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Patrimoine - Page 133

  • Aristide Peyronnie défie le temps qui passe

    Aristide bis.jpgAristide Peyronnie, six décennies d’expérience, acquise goutte à goutte.

    Tout le monde ne se souvient peut-être pas de la mésaventure survenue en janvier 1996 à Aristide Peyronnie, venu tout droit de son Couserans natal afin d’exercer en Kercorb, la délicate charge de bouilleur ambulant. Ce mardi là, aux alentours de 4h du matin, Aristide avait réussi à sauver in-extremis son alambic encerclé par les eaux furieuses du Blau, avec l’aide de Villefortois, dévoués face à l’imminence de l’irréparable.

    Expérience déplaisante certes, mais rangée au chapitre des anecdotes par notre « brulou de vi » qui en a vu d’autres, en 62 ans de carrière. Au service des bouilleurs de cru depuis 1950, Aristide affiche une sérénité et une mémoire aussi limpides que son divin nectar. Fruits d’une sagesse acquise au fil de plus d’un demi-siècle d’expérience, à peine troublée par deux années sur les rivages tunisiens de Carthage, au titre d’appelé du contingent (1954-1955).

    aristide peyronnie,bouilleur ambulant massat

    Calé sur sa chaise, pensif sous le bonnet qu’une chéchia vient remplacer les jours de cérémonie, Aristide perçoit le moindre battement de son imposant alambic (700 kg), chauffé au bois. Autour de lui, les bouilleurs de cru s’affairent, amenant qui la prune, qui la poire, voire même la cerise. Aristide recharge un peu de bois, et la discussion s’engage autour de la cucurbite, qui passera ensuite le relais aux serpentins. Mais avec les premières gouttes de blanche tombant au fond du décalitre, le silence s’impose, le temps suspend son vol.    

    La mission de notre maître alchimiste, qui continue à relever le défi autant par amour du métier que par nécessité, reprendra demain à la première heure, avec une nouvelle flambée et le retour de subtils effluves d’alcool. Ce quotidien presque hors du temps, va connaître une pause, le temps des fêtes de la Nativité et un retour vers la vallée du Massatois où repose Marinette, l’épouse d’Aristide, décédée le 11 mars dernier. A la rentrée de janvier, Aristide et son alambic auront quitté Sonnac-sur-l’Hers pour retrouver les berges parfois inhospitalières du Blau coulant à Villefort. Puivert, puis Roquefeuil seront les autres destinations à venir de notre « brulou de vi », qui perpétue malgré le temps qui file, un métier qui ne dit pas son âge.

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  • Le Cercle occitan présente l'almanach nouveau

    L'atelier de langue du Cercle occitan du Quercorb (COQ) a le plaisir d’annoncer la publication de l’almanach 2013, 12e d'une riche série.

    cercle occitan del quercorb,armanac 2013L’édition 2013 est dans les kiosques.

    Au premier jour de cette parution, que les amoureux de la « lenga mairalà » attendent avec une impatience renouvelée, les membres du COQ ont voulu se recueillir sur la tombe de leur président, disparu le 11 novembre dernier. Une interprétation du « Boièr » et du «  Se canto », a permis au collectif de rendre un bel hommage à leur ami Robert Roncalli, défenseur assidu, s'il en fut, de la langue occitane.

    Honorer la mémoire de Robert Roncalli     Année après année, son investissement quotidien dédié à la réalisation de l’« armanac del Quercorb », aura été sans faille, jusqu’à ce que la maladie ne lui arrache ses dernières forces. 

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    Photo archives, Avril 1997, Festa de la Prima : La Sofià, Peire Brun, Robert Roncalli et Laurent Cavalié.

    Un travail que l’équipe composée de Raimonda Chopineau, Avelana Cumming (Hazel en anglais), Maria Francesa Cuxac, Sofia Jacques de Dixmude, Magdalena Le Phat Vinh, Ugueta Plantié et Marianna Salon, a souhaité poursuivre, afin d’honorer la mémoire de son président.

