui seul, la belle vitalité du pays chalabrais. 

    Culs rouges et culs blancs     Politiquement parlant, c’était à peine différent, puisque deux clans s’opposaient en permanence : le premier était celui des « Culs rouges », dont le siège était au café de la Paix. Ces derniers se manifestaient bruyamment et régulièrement, si bien que le maire, Henri Rascol, considéré alors comme le chef de file des « Culs blancs », leur avait imposé entre autre interdiction, l’usage des pétards. Par contre, l’harmonie-fanfare, classée « blanche », était autorisée à répéter tous les jours après vingt heures, dans la rue du presbytère. Afin d’asseoir un peu plus leur autorité, le maire et son équipe décidèrent de s’accorder un peu de réclame, en invitant un pilote et son avion en Kercorb. De fait, ils allaient frapper là un grand coup, puisque leurs concitoyens n’avaient jamais vu l’oiseau voler.

    Explosion d'allégresse     Le jeudi 15 février 1912, en début d’après midi, un bruit sourd venu d’on ne sait où, se rapprocha d’une ville, déserte. Et pour cause, malgré le grand froid, l’ensemble de la population du canton s’était donné rendez-vous sur un terrain d’aviation improvisé. C’est ainsi que Brindejonc des Moulinais se posa à Chalabre, à coté de la ferme Saint Martin, devant l’actuelle ruine de la ferme de Saint Antoine qui était alors une tuilerie. Le pilote allait donner un aperçu de son savoir-faire, devant une foule médusée.

    La presse se fera l’écho de cette journée, et "Le Télégramme" du 20 février écrit : "Seuls peuvent comprendre l'explosion d'allégresse de la foule, ceux qui ont vu de pareils spectacles. Il faut avoir vécu ces minutes impressionnantes pour en éprouver l'imposante grandeur". Cette brillante démonstration de voltige fera des émules puisque le Comte Jean Amaury Hyacinthe Mauléon Narbonne de Nébias, né à Chalabre le 5 mars 1889, ne tardera pas à prendre lui aussi le manche.

    Brindejonc des Moulinais descendra ensuite la vallée de l'Aude, survolant Quillan, Espéraza, Couiza, et Limoux. "L’Echo de l'Aude" écrit  le 25 février 1912 : "Tout Limoux est sorti ; sur les terrasses, sur les toits, sur les ponts. Toutes les têtes en l'air admirent l'oiseau tapageur".

    brindejonc des moulinais

    Issu d’une famille de marin, originaire de Nantes, Brindejonc des Moulinais était pilote au sein de l’entreprise Morane. Le 17 juin de la même année, au circuit d’Anjou et malgré l’opposition de son patron, le constructeur Léon Morane, il se classa 3e d’une course remportée par un certain Roland Garros.

    Abattu par erreur     Brindejonc des Moulinais devint célèbre dans toute la France et fut fait chevalier dans l’ordre de la légion d’honneur à l’âge de 23 ans, faisant de lui le plus jeune récipiendaire. Appelé pour accomplir son service militaire le 10 octobre 1913 au 1er groupe aéronautique à Versailles, puis affecté au 2e groupe d’aviation à Lyon, il reçut la Croix de guerre le 2 juin 1915. Son avion fut abattu par erreur dans l’après midi du 18 août 1916 à Vadelaincourt, près de Verdun, et il fut cité à l’ordre de l’armée, à titre posthume. Ainsi disparaissait tragiquement, celui qui, quatre ans plus tôt, avait fait battre le cœur de plus d’une Chalabroise.

    Un grand merci à Serge Fournié pour le texte et les photos.

  • La médaille Jeunesse et Sports pour « Stani » Lara

    L'article qui suit avait paru sous ce titre, dans l'édition de l'Indépendant du lundi 11 février 2002. Il revenait sur un épisode qui avait marqué la vie du club de football chalabrois, et permis d'honorer l'investissement de l'un de ses piliers.

    Stani juillet 1995.JPGUne belle reconnaissance pour Stani Lara, bénévole par nature (photo archive Juillet 1995, au centre, Francis Canal président du FCC, à gauche Santiago Albino, entraîneur).

    « Sol y sombra ». A l’image d’une expression bien connue des « aficionados » et empruntée à sa langue castillane natale, l’ami Stani est passé de l’ombre à la lumière, à la faveur d’une très officielle réception qui s’est tenue récemment dans les salons de la préfecture de l’Aude. Chaleureusement accueilli par Henri Jean, secrétaire préfectoral, Stanislas Lara s’est ainsi vu décerner la médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports. Une distinction destinée à honorer l’engagement et les efforts consentis par les bénévoles qui oeuvrent au quotidien et parfois dans l’indifférence, au coeur de la vie associative.

