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Poésie - Page 34

  • Le temps des fenaisons

    L'heure est à l'incertitude mais l'espoir demeure, avec un printemps égal à lui même et qui jour après jour, « fait le métier ». Pourquoi ne pas lui faire entière confiance, et profiter d'un avant-goût de l'été qui vient, avec un poème écrit par Bernard Cnocquart.

    bernard cnocquart

    Photos Maurice Mazon

    Le temps des fenaisons

    Il est bien loin le temps des fenaisons,                                              

    quand dans les près pentus de Constantine,                            

    tous ces hommes robustes écoutaient pépé Léon,                

    avec deux jolis bœufs comme seule machine.

     

    Métayers de M. Marty, avec des terres ingrates,                              

    la famille Lapasset n’était pas trop aisée,                                        

    du côté de la scierie un grand champ de patates,                      

    et dans la plaine quelques parcelles d’avoine et de blé.

     

    Point d’aides de la PAC, seulement celle des voisins,                              

    ils travaillaient durement pour un maigre salaire,                                

    un troupeau de quelques vaches, les légumes du jardin,                  

    les volailles et le cochon pour agrémenter l’ordinaire.

     

    Je revois alors le grand père, grand et solide,                            

    saisissant le lourd joug poli par les années,                                      

    pour rassembler ces bœufs gascons placides,                              

    avec des lanières de cuir quelque peu usées.

     

    Il n’oubliait pas de leur mettre « les mourials »,                        

    ces muselières de grillage pour les empêcher de paître,    

    puis il accrochait la faucheuse et donnait le signal                                  

    pour rejoindre Constantine par ce chemin champêtre.

     

    Assis sur le siège métallique percé de trous,                  

    j’accompagnais bien souvent le convoi, fier comme Artaban,

    mais au pied du Plantaurel, à la fin du parcours,                    

    Léon prenait alors les rennes pour commencer le champ.

     

    Fasciné, je regardais le va et vient de la longue lame,                    

    et ces hautes herbes qui s’écroulaient en se couchant,

    mais combien de pas, d’aller et retour pour arriver en dame,                

    sous le soleil avec un peu d’eau comme seul remontant.

     

    Et le lendemain, ils revenaient pépé et les tontons,                    

    pour retourner cette herbe séchée par le soleil ardent,        

    et passer l’imposant râteau toujours tiré par les gascons,                          

    pour rassembler le foin en longues rangées odorantes.

     

    Puis, à coups de fourches, ils confectionnaient  les gaysous, 

    ces grands tas d’herbe, protection utile pour la pluie,            

    et moi petit garçon, je participais mais pas beaucoup                

    en tirant le râteau en bois parfois jusqu’à la nuit.

     

    Après quelques jours ils remontaient avec la charrette,                      

    ce char étroit de couleur bleu délavé et écaillé,                            

    pour redescendre bien à l’abri dans la grange douillette                        

    ce foin durement gagné par ces chiches métayers.

     

    Il fallait voir le grand père et son habilité,                                    

    qui juché sur la charrette et à coups de brassées,                            

    équilibrait harmonieusement la charge avec dextérité,                        

    pour que ce lourd chargement ne verse dans le fossé.

     

    Souvent, ils faisaient un autre charroi selon le temps,            

    et dès le lendemain, à l’aube, il en fallait plus de trois,                        

    pour décharger et entreposer ce nouveau chargement                          

    et remplir cette grange et la bourrer jusqu’au toit.

     

    Papa et maman avant de rejoindre leur usine,                          

    donnaient aussi un coup de mains bien nécessaire,                        

    alors quant tout était à l’abri pour les vaches limousines,      

    Léon était alors heureux, bonheur bien ordinaire.

     

    En ce temps là, chaque vache avait son petit nom,                      

    dès octobre et les premiers froids, elles restaient à l’étable,

    et c’est plus tard, vers avril, qu’elles repassaient le pont,                  

    pour paître dans les prés de Constantine, lieu bien agréable.

