Près de 40 années séparent ces deux prises de vue
Patrimoine - Page 73
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Un jour, deux images
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Les vestiges du Chalabreil
A hauteur de la rue du Pont Vieux, les pointes de bois telles qu’elles apparaissaient déjà après la crue de décembre 1996.
Dans la journée du 22 janvier dernier, les trois cours d’eau qui traversent la cité du Kercorb atteignaient l’un après l’autre leur cote d’alerte. Gonflés par les chutes de pluie, l’Hers, le Blau et le Chalabreil charriaient des flots noirs et chargés, entraînant des crues qui allaient provoquer de très importants dégâts. Au lendemain de ces inondations, le cours du Chalabreil débarrassé de ses alluvions par les eaux furieuses a laissé une nouvelle fois apparaître les vestiges de piliers de bois semblables à des supports de passerelle ou de pont. Certains pensent qu’il pourrait plutôt s’agir des vestiges d’un lavoir.
D’après les archives conservées en mairie, il est dit que le pays de Kercorb devint après 1210, frontière de la France, du comté de Foix et du royaume d’Aragon. Un pacte fut alors signé entre le Roi de France et le Kercorb, à la condition que les habitants gardent les châteaux forts et les frontières. De ce jour, le Kercorb devint Terre Privilégiée. Plus tard en 1366, mission est confiée au premier Baron de Bruyères-Chalabre « de faire clore la ville d’un mur entouré d’un large fossé, pour la mettre en état de résister aux ennemis du Roy ». Comme le rapporte un document extrait du magazine Chemin-Faisant, ce mur d’un mètre d’épaisseur ceinturait la citadelle et seuls « deux ponts en bois de chêne enchâssés dans des embrasures en pierre de taille » en permettaient l’accès.
Ces pointes de bois mises à jour en décembre 1996 seraient-elles les vestiges d’un des ponts qui permettaient le contrôle des allées et venues dans la bastide de Chalabre ? Rien n’est moins sûr mais il est permis de le penser. Le mur d’enceinte quant à lui, servit également de protection lors des épidémies de peste. Avant son édification, une première épidémie avait décimé plus de la moitié de la population chalabroise, c’était en 1348. Aujourd’hui, les pierres de cette muraille mise à bas donnent leur force depuis bientôt 200 ans, aux racines des platanes qui ornent les cours d’Aguesseau, Docteur Joseph Raynaud, Sully et Colbert.
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Une équipe investie pour la préservation du patrimoine
Les travaux de rénovation vont se poursuivre sur le mont Calvaire.
Les nouveaux marguilliers multiplient les initiatives en faveur de la Chapelle de Réparation.
Mardi 14 janvier, les membres de l’association « Ensemble pour le Calvaire » participaient à l’assemblée générale annuelle, en mairie, salle du conseil. Après avoir souhaité la bienvenue à chacun, le président Michel Alègre proposait de prendre connaissance des rapports moral et financier.
A l'actif du groupe de bénévoles pour l'année écoulée, les actions les plus marquantes auront été les restaurations du Chemin de croix et du tableau « Le repas de famille », oeuvre inscrite sur la liste des oeuvres protégées. A la conclusion d’un bilan financier sain et positif, quitus était donné au bureau démissionnaire. En l’absence de nouvelle candidature, l’équipe a été reconduite comme suit : Michel Alegre, président, Yves Bachère, trésorier, Claudie Alegre, secrétaire. Les adjoints étant respectivement Odile Bachère, Bernadette Larrue et Gérard Brunelet.
Les perspectives 2020 ont ensuite été listées, un des moments forts et attendus étant l’inauguration du Chemin de croix et celle du tableau, programmées pour le 13 avril, lundi de Pâques. Egalement évoquées, la possible restauration d'un deuxième tableau, ainsi que la mise en chantier de divers travaux d'entretien. Au chapitre des animations autour et dans la chapelle, seront proposés deux concerts de Musique en Kercorb à l’été, l’ouverture des lieux pour les Journées du Patrimoine, ou à la demande (un calendrier des jours d'ouverture sera affiché sur la porte). Avec une conférence de Martine Rouche, guide conférencière sur les bas reliefs sculptés par Paul Manaut (date à définir). L'ordre du jour étant épuisé, la séance était levée, laissant place à la dégustation de galettes.
En août 2002, Etienne Morand et les Troubadours de Castalie avaient recréé l’atmosphère des cours d’amour (photo ci-dessus). Une belle animation qui laissaient augurer de la qualité des concerts proposés depuis 2012, dans le cadre de Musique en Kercorb.
La statue de la Vierge a également fait l'objet d'une rénovation.
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La stèle de Fluris a rejoint la halle
Cédric, Bernard et Jérôme ont assuré la mise en place de la stèle.
En décembre 1997, la place du lac accueillait un superbe monolithe destiné à célébrer le Tricentenaire de la mort, à 48 ans, de Jacques Fleury, contrôleur au grenier à sel de Chalabre.
La stèle sur la Place du Lac (photo archives Juin 2007)
Mise en place à l’initiative de l’association Il était une fois Chalabre, cette cérémonie inaugurale avait alors permis aux « arrossegaïres » (tireurs de traîneaux), de remplacer une tombe absente par un tombeau symbolique, où le nom de Fluris, tels que les Chalabrois le nomment, serait inscrit. Et chaque 13 décembre, depuis 22 ans maintenant, la stèle faisant face au donjon du château de Mauléon, recevait la visite nocturne et bruyante des artisans du charivari de Fluris.
Mais à la fin de l’automne 2019 et à quelques semaines d’un 322e rendez-vous avec la tradition, la décision était prise de déplacer le symbole en granit vers le centre de la cité et la halle. Là-même où Jacques Fleury, aurait « détourné sur chaque minot de sel vendu, un peu de sel qu’il vendait aux gens de Limoux et Mirepoix au prix fort ». Il est utile de rappeler qu’en ce temps là, « le sel était à Chalabre le moins cher de toute la province du Languedoc. Certains contrôleurs en poste à la chambre à sel de Chalabre ne purent résister à la tentation de tirer profit de cette situation particulière » (Patrick Lasseube, 1987).
Et c’est ainsi que par les bons soins de Jérôme Escande, assisté de Cédric Courdil et Bernard Sariège, des services techniques municipaux, la stèle destinée à pérenniser le souvenir de Fluris, a quitté son socle originel, pour se dresser désormais Place Espérance Folchet. Une stèle entièrement et gracieusement restaurée par l’entreprise Escande, à laquelle l’association Il était une fois Chalabre adresse de chaleureux remerciements, ainsi qu’à la municipalité.