Après une courte pause, Aristide reprendra sa tournée à Puivert.
Aristide et Romain, unis par un savoir-faire familial qui se perpétue.
Après Villefort, après Sonnac-sur-l’Hers, et avant Puivert, Aristide vient de s’accorder une petite semaine de repos, pour laisser souffler cols de cygne, serpentins et cucurbite, remisés à l’abri sous l’enseigne des Vergers de la Galante. Une courte pause pour notre citoyen de Massat, expert en distillation et fidèle à la tâche, après soixante-sept années de « chauffe ». Une constance impressionnante au service de bouilleurs de cru tout aussi fidèles, sous n’importe quel ciel, et n’importe quelle température. Et cette année, l’homme aux mille élixirs s’est adjoint les services de Romain, son petit-fils, lequel maîtrise déjà et parfaitement, toutes les subtilités du métier de « brûleur de vin ».
De « al khôl » à alcool Tout comme avait pu les apprendre Aristide, conscrit au début des années 1950 sur les rivages tunisiens de Carthage. Pendant que la cucurbite monte en température, Aristide raconte comment l’invention de l’alambic et du principe de distillation, furent élaborés il y a mille ans, par le peuple arabe. Les premiers alambics servaient à fabriquer le fard à paupières, connu sous le nom de « khôl ». Quand ils commencèrent à distiller le vin, les créateurs allaient garder le même nom « al khôl », la chose subtile.
Malgré le temps qui passe, le prix du baril de « gnole » reste stable.
Goutte après goutte, les serpentins laissent filtrer la chose subtile, et Romain surveille l’alcoomètre, qui trempe son ventre gradué dans un liquide d’une parfaite limpidité. Le petit-fils d’Aristide tend un gobelet vers les bouilleurs, puis les sourires s’affichent au coin des lèvres, humectées d’un « riquiqui » des plus exquis.
Romain prépare la cucurbite pour une nouvelle « chauffe ».
Un dernier hommage était rendu mercredi 1er février, à Joséphine Garcia née Milesi, enlevée à l’affection des siens à l’âge de 77 ans. Née le 24 novembre 1939 à Ornica, localité italienne de la province de Bergame, elle découvre avec ses parents et ses six frères et soeurs, l’Ariège et le petit village de Cazaux. Elle a alors 11 ans, et après une scolarité effectuée dans la commune voisine de Cazavet, puis l’apprentissage de la couture, Joséphine Milesi s’engage comme préceptrice auprès d’une famille toulousaine. Aux côtés de l’enfant dont elle a la responsabilité, elle partage son temps entre Toulouse et Bagent, lieu de vacances proche de Saint-Lizier.
L’accordéon d'Adrien Séguy a été un vecteur de rencontres et de partage musical.