         Bernard Cnocquart (Mars 2017)

  • La fête du cochon

    Au terme d'une série de travaux de recherche aussi anciens que sérieux portant sur le cri d'un cochon qu'on égorge, un groupe de scientifiques a réussi à séquencer trente-six intonations différentes, chacune traduisant un très vif mécontentement. Ce constat pourra certainement être confirmé par Bernard Cnocquart, témoin d'une époque, et auteur du poème mis en ligne aujourd'hui.  

    La fête du cochon.jpg

    La fête du cochon

     

    Acheté tout chétif dès le mois de janvier,

    Au marchand de Fougax, un dénommé Jany,

    Le petit porcelet a beaucoup profité

    Grâce à ces betteraves et le vieux pain rassis.

     

    Avec les premiers froids, lui le joli porc bien gras,

    Ne se doute t’il pas, qu’avec la vieille lune,

    Passer en quelques jours de la vie à trépas,

    Mais le jour est venu pour la sanction commune.

     

    A vu d’œil, Léon l’a soupesé, il fait bien deux quintaux,

    Ils choisissent le jour, ce sera samedi,

    Car il faut bien du monde et surtout des costauds,

    Pour que cette tragédie ne soit pas comédie.

     

    On ressort le matériel, les racloirs, les couteaux,

    La vieille moustadoure, la bascule tremblante,

    Et puis de bon matin, on allume le feu avec quelques copeaux,

    Pour qu’à l’heure propice, l’eau soit bien bouillante.

     

    Ça y est, c’est l’heure grave, grand père avec son crochet

    Tire le condamné, il est solide mais il a bien compris

    Que la partie est perdue face à ces hommes décidés à tuer,

    Mais il va crier, se défendre, espérant un sursis.

     

    Chacun à une patte, il est empoigné, retourné,

    Moi, tout jeune enfant, je le tiens par la queue,

    Mais je ferme les yeux en voyant mon pépé

    Enfoncer le couteau et tout ce sang visqueux.

     

    La grand-mère Albanie, toujours de noir vêtue,

    A pour la circonstance mis un tablier bien blanc,

    Pour récupérer le sang de l’animal qu’on tue,

    Dans un grand plat de grès, toujours en remuant le liquide fumant.

     

    Pas de cris de joie, mais les regards sont tristes, fuyants,

    Car depuis presque un an, il était lui aussi un peu de la maison,

    Mais c’était nécessaire, car la vie est bien dure dans le monde paysan,

    Avec bien plus souvent la soupe de patates que le bon saucisson.

     

    A quelques kilos près, pépé avait vu juste,

    Mais il faut se dépêcher car l’eau est à point,

    Alors il y est plongé par ces hommes robustes

    Qui en quelques minutes le pellent avec soin.

     

    Ce cadavre bien propre est alors suspendu

    Au milieu du couloir, les pattes écartées,

    Et à grands coups de couteau, le gros ventre est fendu

    Pour y récupérer les entrailles encore enfumées.

     

    Les corbeilles sont remplies avec cette tripaille

    Que les femmes et les hommes portent à la rivière,

    Et dans cette eau glacée en ce jour de grisaille,

    Elles sont bien nettoyées sans faire de manière.

     

    La tête déjà tranchée, on a vite récupéré

    La bonne viande rouge pour le repas du soir,

    Pour le bon cassoulet et la traditionnelle fricassée,

    Mais déjà dans le chaudron cuit le boudin bien noir.

     

    Puis dans cette eau gluante on fera le millas,

    Celui de couleur noire, pas trop appétissant,

    Moi, je préfère mieux le blanc, celui plus délicat,                                                  

    Et que mémé prépare pour le petit gourmand.

     

    Le cochon est tout raide dans ce couloir glacial,

    Alors de bon matin, les hommes commencent la découpe,

    Et autour de la longue table et sans cérémonial,

    Les filles et les garçons, tout le monde s’attroupe.

     

    Léon n’est pas boucher, mais il a du métier,

    Car en très peu de temps, il a terminé sa besogne,

    Mais il n’a pas oublié le petit écolier,

    Pour qui il a chapardé le bout de carbonade, sans vergogne.

