L'article ci-dessous avait été publié dans l'Indépendant, édition du jeudi 15 janvier 2004.
Le canal a retrouvé un peu de son débit d'antan, pour quelques heures (photo archives, Janvier 2004).
C'était à l'heure où les chalabrois scrutaient avec inquiétude la montée des eaux du Blau, de l'Hers et du Chalabreil grossies par les pluies diluviennes. Au pied du Cazal, le vieux canal en profitait pour refaire son lit, comme à la belle époque. Un canal oublié de tous et qui n'avait été à pareille fête depuis bien longtemps. Normal dans ces conditions qu'il profite de l'occasion pour se rappeler au bon souvenir des gens du Kercorb. C'était dimanche dernier et les souvenirs qui glissaient au fil d'une eau un peu trouble, ramenaient vers ce temps où la cité chalabroise fourmillait de petites industries. Chapellerie, chaussure, peignes en corne, autant d'activités qui étaient intimement liées au débit d'un canal dérivé de l'Hers, prenant sa source près de l'ancien camp d'internement de Rivel.
De mémoire de supporter, ce bon vieux canal n'avait pas entraîné d'aussi bruyants rouleaux depuis belle lurette, depuis un temps aujourd'hui révolu où il était fréquent d'entendre fuser depuis le bord de la touche, de tonitruants "l'arbitre au canal !". Il faut dire que certains inconditionnels de l'USC XI ou de l'USC XV savaient trouver les mots qu'il faut, ne serait-ce que pour aider un homme alors en noir, bien seul à l'heure de prendre une décision.
Véritable ouvrage d'art livré à l'abandon, le canal ne veut pas mourir et ramène à la surface les projets de restauration régulièrement évoqués par les élus. Dans le cadre de la préservation du patrimoine en pays chalabrais, il est permis d'espérer que sa force motrice puisse relancer un jour, la roue à aube d'un moulin à farine, qui résonne encore des voix de Jean Caseneuve et d'Augustin Maugard.
24 h non-stop pour Jean-Paul et Marie-France Cnocquart, qui ont assuré le pointage tour après tour. Deux minutes avant le départ, Francis Amouroux est prêt à lancer la ronde (Photos archives, Décembre 2003).
Disposés à relever le challenge en cette année 2003, les protégés de Jean-Paul Cnocquart ont obtenu un renfort au-delà de leurs espérances, puisque 82 coureurs se seront succédés sur le pavé chalabrois, couvrant au final 617 tours et 631,190 km.Un joli petit record, pulvérisé grâce à la participation des sociétaires de l'USK XV, du Limoux XV, du FCC XI, du Cyclo-VTT Club, des employés de la commune, et des enfants qui se sont joints nombreux et spontanément à la fête.
Une ronde non-stop entamée vendredi à 19 h et terminée le lendemain à la même heure, devant un grand feu de bois, et un petit verre de vin chaud. Avec au final un coup de chapeau pour les tout jeunes : Paul, Yoan, Sabrina, Yannick, Audrey, Wilfried, Lucas et leurs grandes soeurs Joëlle et Nadine. Une mention spéciale enfin pour Jean-Paul et Marie-France Cnocquart, qui auront assuré tour après tour, et 24 h durant, le décompte des passages de chaque concurrent sur la ligne. Accompagnés de leur pote à la guitare, Patrick et son banjo descendus de Canterate, ont rythmé les dernières minutes de la ronde, interrompus dans leur partition par l'angélus du soir. Jean-Paul et Marie-France remettaient alors la somme de 644,15 € au comité de coordination du Téléthon dans le Chalabrais. Le club des Foulées du Kercorb remercie les généreux donateurs, la municipalité et les nombreux bénévoles, qui ont contribué à la pleine réussite de ce challenge. Dans le seul but d'apporter une modeste contribution à l'élan national de solidarité.
Etait-il possible de proposer plus belle invitation à celles et ceux qui, ayant grandi l'oreille collée à France-Inter, se voyaient enfin offrir l'opportunité de venir à la rencontre d'un de ces mythes qui perpétuent la richesse de la Maison de la radio. Lucien Jeunesse était là et bien là mercredi soir sur la scène d'un théâtre municipal comble, où il a une nouvelle fois lancé son célébrissime « Chers amis, bonjour! »
Guy, Christian, José, l'esprit de famille (photo archives, Novembre 1993. Egalement sur la photo, Daniel Lopez, Jean-Claude Sicre et Kiki Huillet).
Article du correspondant de L'Indépendant, Aimé Catrier, Septembre 1981.