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chalabre - Page 12

  • Carnaval et Badaluc XLIII : C’est le flou intégral

    DSC_0457.JPGLa lignée des Badaluc résistera-t-elle à l’insécurité ambiante ?

    Badaluc 43e du nom, prince de l’éphémère et héritier d’une prestigieuse lignée, honorera-t-il cette année encore notre riante cité chalabroise ? Ou bien garde-t-il en mémoire la cruelle mésaventure survenue en 1993 à son illustre ancêtre, victime au petit matin de juges noctambules un tantinet expéditifs ? Un forfait sans précédent d’ailleurs non élucidé à ce jour et qui avait plongé les carnavaliers du Chalabrais dans un véritable désarroi. Depuis lors et afin de préserver l'intégrité d’un invité aussi illustre, les sociétaires de l’O.P.V.C se voient contraints d’utiliser (à leurs frais) les grands moyens, au risque de se mettre hors-la-loi, comme l’indique ce cliché d’archives. Les archets du roi étant indisponibles, les solistes du Kercorb ont brigué les services du célèbre Sergent Garcia et de son ennemi juré, lesquels se sont déclarés prêts à se mettre en quatre, et à titre tout à fait bénévole. Certes Badaluc est bon prince et n’a pas la rancune tenace, mais un flou insupportable est tout de même en train d’envahir la capitale du Kercorb. 

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  • Une affaire fâcheuse ...

    Le texte présenté ci-dessous et rédigé par Antoine Anduze-Faris, maire de Chalabre de 1830 à 1848, fait référence à quelques menus désordres nocturnes, perpétrés dans la capitale du Kercorb (... encore). Ainsi cette lettre aurait pu être la réponse au courrier adressé le 7 avril 1846 par le sous-secrétaire d’état de l’Intérieur à M. le préfet de l’Aude (cf « Une fâcheuse affaire » en date du samedi 21 janvier 2012). A un détail près, cette correspondance de M. le maire date du 6 août 1831, soit quinze années auparavant. Ce qui vient définitivement confirmer combien l’activité nocturne pouvait être intense au cœur des boulevards chalabrois. (n.b : Ce texte extirpé des archives départementales grâce aux travaux de recherche de Francis Garcia est reproduit à la virgule près. Il est recommandé de prendre son souffle avant d'entreprendre la lecture de certaines phrases). 

    Lettre Anduze Faris III.JPG

    Monsieur le Sous-Préfet,

    Une absence d’un jour m’a empêché de répondre plus tôt à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 3 courant, qui me demande des renseignements sur ce qui s’est passé en cette ville dans la nuit du 29 au 30 juillet. Je m’empresse de le faire aujourd’hui en vous rapportant les faits tels que je les ai appris le 30 juillet au matin par la clameur publique ou les remarques que j’ai faites dans cette matinée.

    Environ dix heures du soir quelques personnes se dirigèrent vers la rue où est sise la maison qu’habitent Messieurs les ecclésiastiques, y chantèrent quelques chansons et se retirèrent quelques temps après sans proférer les cris à mort qu’on vous a signalé, sans même jeter des pierres pour cette fois.

    Après minuit un groupe de quelques personnes (sans pouvoir préciser le nombre) se rendit dans la susdite rue et s’arrêta devant la dite maison où on chanta, on frappa, où on jeta des pierres sur la porte donnant sur la rue, j’en juge ainsi par la poussière que le coup a laissé empreinte ; puisqu’on a usé pour cela de pierres provenant de la démolition d’une maison voisine, on lança des pierres sur la fenêtre, mais je dois vous observer que ces fenêtres ne donnent pas sur la rue et qu’il existe une cour entre l’habitation de Messieurs les ecclésiastiques et la rue, sur laquelle pour défendre l’entrée dans la cour, il existe un mur de 9 pièces de hauteur, qui n’a pas été franchi, ce qui eut été bien facile puisque devant le dit mur, il y avait un tas de décombres qui en eut favorisé l’escalade pour peu qu’on eut voulu, et que derrière ce mur il y a entassé une grande quantité de tuiles canal qui en eussent favorisé la descente, une seule paraît avoir été cassé par un coup. Le restant est dans le même état qu’elles ont été placées.    

    J’ai remarqué de mes fenêtres quelques pierres dans la cour et six carreaux de vitre cassée sur l’imposte de la porte d’entrée de la maison, à l’une desquelles j’ai aperçu une toile d’araignée, ce qui ferait croire, qu’elle n’a pas été cassée à ce moment.

    J’ai aussi remarqué de mes fenêtres qu’il avait été jeté des pierres sur le couvert à droite entrant dans la cour, donnant sur la rue qui n’est qu’à la hauteur du mur qui en défend l’entrée, par l’effet desquelles quelques tuiles ont été cassées. Voilà Monsieur le Sous-préfet, tout ce que j’ai appris ou remarqué au sujet de cette affaire, sur laquelle il parait qu’il a été fait grand bruit mal à propos ; car la Ville est tranquille depuis cette époque.

    J’ai aussi appris le départ de M. le Curé, et ses Deux Vicaires, qui ont quitté la commune le 30 juillet à trois heures du matin.

    Lettre Anduze Faris IV.JPG

  • Une fâcheuse affaire ...