    Cette nouvelle production fourmille d'une multitude de thèmes originaux. Histoire locale, conseils de jardinage, dessins humoristiques, recettes de cuisine et petits détails qui changent tout, "brave colhonadas", sont proposés en même temps qu'un calendrier très précis de l’année 2013, lui même agrémenté de dictons que l'on peut qualifier, soyez-en-sûr, de derrière les fagots. Au fil de la lecture, le lecteur apprendra comment un petit chien natif de Rivel et exilé à Mirepoix, avait pris l’habitude de revenir tout seul au pays, quand l’envie lui prenait, en montant tout simplement dans le train.

    Un ouvrage aussi riche que divertissant     Les membres de l'atelier du COQ vous invitent à effeuiller l'almanach nouveau, un ouvrage aussi riche que divertissant, à découvrir sans plus tarder. Cette douzième édition est en vente à la mairie, à la bibliothèque municipale, ainsi que chez les membres du cercle occitan, au prix de 10 €. Pour l'heure, l’équipe souhaite "Una bona annada a totes, plan granada e acompanhada d'un ramat d'autras" 

  • Vei fan les ans que tueron Fluris !

    F luris 13 Déc. 2012.jpgIls ont perpétué une tradition vieille de 315 ans.  

    Le charivari annuel organisé à la mémoire du Sieur Jacques Fleury, collecteur d’impôt fauché par un ou deux coups d’escopette  le 13 décembre 1697 dans la nuit chalabroise, s’est déroulé comme prévu en ce doux jeudi de Ste Luce. Le tout dans une ambiance très bonne enfant, l’objectif principal étant de faire du bruit, et du bruit seulement.

    A 18h 30 précises et autour d’une halle enveloppée dans la pénombre, là-même où jadis un collecteur à la chambre à sel s’était laissé aller à de frauduleuses pratiques, les petits « arrossegaïres » ont entamé un tour d’honneur endiablé. Au premier « Vei fan les ans que tueron Fluris ! », les traîneaux ont commencé à virevolter sur le pavé.

    fluris,sainte-luce

    Un trio de meneurs allait très vite passer aux commandes, emmenant vers les cours Colbert, Sully et d’Aguesseau, leurs compagnons de charivari. La bruyante commémoration allait continuer de plus belle, jusqu’à ce que la fatigue n’ait raison de tout ce petit monde. L’heure était venue de rejoindre la table familiale où une bonne soupe, salée mais sans plus, allait ranimer des organismes mis à rude épreuve par une tradition qui semble avoir quelques beaux jours devant elle. 

    fluris,sainte-luce

    Près de 50 ans séparent ces deux photos.

    fluris,sainte-luce

    Un album-photos Fluris 2012 a été mis en ligne.

  • La passerelle du Pont-Rouge a vécu

    passerelle du pont-rougePhoto archives, Mai 2012.

    Le quartier du Chalabreil était des plus animés en ce jeudi 11 octobre, à l’heure où la passerelle du Pont-Rouge s’offrait un ultime ballet aérien, sous l’action d’une grue aux dimensions XXL. Vaincue par l’effet destructeur et pervers de la corrosion, la vieille structure métallique qui aura permis à des générations de Chalabrois, de rallier l’école primaire, l’usine Canat, l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques ou le cimetière Saint-Pierre, s’est risquée à un dernier soubresaut, avant d’abandonner son sort aux morsures du chalumeau. 

    Mise en place en février 1885, en remplacement d’un simple bâti de bois, cette armature métallique suspendue au-dessus d’un paisible cours d’eau avait été emportée par la crue surprise du Chalabreil, le mardi 11 juin 1895. Stoppée dans son élan à la hauteur de l’ancienne école des filles, elle avait attendu près d’un an (mai 1896), avant de retrouver un nouvel ancrage, largement surélevé afin d’éviter toute autre mésaventure (Sources Serge Fournié).      

    Après 116 années de bons et loyaux services, la passerelle du Pont-Rouge et ses milliers de rivets vont désormais trouver une place de choix dans la mémoire collective. Quant au pont nouveau, il devrait être jeté sur le Chalabreil avant la nouvelle année. 

    passerelle du pont-rougeSuspendue aux élingues d’une grue, la vieille structure métallique a définitivement quitté ses bases (photo André et Marie-Claude Massol).

    Un album-photos "Feu la passerelle du Pont-Rouge" a été mis en ligne (photos Roland Castella).