Patrimoine - Page 75
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Joyeux Noël !!!
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L’ombre de Fluris a flotté sur le charivari
Un à un, les « arrossegaïres » s’élancent depuis la maison commune.
Au rendez-vous du 13 décembre, manqué en 2017 et 2018, petits et grands étaient venus faire étinceler le pavé dans la nuit noire d’un vendredi dédié à la tradition. Trois siècles, quatre lustres et deux années après la mort brutale de Jacques Fleury, les « arrossegaïres » (tireurs de traîneaux) étaient là, criant à tue-tête de vibrants « Vei fan les ans que tueron Fluris ! ».
Les plus petits, et peut-être les plus perplexes, se demandant qui était donc ce Fluris, dont le nom était scandé à chaque angle de rue. Certes, les plus anciens le présentaient comme un contrôleur à la chambre à sel de Montpellier, qui se serait trouvé nez à nez avec la faucheuse, en une froide nuit de Ste Luce. Un employé modèle Monsieur Fleury, mais qu’allait-il faire rue Porte d’Aval, en ce 13 décembre 1697 ?
Qu’importe car au final, les rues de la bastide vont renvoyer l’écho d’un joyeux et tonitruant cortège, avant qu’une vision spectrale venue depuis la rue Saint-Antoine, n’apparaisse dans un halo irisé par la pluie. Fluris, maître du mystère, venait se mêler au flot des « arrossegaïres », honorant le carton d’invitation reçu pour l’inauguration d’une stèle à sa mémoire. Ce mystérieux revenant, enveloppé dans un suaire tricentenaire et assisté par Michel Brembilla, président de l’association Il était une fois Chalabre, a dévoilé une stèle destinée à pérenniser le charivari de Fluris. Autour de ce granit gravé et dressé par Jérôme Escande, assisté de Cédric Courdil et Bernard Sariège (services techniques municipaux), un dernier « Vei fan les ans que tueron Fluris ! » a résonné. Puis la vieille halle aux blés, et les rues de la bastide, ont été rendues à leur tranquillité, tandis que des bambins flapis troquaient un traîneau pour une soupe chaude. Il faut imaginer Fluris heureux.
Un mystérieux revenant a dévoilé la stèle
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Fluris : H -13
Mercredi 11 décembre, l'ancien hall de la gare de Chalabre accueillait de jeunes tireurs de traîneaux (arrossegaïres), venus préparer le charivari de Fluris. Aimablement accueillis dans un inévitable tintamarre par Solène Callarec et l'association Atout Fruit, elles et ils ont travaillé avec beaucoup de méthode, à l'écoute des conseils de leurs prédécesseurs, certes rattrapés par les années, mais toujours aussi motivés par la perspective d'un nouveau « chirbilhi ». Préfiguration d'un rendez-vous avec la tradition, fixé ce soir vendredi 13 décembre à 18 heures 30 devant la mairie, cours Sully. En cette journée de Sainte-Luce, il s'agira de faire du bruit, beaucoup de bruit, rien que du bruit.
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Tradition de Fluris : Un atelier traîneau pour les apprentis charivaristes
Patrick Lasseube a retrouvé ses amis autour de l’histoire de Fluris.
Dans la perspective d’un charivari attendu pour le vendredi 13 décembre prochain, et après deux années de complète interruption, la cité chalabroise sera-t-elle cette fois au rendez-vous d’une tradition plus que tricentenaire ? Entendra-t-on scander à nouveau, « Vei fan les ans que tueron Fluris ! » ? 322 ans après une soirée de Sainte-Luce mise à profit pour envoyer le sieur Jacques Fleury, contrôleur à la chambre à sel de Chalabre, au tréfonds des ténèbres, que reste-t-il de la légende ?
Des questions qu’une assemblée réunie dernièrement au théâtre Georges-Méliès s’est posée avec plaisir et intérêt, en compagnie de Patrick Lasseube (photo ci-dessus), auteur d’un travail de recherche sur ce charivari unique, réalisé à la fin des années 1980. De retour en Kercorb où il retrouvait ses fidèles amis « Oustaliens », Patrick Lasseube a proposé des images d’hier mêlées à des témoignages sonores de Chalabrois aujourd’hui disparus, qui auront empli le théâtre d’une atmosphère troublante, assez pour faire frémir le linceul de Fluris.
En préambule, Christophe Roncalli avait offert des extraits du texte de Roger Boutellier, substitut général à la cour d’appel de Toulouse, évoquant « les milliers d’enfants qui, au cours des siècles, se sont retrouvés dans cet étrange et tonitruant cortège » (photo ci-contre).
Au fil des ans, l’image de Fluris s’est fanée et l’avenir du charivari est plus qu’incertain, mais après la présentation du diaporama de Patrick Lasseube, auquel étaient associés les élèves du collège Antoine-Pons et de l’école Louis-Pergaud, l’espoir renaît. Tout aussi solide que les liens assemblant la chose métallique traînée sur le pavé, le fil entre les générations n’est pas pour autant rompu. Les « arrossegaïres » (tireurs de traîneaux) de tous âges ont rendez-vous mercredi 11 décembre à 14 heures à la gare de Chalabre, où un atelier de confection de traîneaux sera ouvert.
Les Oustaliens à nouveau réunis