Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

aristide peyronnie

  • C’était hier : Inauguration au verger du musée du Quercorb

    L’article en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du lundi 19 juin 2006.

    musée du quercorb,aristide peyronnie

    Aristide a distillé quelques secrets liés à la technique de récupération des vapeurs d'alcool

    Photos archives, Mai 2006

    Le musée du Quercorb, qui met en valeur l’histoire et la culture locale, vient de s’enrichir d’un nouvel atout avec l’aménagement d’un verger au sein duquel trône en bonne place, un superbe alambic d’époque. Initiés en 2005 par la Communauté de communes du Chalabrais, ces travaux auront contribué à la mise en valeur du village de Puivert. L’impact esthétique de cette réalisation est en effet direct, puisque visible depuis la route départementale et sa muséographie un appel aux visiteurs de passage pour une visite du musée.

    musée du quercorb,aristide peyronnie

    En présence de Roger Rosich, conseiller général du canton de Chalabre, Lucien Clergue, président de la CCC accompagné de ses vice-présidents, Gaston Bauzou maire de Puivert, Christian Guilhamat maire de Chalabre, Jacques Laffont maire de Montjardin, Jean-Pierre Salvat maire de Rivel, Aristide Peyronnie, bouilleur ambulant, Gisèle Sabatier, responsable du musée, le nouvel espace a été officiellement ouvert au public, à quelques jours du début de la saison touristique. Une inauguration au cours de laquelle Lucien Clergue mettait en avant la complémentarité du musée et du verger, appelés à œuvrer pour la conservation du patrimoine en Kercorb.

    musée du quercorb,aristide peyronnie

    Aristide Peyronnie s'entretient avec  Manuela Crossman 

    Roger Rosich saluait la politique de développement local menée par le Conseil général, partenaire privilégié dans la réalisation de ces actions à travers le contrat de développement du territoire. Contrat mis en place en partenariat avec les territoires ruraux depuis plus de dix ans, et qui ne cesse de porter ses fruits. Le conseiller général concluait en remerciant Christian Nys et Manuela Crossman, maîtres d’œuvre, les entreprises et les employés techniques de la CCC. Une visite guidée du verger en compagnie du maître bouilleur Aristide a permis de conclure cette soirée inaugurale.

    musée du quercorb,aristide peyronnie

  • C'était hier : Aristide, « brulou de vin » est l’homme de la situation

    L'article en ligne avait été publié dans l'Indépendant, édition du lundi 31 janvier 2005.

    aristide peyronnie,dédou mamet

    Aristide et Dédou à l’écoute des pulsations du vieil alambic

    Photos archives, Janvier 2005

    D’abord il y a ce maudit thermomètre qui affiche invariablement des températures négatives depuis trop longtemps maintenant. Et là-bas, installé sur une des rives du Blau, Aristide qui scrute ce petit flotteur calibré indispensable pour contrôler au degré près la qualité d’un produit très prisé par les amateurs d’alcool fort. Opération délicate qui ne présente aucune difficulté pour Aristide Peyronnie natif de Massat, petit village ariégeois blotti au pied du col de Port et du port de Lers, la patrie certifiée des bouilleurs ambulants.

    aristide peyronnie,dédou mamet

    Avec plus d’un demi-siècle d’expérience, acquise goutte à goutte au service des bouilleurs de cru, Aristide fait partie des quinze bouilleurs ambulants répertoriés à la chambre des métiers de Foix. Malgré les hauts et les bas d’une activité plutôt rude, Aristide affiche une sérénité aussi limpide que son divin nectar, fruit d’une sagesse engrangée sans interruption depuis ses débuts en 1950, exception faite de deux années de conscription sur les rivages tunisiens de Carthage.

    aristide peyronnie,dédou mamet

    A l’abri de ce que les habitués appellent l’atelier public, lieu de rencontre d’autant plus apprécié quand le café du coin a définitivement tiré le rideau, les discussions vont bon train. Pomme, prune ou poire, Aristide est passé maître dans l’alchimie des parfums fruités qui transitent au coeur d’interminables serpentins, tels une bienfaisante perfusion.