    La simple évocation du mot charivari sur les cours chalabrois, ranime immanquablement la mémoire de Jacques Fleury et le rendez-vous annuel du 13 décembre, immuables retrouvailles auxquelles les « arrossegaïres » de tous âges participent depuis 1697. Pourtant, à la lecture d’une lettre retrouvée dans les archives départementales par notre concitoyen Francis Garcia, il apparaît que les tumultes nocturnes étaient plutôt fréquents en Kercorb. Tel celui qui s’était déroulé une certaine nuit du printemps 1846. Un événement semble-t-il assez sérieux puisqu’il avait motivé un échange de courrier entre M. le préfet de l’Aude et les services du 1er bureau de la division de la police générale du Ministère de l’Intérieur à Paris. Reproduite in-extenso ci-dessous, la lettre du sous-secrétaire d’état, écrite en date du 7 avril 1846 et adressée à M. le préfet de l’Aude.

    Lettre Sous-Secrétaire d'Etat.JPG

    « Monsieur le Préfet, j’ai reçu la dépêche que vous m’avez adressée, le 30 mars dernier, pour me rendre compte des scènes de désordre qui ont eu lieu à Chalabre, au sujet de l’arrivée d’un nouveau curé. Il en résulte que ces démonstrations tumultueuses et fort répréhensibles tiennent à l’antipathie d’une partie de la population contre M. l’abbé Figeac.

    J’ignore si cet ecclésiastique a réellement les torts que la multitude lui attribue, mais j’ai vivement regretté qu’en cette circonstance l’autorité locale ait agi avec insouciance et faiblesse. Quelques arrestations ordonnées à propos, des procès-verbaux dirigés contre les meneurs, la présence d’un détachement militaire qu’on aurait pu réclamer auraient probablement contenu les agitateurs et les hommes de désordre. Au lieu d’agir avec promptitude et fermeté, on s’est borné à des mesures inefficaces.

    Je vois l’explication de ces lenteurs et de ces incertitudes dans la lettre que vous a adressée M. le Maire de Chalabre : ce fonctionnaire vous déclare assez nettement que son habitude est de respecter le voeu de l’opinion publique, et que par conséquent il est assez disposé à ne pas sévir contre les auteurs des scènes provoquées par le peu de sympathie des habitants contre le curé, peut-être même par l’imprudence de cet ecclésiastique. 

    M. Anduze-Faris, Maire de Chalabre et membre du Conseil Général de l’Aude, occupe parmi ses concitoyens une place distinguée, et je ne doute pas qu’il ne soit fort bien en mesure de connaître l’étendue et la limite de ses devoirs : je ne puis donc croire que dans la réunion de quelques tapageurs et d’un certain nombre de mauvais sujets qui ont donné un charivari, affiché des placards honteux et commis des délits prévus par la loi, il ait jamais pu voir une manifestation sérieuse et respectable de l’opinion publique. Ce serait attacher un triste prix à la popularité que de penser ainsi et de tenir davantage à l’approbation des auteurs du désordre qu’à la marque de haute confiance que le Roi a donné à M. le Maire de Chalabre en l’appelant aux fonctions municipales. J’ignore si la lecture de sa lettre vous aura suggéré ces réflexions ; mais elles n’ont pu m’échapper, et j’ai regretté que la lettre de M. Anduze-Faris m’ait fourni l’occasion de vous les communiquer.

    Je désire que vous vous concertiez avec l’autorité judiciaire et avec l’autorité diocésaine pour donner à cette fâcheuse affaire la suite que réclament les intérêts de l’ordre et les convenances religieuses : veuillez également prendre les mesures nécessaires pour qu’à l’avenir la tranquillité publique ne puisse être troublée à Chalabre.

    Lettre Sous-Secrétaire d'Etat 2e.JPG

  • Haro sur Maître Goupil

    Battue Renards.jpg

    1er rang : Claude Subreville (†), André Naudy, Michel Mathieu dit Tistet (†), François Sanchez (†), Lazare Hernandez, André Sicre.

    2e rang : René Loupia (†), Emilien Boulbès (†), Sébastien Hernandez (†), Jeannot Rivière (†), Alfred Arnou (†), Pierrot Courdil (†), Victor Tisseyre (†).

    Il faut imaginer le Cours Colbert accueillant les nemrods chalabrois, de retour d'une matinée consacrée à une battue aux renards. L'année 1961 était bien engagée, et les membres de la société de chasse présidée par Alfred Arnou, bénéficiaient d'une autorisation leur permettant d'aller harceler Maître Renard sur les terres voisines de La Mouillère, commune de Chalabre. Après avoir envoyé deux goupils "ad patres", et avant de remiser les fusils, l'équipe pose devant l'objectif de Maurice Mazon, sur les marches du cabinet du docteur Lazare Anduze-Acher. A l'aide d'un fusil espagnol de marque Ugartechea, et d'un calibre 16 muni de canons juxtaposés (chevrotines), André Naudy et François Sanchez avaient, ce jour-là, porté deux coups fatals à la colonie de ce que d'aucuns appelent nuisibles. Quant aux chiens présents sur le cliché, pas cabots pour deux sous, ils avaient simplement l'habitude d'accompagner leur maître photographe sur chaque événement enrichissant le quotidien de la cité chalabroise.

    Un grand merci à Francine Sanchez Gayet pour la photo, et à André Naudy pour la précision de ses souvenirs.