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Poésie - Page 31

  • Hommage à nos Poilus de 1914-1918

    Depuis plus d'un siècle, le mois de novembre évoque la tragédie meurtrière de 1914-1918. L'auteur du poème mis en ligne rend hommage à tous ces jeunes citoyens engagés dans « la première guerre totale de l'Histoire ».

    Hommage à nos Poilus de 1914-1918

    A la déclaration de cette horrible guerre                                                    

    beaucoup étaient certains qu’elle ne durerait pas,                                        

    que notre armée, partie pour défendre nos terres                                    

    nous reviendrait bien vite après quelques combats.

     

    Bon nombre s’en allèrent, jeunes et inconscients                                                        

    presque avec le sourire et la fleur au fusil,                                              

    croyant que ce conflit contre les Allemands                                                              

    serait vite réglé, comme on leur avait dit.

     

    Mais bien vite ils comprirent ce qui les attendait :                                              

    être loin de leurs femmes, leurs enfants, leurs familles,                                              

    englués dans la boue au fond de leurs tranchées                                          

    espérant chaque jour, chaque instant de survivre.

     

    Ils passèrent des jours, des mois, traumatisés                                                      

    dans le fond de leur trou, mélangés aux cadavres                                            

    de leurs copains tombés à chaque assaut donné,                                          

    souvent cloués sur place, sous le feu des mitrailles.

     

    Sous la pluie des obus qui tombent sans arrêt                                    

    déchiquetant les corps de nombreux combattants                                          

    s’abritant dans les trous que les bombes laissaient                  

    beaucoup furent trouvés ensevelis vivants.

     

    Après tant de combats et de luttes acharnés                                                      

    pour gagner quelques mètres vers les tranchées adverses                                

    des milliers succombèrent sous les gaz meurtriers                                                      

    nouvelle arme ennemie, infâme découverte.

     

    Au plus fort de l’hiver, endurant leurs souffrances                                              

    sous la neige et le froid, souvent les pieds gelés                                                    

    ils combattaient toujours avec cette espérance                                                

    de rendre à leur pays Honneur et Liberté.

     

    Souvent dans leur détresse, le temps d’une accalmie                                

    ils laissaient tout leur cœur dans l’écrit d’une lettre                                      

    à tous ceux qu’ils aimaient, à leurs parents chéris                                                        

    ceux qui avec amour, un jour les ont fait naître.

     

    Accusés sans pitié de haute trahison                                                              

    sans être ni des traîtres, ni des soldats rebelles                                                    

    beaucoup furent passés devant le peloton                                                          

    exécutés sur ordre de notre armée française.

     

    Chaque année en novembre devant les monuments                              

    où tant de noms inscrits rappellent leurs souffrances                              

    recueillons-nous bien bas, ne fusse qu’un instant                                              

    en hommage à tous ceux qui sont morts pour la France.

    C C

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    Le 11 Novembre 1963, Chalabre inaugurait l'Avenue de Verdun

    Photo Maurice Mazon

  • L'automne est là

    Avec la clémence et les couleurs d'une nouvelle arrière saison, et avant que les premiers froids ne viennent tétaniser une campagne encore lumineuse, Bernard Cnocquart propose une belle perception de l'automne.

    bernard cnocquart,l'automne

    L’Automne

    Le soleil est moins haut dans ce ciel encore bleu,

    La Garosse déjà rousse prend des belles couleurs

    En ce mois de septembre qui fait bien des envieux

    Pour ces beaux champignons, les cèpes, les meilleurs.

     

    Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt,

    Emportées par le vent, les feuilles en jolis tourbillons

    Semblent vouloir former un tapis coloré,

    Mélangeant l’ocre, le roux et le rouge vermillon.

     

    Dans la plaine fumante, les gros tracteurs avancent,

    Retournant au plus vite cette terre bien grasse,

    Ils se moquent de la lune et du temps, main non du rendement,

    Mais il est loin le temps des paysans moins voraces.

