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  • Quand les Etablissements Canat sortaient de terre

    Au cours de l’année 1946, les bâtiments de la manufacture de chaussures Canat, faisant face au monument aux Morts, étaient inaugurés. Cette structure nouvelle permettaient de recentrer une activité jusqu’alors répartie entre les ateliers de la rue du Pont-de-l’Hers, et les usines Auriol et Salva.

    Les photos prises sous l’objectif de Maurice Mazon, permettent de retrouver quelques vues d’un chantier qui allait sensiblement changer la perspective et le quotidien des Chalabrois, au pied de la colline du Calvaire. L’historique détaillé de la Société Canat est à découvrir ou redécouvrir sous la plume du regretté Robert Roncalli, au fil des pages d’un Tome VI que l’association « Il était une fois Chalabre » avait publié en mars 2002 (photos Maurice Mazon).

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    Joseph Salinas et Laurent Tudo, en bas à droite

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    Parmi les ouvriers bâtisseurs, Rufino Cabrero, René Salinas, Gaston Rouzaud, Thomas Trujillo, René Berland,...

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    Une publicité portant la griffe de Jacques Lalande

  • Décembre 1974, Hutchinson lâche les Chalabrois et le Kercorb

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    C’était il y a exactement 45 ans, Chalabre l’industrielle s’apprêtait à perdre l’un de ses derniers atouts, prélude à un inexorable déclin. Au milieu du siècle dernier pourtant, « le rayonnement des chaussures Canat s'étendait sur tout le territoire de l'Union française et des pays voisins » (Marie-Louise Saddier, Tome VI « Il était une fois Chalabre »). Avec un potentiel industriel de pointe, une production et un savoir-faire d'un haut niveau de qualité, les Ets Antoine Canat avaient incontestablement favorisé l'essor industriel du pays chalabrais (voir l'historique détaillé de la société dans ce même Tome VI, rédigé sous la plume de Robert Roncalli).

    Mais le 19 décembre 1974, MM. René Boyer maire de Chalabre et Jean Tisseyre conseiller général du canton, se trouvent à Paris pour y rencontrer M. Varocco, chef de mission auprès du ministre de l'industrie (Michel d’Ornano), accompagnés du député de l’Aude Robert Capdeville et du préfet de l’Aude Charles Gosselin. La délégation doit alerter les pouvoirs publics sur la situation des ouvriers de la chaussure à Chalabre. La suite hélas, n’aura échappée à aucun des Chalabroises et des Chalabrois. Le texte qui suit retrace très brièvement les événements qui ont précédé la fin de la longue et florissante histoire entre les Chalabrois et la Famille Canat.

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    Après un premier dégraissage des effectifs en 1972, un pallier sera franchi avec l'arrivée d'un nouveau paramètre, le personnel est invité à appréhender la notion de rendement. En 1973, le groupe Mapa-Hutchinson devenu propriétaire de l'usine Canat après avoir fusionné avec la CFP (Compagnie Française des Pétroles, future société Total), informe le comité d'entreprise qu'il envisage de liquider l'usine de Chalabre. Les raisons motivant cette décision restent floues, mais l’élément de langage « délocalisation » semble déjà promis à un bel avenir. 335 emplois sont en jeu à Chalabre, mais le monde est vaste et la CFP prospecte depuis 1967 en Asie du sud-est.

    Au cours de l'année 1974, l'ombre du couperet va obscurcir le ciel chalabrois et le sursis accordé au site audois vit ses derniers mois. Le 12 décembre, une première manifestation pour l'emploi est organisée à Limoux. Le 16 décembre, René Boyer maire et Jean Tisseyre conseiller général, demandent audience à M. le sous-préfet de Limoux pour lui faire part des inquiétudes au sujet des licenciements à l'usine Canat-Hutchinson. Le 19 décembre ils sont à Paris, mais le 7 janvier 1975, les premières décisions de licenciement sont annoncées. Le 9 janvier l'usine est occupée, le 11 un comité de défense est créé, tout cela sera vain.

    Le 1er juillet 1975, la page Hutchinson est tournée, une nouvelle raison sociale naît au pied du Calvaire et le pays chalabrais va se familiariser avec l'entité Canat S.A. En 1979 cette dernière devient la meilleure exportatrice du Languedoc-Roussillon. En juillet 1983, la Sté Canat S.A passe en SCP (société civile professionnelle) et le 2 janvier 1985, Christian Canat cède les rênes à son fils Jean-Pierre. En mars 1986, l'industriel Bernard Durand, fils d'Albert, le marchand de cycles de la Rue Terre-Blanche, chef d'entreprise à Saint-Palais (64), prend le relais en conservant quarante employés. Le 21 janvier 1988, un incendie nocturne d'origine indéterminée signe l'arrêt définitif de la production de chaussures à Chalabre.

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  • Le saule pleureur abattu par erreur

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    C’est à la suite d’une regrettable méprise, que le saule pleureur dont le sort était évoqué dernièrement ici, a disparu du paysage (cf blog vendredi 3 mai). Il faut revenir aux derniers jours du mois d’avril, quand le pays chalabrais était secoué par de fortes et inhabituelles rafales de vent. Si notre saule pleureur, à l’image du roseau de la fable, pliait sans rompre, à quelques mètres de là, un immense peuplier dressé au niveau du service des expéditions de l’ancienne usine Canat, était mis à terre par les éléments. Une chute impressionnante qui n’aura occasionné aucun dégât majeur, l’imposant « populus » se couchant à l’opposé des bâtiments, la cime tournée vers la Croix des Missions.  

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    Il suffisait alors de faire appel à une société spécialisée, chargée de débiter en rondins, celui qui ne verrait plus désormais pousser à son pied, le délicieux pholiote à saveur de noisette. Société qui une fois sur la place, jettera inexplicablement son dévolu et sa tronçonneuse sur le premier arbre venu, plus précisément sur les béquilles d’un saule usé, et pourtant toujours debout. Plus pour longtemps.

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  • Le dernier jour du saule pleureur

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    Il était le témoin d’une époque rythmée par les sons stridents de la sirène des anciens établissements Canat, le vieux saule pleureur qui trônait face à l’usine s’est résolu à abandonner la place. Comme l’avaient fait beaucoup d’autres avant lui, le vieux salyx babylonica a quitté la scène, fatigué par le temps et les éléments.

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    19 avril 2019

    A l’image du cheval blanc chanté par Georges Brassens, fallait-il qu’il ait du courage, et qu’il soit attaché à la vie, pour avoir traversé autant de saisons, posé sur les deux étais qui l’aidaient à conserver encore un peu son port majestueux. Nul ne sait si l’éclair fut blanc, « mais un jour, dans le mauvais temps, un jour qu'il était si sage », le saule pleureur s’est affaissé, entraînant avec lui et une dernière fois, ses longues branches lianes pendantes. Une chute discrète, moins bruyante que ne fut celle de la cheminée de briques rouges en février 1998, mais peut-être aussi symbolique.

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    30 avril 2019