
Le texte en ligne a été coécrit par Pascal Garros, éleveur à Chalabre et Jacques Mamet, conseiller municipal et vice-président de la Communauté de Communes des Pyrénées Audoises, au nom de l’équipe « Chalabre Avec vous Pour vous ».
« Alors qu’un troisième cas de Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) est découvert en Ariège (15 vaches et 10 veaux abattus ce lundi à l’ouest du département) et au lendemain de l’abattage de 113 vaches à Léran, tout près de chez nous, nous souhaitons manifester notre soutien aux éleveurs du Chalabrais comme à l’ensemble des agriculteurs touchés par cet épisode dramatique.
La DNC fait trembler une filière confrontée par ailleurs à une conjoncture aggravée par les perspectives des accords du MERCOSUR.
Vendredi 2 janvier, devant les locaux de la Communauté de communes du Pays de Mirepoix, nous étions plusieurs élus de Chalabre et des communes audoises voisines en soutien aux agriculteurs ariègeois particulièrement touchés par cette maladie virale.
Les échanges entre les élus, les représentants de la filière et le préfet de l’Ariège ont montré combien le dialogue est difficile entre l’Etat et les éleveurs. Ces derniers contestent le protocole mis en place qui consiste à abattre tout le troupeau dès lors qu’une bête est malade, y compris lorsque le troupeau est vacciné. Cette mesure, lourde de conséquences humaines et économiques, est extrêmement mal accueillie. Au quotidien, c’est une véritable « roulette russe » pour chaque éleveur qui, la boule au ventre, inspecte ses bêtes. Malheureusement, l’Etat reste sourd au protocole alternatif proposé par la filière : abattage des bêtes malades uniquement et vaccination étendue plus largement (vaccination que la profession demandait déjà début octobre !), qui constate amèrement que le protocole actuel ne fonctionne pas. Le débat sur le protocole à appliquer reste complexe mais nous soutenons fermement les éleveurs et l’ensemble des acteurs de la filière dans cette démarche responsable.
Par ailleurs, les indemnisations proposées par l’État, fondées uniquement sur la valeur marchande fluctuante des animaux, ne reflètent pas la réalité vécue par les exploitants : choc psychologique, perte de patrimoine génétique et culturel, manque à gagner, charges qui demeurent après l’abattage ; mais aussi impacts sur la biodiversité et l’aménagement de nos territoires ruraux.
Il revient donc aux élus de relayer les solutions concrètes portées par les éleveurs pour atténuer les tensions de leur trésorerie et leurs surcoûts liés à l’alimentation du bétail engendrés par la vaccination. Celle-ci impose en effet des délais de plusieurs semaines, (on parle à ce jour de 14 mois !) et un protocole sanitaire très strict avant toute vente destinée à la reproduction ou à l’exportation.
Nous relayons ici les propositions des élus de la Communauté de Communes des Pyrénées Audoises qui, dans un texte de soutien publié en décembre, invitent les citoyens comme les collectivités et les partenaires en charge d’une restauration collective (collèges, lycées, EHPAD, etc.) à privilégier la consommation de la viande locale mise sur le marché par nos éleveurs ».