     

    Les gros jambons découpés seront bientôt salés,

    Par quelques mains expertes car il ne faut pas les manquer,

    Les viandes sont triées, mélangées pour faire des pâtés,

    Mais pour les saucissons, la manivelle il faut tourner.

     

    Après quelques poignées de poivre et de sel, on goutte avec les doigts

    Mais rien ne vaut le tastet cuit dans la cheminée,

    On rajoute quelques pincées, une, deux et puis trois,

    Et on mélange encore à grands coups de brassées.

     

    Ah, pour les saucissons, c’est bien plus rigolo,

    Il faut faire attention car la tripe est fragile,

    Sans trop de brusquerie, il faut y aller mollo,

    C’est le travail des dames, elles sont bien plus habiles.

     

    Dans l’âtre flamboyant, dans l’imposant chaudron,

    Cuisent les bas morceaux car tout est profité

    Qui dans la graisse bouillonnante deviennent des fritons

    Pour faire ce met bien graisseux mais fort apprécié.

     

    On cherche un dégourdi pour gonfler la vessie,

    Qui après maints efforts devient un gros ballon

    Pour contenir la graisse, toujours pas de gâchis,

    Car il a tout donné ce brave et bon cochon.

     

    Ça y est, c’est terminé, sur la petite table en bois de pin,

    La grand-mère Albanie dispose quelques assiettes

    Qu’elle remplit de millas, un peu de coustellou, une anse de boudin,

    Et pour les plus intimes de ce bon pâté de tête.

     

    On appelle cela comme c’est la coutume, le présent du curé,

    Car on n’oublie pas dans ces familles pauvres le service rendu,

    Par les voisins, les amis, qui au cours de l’année

    Les ont souvent aidés, ce serait mal venu,

    Mais il y a bien longtemps, c’était le temps de la solidarité,

    Du respect, de la loyauté, ces valeurs quelque peu disparues.

     

                     Bernard Cnocquart (Novembre 2008)

  • « Nul sur cette terre ne sert à rien »

    gilles billaut,thiseLe poème qui suit a été écrit par l'ami Gilles Billaut, habitant de Thise (Doubs), et passionné par l’écriture. Souvent présent à l’été sur les hauteurs du hameau du Cazal, vacancier multicartes, tantôt gaulois, brigadier ou cycliste, Gilles Billaut a décidé à travers un poème, de rendre hommage aux héros du quotidien. Celles et ceux qui sont applaudis tous les soirs sur les balcons, mais qui il y a peu de temps encore, pouvaient paraître invisibles à certains. Ce poème a été publié le lundi 20 avril dans le journal l’Est Républicain, édition de Besançon.

    Les inutiles

    Dans le tain de leur miroir
    Se regardaient, sans se voir
    Les hommes, les femmes anonymes
    Sans se prendre pour des victimes


    On ne les reconnaissait pas
    De leurs métiers faisions peu de cas
    Éboueurs, caissières, pompiers
    Infirmières, médecins, ambulanciers


    Dont les vertus premières
    N’étaient pas leurs salaires
    Nous savions qu’ils existaient
    Mais souvent on les oubliait


    Ne voulant savoir ce qu’ils faisaient
    Après tout, peu nous importait
    Même s’ils rendaient service à la population
    Faisaient partie intégrante de la nation


    Les uns, les autres, de nous prenaient soin
    Nous les snobions, les regardions de loin
    Dénigrant, pour certains l’utilité
    Des métiers du bas de l’humanité

    Mais, quand une forte pandémie

    D’un virus malmena nos vies
    Nous avons pris conscience enfin
    Que sans eux, notre existence touchait à sa fin


    Aujourd’hui, notre comportement est différent
    De la conduite à tenir et à ne plus être indifférent
    Nous reconnaissons leur force, leur abnégation
    À ces êtres humains, fiers de leurs missions


    Nul sur cette terre ne sert à rien
    Chaque homme nous vaut bien

  • Bonheurs d’enfance

    Quand les images d'une enfance vécue dans notre voisine Ariège, rappellent également des souvenirs aux grands enfants du pays chalabrais. L'ami Bernard se souvient, juste comme si c'était hier. 

