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alambic

  • L’alambic est en place

    2019 Alambic.JPGUne première chauffe est prévue à Sonnac-sur-l’Hers.

    Les bouilleurs de cru du pays chalabrais sont informés que « le brulou de vi » est de retour dans la plaine sonnacoise. L’alambic venu de Massat, a pris position sur le terrain des Vergers de la Galante à Sonnac-sur-l’Hers, où il effectuera sa première chauffe de la saison, lundi 30 décembre. Après le décès d’Aristide Peyronnie, survenu le 14 mai dernier, la délicate transformation des fruits en alcool se fait désormais sous la responsabilité de son fils Hervé et de Romain son petit-fils. Ils invitent les habitués à prendre contact afin d’établir au mieux l’emploi du temps autour de « l’atelier public ». Après les rives de l’Hers, l’alambic rejoindra les bords du Blau à Villefort, avant de partir s’installer à Puivert.

  • « Le brulou de vin » est de retour

    Aristide 6 Janvier 2015 Portrait 003.jpgAristide à l’écoute de chacune des pulsations de son vieil alambic.

    Installé là-bas, à quelques mètres de la vigne d'Ildevert Boussioux, « le brulou de vin » scrute ce petit flotteur calibré qui trempe son ventre dans un liquide d'une parfaite limpidité. L'alcoomètre permet de contrôler au degré près, la qualité d’un fluide que les amateurs d’alcool fort affectionnent. Et si l'opération est délicate, elle ne présente aucune difficulté pour Aristide Peyronnie, natif de Massat, petit village ariégeois et patrie certifiée des bouilleurs ambulants.

    aristide peyronnie,massat,alambicAu terme de mystérieuses manipulations sous la chaudière, Aristide accompagne maintenant la séparation des vapeurs d’eau et d’alcool. Et pendant que la bouillotte digère lentement dans ses entrailles de cuivre, le futur et divin nectar qu'un long tuyau lui déverse dans la gueule, la discussion s'anime. Les bouilleurs de cru et leurs tonneaux emplis de fruits se succèdent, chacun apportant son écot à la mystérieuse alchimie.

    aristide peyronnie,massat,alambicL’atelier public, nom donné à ce lieu de rencontre, restera animé jusqu'à la tombée de la nuit, jusqu'à ce que la cucurbite n'amorce l'étape du refroidissement. A l'image d'une douce perfusion, pommes, prunes et poires vont transiter encore et encore, au coeur d’insondables serpentins.

    Après Sonnac, Aristide Peyronnie poursuivra sa délectable mission jusque sur les rives du Blau, à Villefort, avant Puivert, puis Roquefeuil et Brézilhac. « Le brulou de vin » va ainsi continuer à distiller gnôle et optimisme, avec le même plaisir, et tant que l'hiver ne sera pas fini.

  • Et si Aristide ne venait pas ?

    aristide peyronnie,massat,alambic,brulou de vinAristide Peyronnie à Villefort, auprès de son alambic (photo archives, Janvier 2001).

    C'est bien la question que ne se posent pas les bouilleurs de cru du pays chalabrais qui gardent en réserve leur récolte de fruits, destinée à faire bouillir la cucurbite de maître Aristide. Arrivé avec les premières rigueurs de l'hiver, Aristide Peyronnie est une fois encore descendu de son Couserans natal, accompagné de son outil de travail. En respectant un itinéraire invariable, Aristide pose son alambic à Sonnac-sur-l'Hers d'abord, avant de remonter la vallée du Blau jusqu'à Villefort et Puivert.

    Hôte de marque en pays de Kercorb plusieurs semaines durant, il attellera ensuite sa drôle de machine pour l'emmener vers le Pays de Sault et Roquefeuil. Final d'une tournée qu'il effectue depuis plus d'un demi-siècle, avec une régularité qui se mesure au degré près. Insensible aux caprices du ciel, qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige, Aristide ouvre son "atelier public", lieu de rencontre qui remplace le petit café de village dont le rideau a depuis longtemps été tiré. Et les commentaires vont bon train, pendant que notre homme à l'écoute des serpentins dont il est le seul à percevoir le chant, entretient l'espoir du bouilleur de cru. S'il le faut, le précieux liquide va passer et repasser dans ce labyrinthe où l'alchimie fait son oeuvre. Les fruits n'étaient pas de qualité supérieure ? Qu'importe, notre "brulou de vin" sait accomplir de petits miracles, avant qu'un singulier et aromatique goutte à goutte n'annonce la délivrance du divin nectar. Après une courte trêve passée auprès de son épouse dans son village ariégeois de Massat, Aristide s'établira à Villefort, sur les bords d'une rivière Blau qui avait failli l'emporter lui et sa drôle de machine à remonter le temps, un soir de l'hiver 1996.  

    aristide peyronnie,massat,alambic,brulou de vinLe nectar arrive (photo archives Janvier 2005)