Louis Calvet, membre de la mutuelle de l’Arac, au pied du monument restauré.
En 2010, le monument érigé en 1996 à l’initiative des Limouxins Michel Salinas et Gaston Delpech, à la mémoire des internés du camp de Rivel (1939-1941), avait été la cible de graves dégradations. Le sentiment d’incompréhension très vif à l’époque des faits, avait amené le collectif chargé de l’organisation des cérémonies annuelles, à déposer une plainte auprès de la gendarmerie. Dans le même temps, une souscription afin de subvenir au remplacement du marbre dégradé avait été lancée, laquelle a permis la réhabilitation du monument, autour duquel les associations militant pour la mémoire, l’antifascisme et la paix, se retrouveront prochainement. Les travaux de restauration confiés à l’entreprise Sanchez de Limoux ont été réalisés tout récemment, afin que la cérémonie annuelle puisse se dérouler dans des conditions normales.
Le lundi 14 mai, l’association des résistants, déportés, internés et emprisonnés politiques (Ardiep), et l’association républicaine des anciens combattants (Arac), honoreront la mémoire de celles et ceux qui connurent l’enfer des camps d’internement. Les élèves du collège Antoine-Pons seront associés à cette journée du souvenir, aux côtés d’Andrée Zdrojower et Serge Pagès, coordinateurs d’une cérémonie qui débutera à 11 h, sur le site de l’ancien camp, au lieu-dit « la scierie de la Prade ».
Les vétérans ont rendu les honneurs à la 3e Cie et au capitaine Jean Danjou (photos Michel Brembilla).
Célébrée à l’initiative de l’AALE (Amicale des Anciens de la Légion étrangère) de Castelnaudary, la cérémonie s’est déroulée en présence des élus locaux et des autorités militaires, accompagnées par un piquet du 4e Régiment Etranger. Après une messe célébrée en l’église Saint-Pierre et les honneurs rendus au monument aux Morts, le cortège s’est dirigé vers la maison natale du Capitaine Danjou. Selon la tradition, un ancien béret vert a procédé à la lecture du récit du combat de Camerone, avant que le clairon du 4e RE n’exécute les sonneries. La cérémonie s’est prolongée en mairie où l’AALE a rendu un vibrant hommage aux enfants de Chalabre ayant inscrit leur nom dans l’Histoire, avant le traditionnel vin d’honneur offert par la municipalité. 
Les élèves de Louis-Pergaud et la chorale Eissalabra ont pris part à l’hommage rendu.
Le président Gérard Couteau durant son intervention.
Après une sonnerie aux Morts impeccablement exécutée par le clairon Gérald Mourareau, la chorale Eissalabra et les petits élèves de Louis-Pergaud entonnaient une vibrante Marseillaise. Le président Gérard Couteau remerciait l’ensemble des participants et tout particulièrement l’équipe éducative de l’école, avant de conclure son intervention en ces termes : « Espérons que le témoignage de votre fidélité, fera prendre conscience à nos grands dirigeants politiques, quelle que soient leurs tendances, qu’après 50 ans de mépris et de dédain, ils comprennent enfin, le message que l’immense majorité des Français nous témoigne à nous, la dernière génération qui a connu les affres, les douleurs, les peurs, les privations de la 2e Guerre mondiale avant notre guerre d’Algérie, nos 30.000 militaires et nos 150.000 harkis tués, et les dizaines de millions de civils européens et arabes, en ayant le courage d’officialiser notre journée commémorative du 19 mars, à l’image des conflits précédents, 11 novembre 1918 et 8 mai 1945 ».