    Bonheurs d’enfance

    De ma tendre enfance, dans Le Peyrat des années cinquante,

    Il y a tant de bonheurs qui me reviennent à la mémoire,

    Des scènes de la vie d’autrefois, de la vie courante,

    Des personnages, des odeurs, et des belles histoires.

     

    Ce n’étaient que des petits bonheurs bien ordinaires

    Pour le petit enfant de l’époque, mais devenu papy

    Il se demande aujourd’hui en faisant l’inventaire,

    Qu’on ne peut et on se doit de ne pas les laisser dans l’oubli.

     

    Je me souviens, mais comme vous aussi sans doute,

    De ces ambulants, on ne parlait pas encore d’artisans,

    Qui chaque année s’arrêtaient au village, sur leur route,

    Pour rendre quelques menus services à ses chiches habitants.

     

    Sa place habituelle était sous le grand platane,

    Ce n’était que de la terre battue, pas encore de goudron,

    Mais ça lui suffisait au rétameur pour qu’il dépanne,

    Et puisse faire fondre l’étain dans un grand chaudron.

     

    Annoncé au son de son tambour par Monsieur Moulins,

    Les femmes lui apportaient casseroles, faitouts et bassines,

    Alors avec quelques sous pour seul gagne pain,

    Il remettait à neuf bien des ustensiles de cuisine.

     

    Pour quelques jours, il était l’attraction des enfants

    Qui contemplaient cet homme au visage bruni, un peu magicien

    Tremper fourchettes et cuillères usagées dans cet étain brillant

    Pour les ressortir belles et éclatantes en un tour de main.

     

    Il passait aussi le rémouleur tirant sa remorque atelier,

    Il aiguisait tout, couteaux, ciseaux et haches sur sa meule

    Qu’il actionnait en pédalant d’un rythme régulier,

    Et nous regardions étonnés s’échapper ces gerbes d’étincelles.

     

    Et ce dentiste ambulant, plutôt l’arracheur de dents,

    Ce petit homme au chapeau qui revenait tous les ans,

    Avec dans sa mallette seulement quelques instruments,

    Un extracteur et deux ou trois pinces pour soulager les habitants.

     

    Comme soins dentaires, il ne fallait compter que sur l’extraction,

    Pas de roulette ni de plombage, et pour atténuer la douleur,

    Un bon verre de gnole qui était aussi radical pour l’infection,

    Et il clamait que cela ne faisait pas mal, un vrai menteur.

     

    Il restait quelques jours, dormait chez Eugène, Monsieur le Maire,

    Sur une paillasse dans la grange, se contentant de peu,

    Avec quelques billets et victuailles comme seuls honoraires,

    Parfois il partageait la table des villageois, c’était bien mieux.

     

    Plus régulièrement car habitant Chalabre, venait le matelassier,

    Surnommé le Nanet car il n’était pas bien grand,

    Il s’installait sous la place pour exercer son métier,

    Et réparer les matelas bien fatigués par l’usure du temps.

     

    Il enlevait alors la toile rayée constellée d’auréoles,

    Et avec une petite machine, une cardeuse, après avoir ôté la laine,

    Il la nettoyait, l’étirait pour la regonfler, et après contrôle,

    Il la disposait entre les ressorts de façon homogène.

     

    C’était toujours un tissu rayé, une toile de coutil

    Qu’il utilisait pour la finition, gris ou bleu sur fond blanc,

    Et puis avec toutes sortes d’aiguilles et du gros fil,

    Il surfilait et cousait ourlets et bourrelets avec talent.

     

    Avec leur roulotte tirée par des chevaux faméliques

    Passaient bien souvent des nomades, des gitanes,

    Ils vendaient des babioles et faisaient des numéros de cirque,

    Et je revois dans le pré de Laffont ce campement de caravanes.