    Impliqué depuis des années dans la bonne marche du Football-club chalabrois, Stani Lara se dépense sans compter avec une volonté sans faille pour que le ballon rond garde la place qui est la sienne en Kercorb. Mission accomplie pour Stani qui fêtera, en cette année 2002, et en compagnie de ses nombreux amis du FCC, le cinquantenaire d’un club pour lequel il ne regrette pas d’avoir beaucoup donné. Les bénévoles ont donc, eux aussi, le droit de monter sur le podium et c’est heureux, tout comme nous sommes heureux de présenter à l’ami Stani nos compliments les plus sincères pour cette distinction amplement méritée.

  • Le Pog de Montségur pris d’assaut par les cyclos du Kercorb

    L'article qui suit avait été publié dans l'édition de l'Indépendant du jeudi 14 février 2002. Voilà dix ans jour pour jour ou presque, la météo n'était certes pas au beau fixe, mais elle n'avait alors rien de comparable avec les conditions climatiques actuelles. Un contexte en tout cas très favorable, qui avait permis aux cyclos de Mme la présidente, de prendre le Pog de Montségur par surprise. 

    cyclo-vtt club du chalabrais,pog de montségurLes cyclos ont fait une halte au pied de la stèle du "Prat dels Cremats".

    Ils en parlaient souvent et depuis longtemps, les cyclos de Maryse Amouroux, présidente du Cyclo Club du Chalabrais, souhaitaient s’initier à la pratique du « run and bike ». Un sport plutôt tendance qui alterne course à pied et vélo tout terrain par équipe de deux, chaque partenaire prenant le relais selon le principe de la libre alternance. Avec le feu vert de leur chère présidente, cinq duos se sont élancés dimanche matin depuis la place François Mitterrand avec leur feuille de route, 35 km au programme, objectif « le Prat dels Cremats » et la citadelle de Montségur. La voie ferrée désaffectée verra un peloton compact se plier aux règles de l’échauffement, dans la douceur et la discipline, chacun étant bien conscient que le meilleur restait à venir. A la gare du Peyrat, la pendule du quai affichait 15h 46, un horaire immédiatement démenti par le chrono de nos « raiders » toujours groupés. Sous la halle couverte de Labastide, l’allure va se durcir, Claude et Laurent vont fausser compagnie à tout le monde, jusqu’à Fougax-et-Barrineuf où se situe le coup de théâtre de la journée. Immobilisé par une crevaison, le duo de tête va assister impuissant au retour des poursuivants, juste avant l’ascension finale vers le Pog. C’est là que Christian et Thierry prendront le commandement pour ne plus le lâcher, suivis de près par Joëlle et Patrick, unique couple mixte engagé, lui-même talonné par Francis et Christian, duo vétéran détenteur du « Wheelbarrow Trophy » (course à la brouette du Cazal). A quelques lacets de là, Jean-Pierre et Robert en terminaient, heureux, mais fourbus eux aussi. L’occasion de saluer Robert, d’abord pressenti pour ouvrir la piste, mais qui aura finalement effectué au pied levé le parcours en équipe avec Jean-Pierre (et par la même occasion, couru avec des chaussures à cales). Alors que le soleil jouait avec les meurtrières de la citadelle, Claude et Laurent, bikers malchanceux, franchissaient à leur tour la ligne d’arrivée, au pied de la stèle du souvenir cathare. Un grand merci à Maryse, Nicole, Jean et Jean-Paul pour leur précieux soutien, et à Patrick, qui n’est jamais à court d’idées. 

  • Ils ont frappé les trois coups

    stade lolo mazon,fc chalabre football,usc kercorbLes poussins du FCC, saison 1994-1995. De gauche à droite, debout : Yohan Kolodjweski, Laure Payet, Renaud Dumay, Romuald Cot. Accroupis : Renaud Tignard, Claude Cnocquart, Fabrice Rosich, Fabien Conte, Maxime Sanchez.

    Le 24 septembre 1994 était mis en service le stade intercommunal qui prendrait quelques semaines plus tard, le nom de Lolo Mazon. L’inauguration d’une structure et d’une pelouse qui n’a toujours rien à envier à certains gazons britanniques, s’était déroulée en présence des élus et des représentants de plusieurs générations de sportifs ayant porté les couleurs chalabroises (photo ci-dessous). Un brin de nostalgie se lisait alors sur les yeux des regrettés François Lopez et René Escande, vétérans de l’USC XV qui avaient évolué avant les années 40 sur cette propriété privée, mise à disposition des sportifs par les comtes de Mauléon.

    Deux semaines après cet événement, une équipe aura le rare privilège de fouler pour première fois la « moquette du paradis » (Claude de Toulouse). En l’occurrence, la formation des poussins du FC Chalabre et de son président Roger Dumay, un groupe entraîné par André Combes. Ces brillants éléments de l’école de football avaient ensuite bouclé leur saison à Conques, et sur une finale hélas perdue face au FC Lézignan. A présent devenus grands, ils pourront dire à leurs enfants : « J’y étais ! »

    stade lolo mazon,fc chalabre football,usc kercorbDe gauche à droite : Jean-Paul Dupré, Roger Rosich, Paul Lagarde, Raymond Courrière, Jacques Talmier, Jacques Montagné, Aldo Quaglio, Olivier Carbonneau.