    L’art de séparer les vapeurs d’eau et d’alcool, voilà bien un drôle de métier qui ne dit pas son âge. A l’écoute au pied de la cucurbite de son vieil alambic, Aristide a vécu la lente évolution des habitudes, depuis le milieu du siècle dernier, lorsque la croûte de marc sec était distillée par ses soins près des vignes de Rouvenac. La nuit est tombée sur les rives du Blau et Aristide évoque encore et encore les souvenirs que distillent les serpentins de sa formidable mémoire. « Le brulou de vin » et son étrange machine à remonter le temps sont maintenant repartis vers d’autres cieux, pour de nouvelles et délectables missions. Aristide reviendra, l’hiver prochain.

    aristide peyronnie,dédou mamet

  • C'était hier : « Brulou de vi », le métier qui ne dit pas son âge

    L'article en ligne avait paru dans l'Indépendant, édition du mardi 20 décembre 1994.

    aristide peyronnie

    Aristide et son alambic, installé sur une rive du Blau

    Photo archives, Décembre 1994 *

    Installé sur une des berges du Blau en amont du petit village de Villefort, Aristide Peyronnie continue malgré la nuit qui tombe vite en cette saison, à scruter ce petit flotteur calibré semblable à un thermomètre, qui lui permet de contrôler au degré près la qualité d'un produit très prisé par les amateurs d'alcool fort. Opération délicate, mais qui ne présente aucune difficulté pour Aristide Peyronnie, bouilleur ambulant depuis 1950 et originaire de Massat, petit village ariégeois blotti au pied du col de Port, patrie certifiée « de les brulous de vi ». En 44 ans de métier, Aristide se souvient d'avoir perdu deux saisons tout au plus (1954-1955), la conscription avait alors privé les bouilleurs de cru de ses services.

    L'imposant alambic (700 kg) qui lui permet de produire les 1000 degrés auxquels peut prétendre tout ayant-droit, est ainsi installé sur ce qu'il est convenu d'appeler « l'atelier-public ». Ouvert à tous, il devient souvent comme l'explique Aristide « ce lieu de rencontre qui fait tellement défaut dans les petits villages dont le café a définitivement tiré le rideau ».

    Aristide a vécu la lente évolution des habitudes, depuis 1950 lorsque la croûte de marc sec (pépins, peau...) était distillée par ses soins à Rouvenac, pour les Villefortois et les Puivertains notamment, jusqu'à ce changement de décor, lorsque les vignes, ayant peu à peu disparues, les prunes, les pommes et autres fruits sont à leur tour venus remplir la « cucurbite » (bouilloire) de l'alambic.

    C'est la fin du jour à Villefort, le Blau continue à couler à quelques mètres de cette drôle de machine à nectar. Tandis que notre bouilleur s'affaire autour de la chaudière qui s'éteint, les reflets de la lampe d'Aristide Peyronnie renvoient l'image un peu floue de sa machine à remonter le temps.

    (* En guise d'anecdote, c'est l'ami Justin Canal présent ce soir-là pour la bonne cause, qui avait été sollicité afin de tenir la lampe qui allait permettre le cadrage de la photo). 

  • C'était hier : L'alambic d'Aristide fait l'objet de convoitises

    L'article mis en ligne avait paru dans l'Indépendant, édition du 26 janvier 2014 

    aristide peyronnie

    Lee Handley Olson, Aristide Peyronnie et Thierry Pas, devant l'objet de tractations insensées

    Photos archives, Janvier 2014

    Au fil des saisons qui se succèdent, une petite fumée blanche s'élève dans le ciel de Sonnac-sur-l'Hers, où Aristide Peyronnie a pris la bonne habitude, l'hiver venu, d'installer son alambic. Depuis soixante-quatre années maintenant, « le brulou de vi » venu de Massat, apporte sa touche personnelle dans le processus de transformation des fruits, sous l'oeil fasciné des bouilleurs de cru des alentours. Et de décembre à février, exposé aux quatre vents, le génial alchimiste du Couserans, scrute ce petit flotteur calibré, qui permet de contrôler la qualité toujours renouvelée de la fine.

    Chemin des Martres, et à l’abri de ce que les habitués appellent « l'atelier public », lieu de rencontre d’autant plus apprécié quand le café du coin a tiré le rideau, les visites multiples et animées, réservent parfois quelques surprises. Comme en ce dernier samedi, lorsque qu'un excursionniste au regard inquisiteur et à l'accent clairement nord-américain, s'est hasardé à soudoyer l'ami Aristide, paisiblement assis aux côtés de son alambic. En présence de Thierry Pas, bouilleur ribouissien médusé, Lee Handley Olson, ressortissant de l'état de Floride, a tout bonnement mis quelques dollars en balance, afin de rapatrier Outre-Atlantique l'étrange machine à remonter le temps. Après avoir rechargé sans sourciller le foyer de sa cucurbite, Aristide se lèvera pour proposer un verre de gnôle à l'effronté, histoire de dissiper l'inconscience du blasphémateur, et parce que l'ami Aristide ne distille que la sagesse. Après Sonnac-sur-l'Hers et avant Puivert, Aristide Peyronnie devrait remonter le cours du Blau, et se poser à Villefort, où il est attendu dans la dernière semaine de janvier.

    aristide peyronnie