     

    Ils étaient bien pauvres et toujours aussi sales,

    Attention aux poux nous disaient nos parents,

    Ils n’étaient guère appréciés car après leur passage,                              

    Il manquait toujours quelque chose à certains habitants.

     

    Grâce à eux, j’ai le souvenir d’avoir vu sous le préau de l’école,

    Tenu en laisse par un de ces moustachus un ours faire des mimiques,

    Et aussi dans une cage en fer dressée sur une carriole,

    Un gorille tout noir, bien malheureux, loin de son Afrique.

     

    Vous devez vous en souvenir du peilharot, le dénommé Bijou,

    Il venait de Rivel tous les dimanches matin avec sa mobylette,

    Pour récupérer les peaux de lapins et ce pour quelques sous,

    En criant peau de lapin, peau de lapin, au son de sa trompette.

     

    Dans ce village campagnard beaucoup avaient leur élevage,

    Car l’argent manquait sûrement pour aller à la boucherie,

    Et chez mes grands-parents pour préserver ces jolis pelages,

    Les peaux étaient tendues avec des bâtons ou de paille garnies.

     

    Mais Bijou avait un concurrent, le corpulent et célèbre Roncalli,

    Célèbre car il était un cousin du Pape Jean vingt-trois,

    Et avec sa camionnette il récupérait un peu tout, les vieux habits,

    Les cartons, la ferraille et ces fameuses peaux, ça va de soit.

     

    Régulièrement avec tapis et couvertures sur les épaules

    Nous rendaient visite quelques marchands bronzés, les Catalans,

    Il fallait marchander les prix demandés, c’était tout drôle,

    Mais ils étaient bien acceptés ces vendeurs venant de Léran.

     

    On disait que c’était de la marchandise de contrebande,

    Mais il y avait des acheteuses pour compléter les trousseaux,

    Avec draps, couvertures et torchons, sans peur de réprimande,

    Mais avec parfois quelques surprises, la qualité faisant défaut.

     

    Mémé Albanie pensait avoir fait une bonne affaire

    En achetant à un bon prix fourchettes et cuillères en argent,

    Sûr, elle était belle dans son écrin de velours rouge, la ménagère,

    Mais rapidement les couverts avaient perdu de leur brillant.

     

    C’était bien une petite voiture et non pas une barque

    Avec laquelle se déplaçait Monsieur Monnier, le photographe,

    Ce vieil homme avec sa barbichette et chapeau, tel un monarque,

    Venait nous tirer le portrait avant un devoir d’orthographe.

     

    Alors devant l’école, nous étions rassemblés, immobiles et sérieux,

    Pour la photo de groupe avec Mlle Sergolle et M. Pousse,

    Devinant devant nous sous un tissu noir le vieux Monsieur,

    Et espérant voir sortir le petit oiseau de sous cette housse.

     

    Il y a bien longtemps mais les odeurs sont tenaces,

    Dans mon esprit ressortent les effluves de cette époque,

    L’odeur suffocante de l’alambic et cette eau de vie coriace

    Que nous allions goûter en cachette dans la bicoque.

     

    J’ai encore dans les oreilles le son du marteau sur l’enclume

    Donné par le Fantou du fond de son antre toute noire,

    Et cette odeur de corne brûlée, pleine d’amertume,

    Quand il ferrait un cheval ou un bœuf, toute une histoire.

     

    Je ne ressens plus aujourd’hui ce parfum de pain frais,

    Il n’y a plus de fournil, les boulangers épuisés ont abandonné,

    C’est bien propre, plus de rigole rouge devant chez le Pierret,

    Et les odeurs de vin ne chatouillent plus mon nez.

     

    Ah, ce joli bruit de clochettes accompagnant les troupeaux

    Quand après la pâture les vaches rejoignaient leur étable,

    L’odeur du foin fraîchement coupé, le bêlement fragile des agneaux,

    C’était tout cela les petits bonheurs, et non pas une fable.

                                 Bernard (mai 2015)