     

    Quelques vols de palombes frôlent le Plantaurel,

    Ils sont bien moins nombreux que durant mon enfance,

    On parle de pollution, de pesticide pour cet oiseau providentiel

    Qui fait toujours rêver les chasseurs en silence.

     

    Les jours se raccourcissent avec les premières froidures

    Quand la gelée matinale blanchit tout autour les coteaux,

    En cet automne naissant quand les bergers à toute allure

    Descendent des montagnes les paisibles troupeaux.

    Bernard Cnocquart (Mars 2010)

  • Quatorze

    En cette journée du souvenir, qui ne permettra pas aux Chalabroises et aux Chalabrois de se joindre à l'hommage officiel rendu aux Poilus, JIEL propose un poème pour ne pas oublier.

    jiel

    Une croix et un poppy déposés au monument aux Morts par la communauté anglophone

    Dimanche 8 novembre 2020

    Quatorze

    Dans cette nuit d’été au ciel de lumière

    Le vacarme des canons a brisé leurs tympans

    Les hurlements bestiaux venus des ténèbres

    Ont changé ces hommes en fantômes rampants

     

    Les rats effrayés ont regagné leur tanière

    Les poilus sont comme eux gris et puants

    Recouverts de poudre de sang de poussière

    A peine savent-ils encore qu’ils sont vivants

     

    Dans ces dernières minutes avant le chaos

    Ils serrent sur leur coeur une photo froissée

    Ou le papier usé de mots d’amour si beaux

    D’une mère adorée ou d’une bien-aimée

     

    A la première lueur de ce jour dérisoire

    Ils bondiront hors de leur refuge misérable

    Pour aller chercher les larmes de gloire

    D’une course éperdue d’un destin pitoyable

     

    Le silence est revenu l’obscurité s’éteint

    Les yeux de mes camarades d’infortune

    Racontent leur vie prédisent leur fin

    Les regards d’effroi leur dernière torture

     

    Ils oublient désormais la misère des jours

    Les blessures du corps les fêlures de l’âme

    La peur de la mort dans les tripes toujours

    Demain pour certains pour les autres le drame

     

    Le soleil va bientôt pointer sur la nature absente

    Serrés comme un seul dans des odeurs confuses

    De merde et de vinasse dans une agitation lente

    La baïonnette au canon quand déjà les balles fusent

     

    Le sifflet retentit les hommes devenus fauves

    Au prix de mille efforts se lancent dans la terreur

    Et courent sans penser et tombent sans cause

    Dans une folie collective de mort et d’horreur

    JIEL

  • Deux fleurs

    Quand les feuilles tombent et tourbillonnent, JIEL s'amuse à suspendre l'automne, avec une rencontre fleurie (Photos Aurélien Moralès). 

    jielDeux fleurs

    Deux fleurs se caressaient sur le bord d’un chemin

    Depuis des jours elles s’aimaient et parlaient de lendemain

    Reconnaissantes à dieu de les avoir réunies

    Elles remerciaient les cieux le jour comme la nuit

     

    Le monde tout autour admirait leur beauté

    Abeilles et colibris s’arrêtaient les saluer

    L’escargot ce pataud si glouton passait discret

    L’amour le bonheur la vie pour seul secret

     

    La nature en elles retrouvait ses vertus

    Dans l’immensité de son royaume perdues

    Deux petites fleurs se dorlotaient sans façon

    Ignorantes du monde et frêles comme papillons

     

    jielLe soleil les cajolait à longueur de journée

    La lune attentionnée gardait douces leurs soirées

    Nul n’aurait osé contrarier leur idylle

    Tant elles étaient belles et pourtant si fragiles

     

    La vie même sublime n’est pourtant qu’éphémère

    Par un frais matin dans la rosée amère

    Ce couple magnifique si discret exemplaire

    Avait cessé de vivre avait cessé de plaire

                JIEL