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Poésie - Page 25

  • Puivert : Rencontres entre femmes et poésie

    Le lundi 24 mai, Puivert et le musée du Quercorb ouvriront la saison culturelle avec le concours de l'association La Claranda. Pour ce redémarrage, le bucolique verger du Musée du Quercorb avait été choisi afin de proposer un événement tout à fait singulier, en partenariat avec l'Institut d'Etudes Occitanes de Carcassonne (IEO). A l'annonce des prévisions météo, l'événement sera déplacé vers la halle de Puivert.

    paulina kamakine,carola ortiz,musée du quercorbDeux femmes seront au programme de ce 24 mai, lundi de Pentecôte. L'une est occitane, l'autre est catalane, toutes deux révélant les femmes créatrices contemporaines des deux côtés des Pyrénées.

    A 17 h, Paulina Kamakine (Photo Hestenau), autrice en langue d’Oc, révélera la création artistique contemporaine féminine. Pour cela, elle lira des poèmes choisis parmi l'ouvrage dont elle a dirigé la publication « Paraulas de Hemnas » (ouvrage bilingue occitan-français présentant des poésies de 36 poétesses et chansonnières occitanes contemporaines de toutes les régions de la Grande Occitanie). Ces textes révèlent une autre vision du Monde et Paulina fera découvrir le regard de femmes d'Oc sur le pays, la famille, l'amour et la vie d'aujourd'hui. Des échanges avec l'Institut d'Etudes Occitanes de Carcassonne (IEO) seront privilégiés.

    paulina kamakine,carola ortiz,musée du quercorbA 18h, Carola Ortiz (Photo Silvia Poch), artiste catalane reconnue dans différentes formations artistiques à l'international, montera sur scène. L'artiste compositrice, chanteuse et clarinettiste a mis en musique les poèmes de Montserrat Abelló, Mercè Rodoreda, Víctor Català et Anna Gual, entre autres écrivaines, pour célébrer, à travers leurs vers, l'univers féminin.

    L’artiste tisse un univers de mélodies méditerranéennes, musique de chambre, percussions et rythmes folkloriques, et harmonies provenant du jazz. Après avoir cherché des voies d'expression artistique dans la musique d'autres cultures, et avoir chanté dans plus de dix langues différentes dans une carrière marquée par les voyages et les fusions musicales, Carola Ortiz a composé une œuvre qui la conforte et la redéfinit comme une artiste enracinée dans sa tradition musicale et sa terre natale.

    Infos pratiques : www.laclaranda.eu // 04 68 74 38 05. Le musée, ouvert à partir du 19 mai, pourra se visiter lundi 24 mai de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h.

  • Illusoire Vérité

    Un poème de JIEL, sur un thème éternel. « La vérité pure et simple est très rarement pure et jamais simple » (Oscar Wilde).

    jiel

    La Bouche de la Vérité, selon Nathalie Lalanne pour Badaluc le XXXVe

    Mars 2003

    Illusoire Vérité

    Dites la vérité, toute la vérité, rien que la vérité !

    Comment demander à quelqu’un telle absurdité ;

    Depuis des temps immémoriaux chaque seconde

    Détient jalousement la sienne, unique et vagabonde.

     

    Ce qui est vrai ne l’est déjà plus dès qu’on le dit ;

    Ce qui est faux ne l’est pas plus sitôt contredit ;

    L’instant présent démontre assurément ce que demain

    L’histoire aura déjà transformé, mais c’est humain !

     

    Les bonimenteurs asséneront la leur par habitude,

    Les discours d’aplomb se complaisent en certitudes.

    L’éducation ou la religion ne sont pas exemptées

    De cette réflexion et sans hésitation diront leur Vérité.

     

    Chacun, dans sa différence, en détient une sans vanité ;

    Mais n’est-elle point elle-même le fruit d’une réalité ?

    Subtile alchimie de la pensée profonde de l’homme

    Sur la perception de sa propre existence en somme.

     

    Ne vous méprenez sur les trop belles évidences

    Qui apparaissent soudain comme des providences,

    Restez en paix au plus profond de vos songes,

    Nul ne sait jamais, car vérité n’est que mensonge.

    JIEL

  • Le puzzle

    Qui dit puzzle, peut aussi vouloir dire casse-tête, ou encore, jeu de patience. Entre les deux, le cœur de JIEL balance.

    jielLe puzzle

    Nos vies sont de grands puzzles colorés

    Qui s’échafaudent au gré des souvenirs,

    Et s’éparpillent aux mémoires évaporées,

    D’instants furtifs qu’on ne sait retenir.

     

    Parfois au détour de rencontres de hasard,

    L’histoire recréée à nos yeux trouve grâce,

    Ou dans le vieux tiroir d’un grenier en bazar,

    Des pièces longtemps égarées reprennent place.

     

    Transportés par la houle d’histoires décousues,

    Nos passés se dispersent par delà la raison.

    Dans les couloirs du temps, heureux ou déçus,

    Nous errons en quête d’émotions, de frissons.

     

    Le grand puzzle de la vie à jamais tronqué

    Nous guide vers des lendemains d’espérance,

    Nous concevrons les fragments à imbriquer

    Pour parachever l’oeuvre de notre existence.

     

    Dans ce jeu dangereux à construire patiemment,

    La nostalgie destructrice n’est pas de mise,

    Le passé ne se décide pas, il s’estompe lentement,

    Disposer des plus belles pièces est notre seule prise.

    JIEL

  • Le printemps

    « ... Mars qui rit malgré les averses, prépare en secret le printemps... ». Dos au tableau noir, sur un petit coin de l'estrade et juste après la leçon de maintien, place au périlleux exercice de la récitation. Après Théophile Gautier et son « Premier sourire de printemps », aujourd'hui, c'est l'ami Bernard qui nous invite à accueillir un printemps bien peu compatissant. 

    Le printemps

    Sur le bord du chemin fleurit la pâquerette

    Tout semble s’éveiller sous un très beau soleil,

    La terre est embaumée et sent la violette,

    La nature se vêt d’ornement à nul autre pareil.

     

    Le gazon reverdit aux couleurs d’espérance,

    L’hirondelle le frôle en fêtant son retour,

    Jetant son petit chant après sa longue absence

    Nous croyons dans son cri qu’elle nous dit bonjour.

     

    Venant du Plantaurel on entend le coucou,

    Au dire des anciens il peut encore neiger,

    Mais les merles siffleurs prennent leurs plus beaux atouts

    Pour séduire les femelles et l’amour partager.

     

    Les amandiers sont les premiers à se couvrir de fleurs,

    Suivent ensuite les cerisiers et les prunus tous roses,

    Et dans les prés d’une couleur vert tendre, un vrai bonheur,

    Ressortent les mousserons, drôle de métamorphose.

     

    En ce matin de mars, après ces mois d’hiver,

    Comme pour la nature la sève monte en nous,

    Alors dans les jardins, tout le monde s’affaire,

    On plante les pommes de terre et les oignons bien doux.

     

    Le soleil est timide mais bien réconfortant,

    Cette source de vie est des plus agréable,

    Pour la santé de ceux qui sont un peu souffrants

    Et les plus démunis que la misère accable.

    Bernard