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Patrimoine - Page 8

  • Le chantier de la maison médiévale

    Il a souffert de la concurrence loyale faite par les chantiers de la rue du Barry-Saint, du Cours Docteur Joseph-Raynaud et du nouveau centre commercial, le chantier de la rue des Boulangers revient à la lumière. Ce vestige du patrimoine classé comme maison caractéristique des maisons médiévales construites dans les faubourgs, est en passe de recouvrer son lustre d’antan.

    Grâce au concours de l’entreprise MP Charpente, les travaux de rénovation engagés en novembre portent sur la réfection complète de la charpente et sa couverture, la confortation des pans de bois existants, et la reconstruction du mur arrière. Après une nécessaire suspension de l’activité, la vieille maison semble à présent se dresser avec plus d’assurance, dans un quartier du Pont-Vieux secoué par les pertes successives de l’usine de cartonnage Franzone, de l’ex future maison médicale et de l’ancienne boulangerie Calbo.  

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    12 novembre 2019

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    8 juin 2020

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    8 juin 2020

  • Déconfinement : « Attention - on marche sur des oeufs ! »

    Ce communiqué de presse, en date du samedi 9 mai, émane de la LPO Aude (Ligue de Protection des Oiseaux) :

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    Gravelot à collier interrompu

    « Le retour partiel à la vie professionnelle et aux loisirs pour des millions de personnes risque de provoquer la destruction involontaire d’animaux et de plantes qui se sont réappropriés les espaces désertés. La LPO Aude demande au public d’être vigilant sur les plages et les lagunes.

    Après huit semaines sans fréquentation humaine sur le littoral, de nombreuses espèces d'oiseaux se sont installées sur les plages, les bords de lagune ou sur les sentiers désertés, en plus de leurs zones habituelles de reproduction. Elles y ont construit leur nid, souvent à même le sol, et la couvaison est en cours. Des poussins seront présents jusqu'à la mi-juillet.

    Avec le déconfinement et le retour du public sur les plages, la situation de l’année 2020 qui semblait exceptionnelle pour la reproduction pourrait s’avérer catastrophique : œufs écrasés, nichées piétinées, poussins séparés de leurs parents, voire dévorés par les chiens non tenus en laisse...

    lpo aude

    Le nid du gravelot

    Pour éviter cette hécatombe, la LPO Aude demande à tous en premier lieu de respecter l’interdiction de circulation de véhicules motorisés dans les milieux naturels, dont les dunes et les plages. En France, seules les plages des communes de Gruissan, La Palme, et Port-La-Nouvelle sont, de façon intolérable, ouvertes à la circulation. Non, les plages ne sont ni des parkings, ni des routes !

    L’association rappelle aussi quelques consignes simples à faire connaître et respecter en prévision de notre retour sur les plages : Vérifiez que l’accès du site où vous comptez vous rendre est autorisé, restez sur les sentiers balisés et habituels. Si vous avez un chien, tenez-le toujours en laisse. Gagnez le plus rapidement possible le bord de l’eau pour mener vos activités sportives ou récréatives et éloignez-vous en le moins possible. Evitez au maximum de fréquenter le haut de plage, les dunes de sable ou végétalisées en arrière du littoral, lors de vos déplacements vers les stationnements. Si vous voyez un oiseau posé au sol qui vous semble blessé ou pousse des cris répétés, éloignez-vous au plus vite et rassurez-vous : il va bien, il s’agit d’une manoeuvre destinée à vous éloigner de son nid. Respectez les zones balisées avec une signalétique dédiée (signalement des nids) ».

    Michel Fernandez, coprésident de la LPO Aude (contact 06 35 38 33 62).

    Précautions à prendre :

    Evitez au maximum de fréquenter les hauts de plage, les dunes de sable, les berges de cours d'eau et soyez attentifs à la présence d’espèces que vous pourriez déranger en pleine période de reproduction. Respectez les dispositifs de protection mis en place pour les protéger. Restez sur les sentiers balisés en forêt, en montagne et sur le littoral, et tenez les chiens en laisse. Levez le pied en voiture et demeurez vigilants quant à la présence d’animaux sur les routes. Laissez une partie de vos espaces verts s’ensauvager en retardant la tonte des pelouses et la taille des végétaux, en particulier les haies et les arbres qui abritent une grande biodiversité. Vérifiez que des animaux ne se sont pas installés avant de redémarrer des activités sur des chantiers, des bâtiments inoccupés, des terrains de sport, des établissements scolaires, etc. En cas de découverte d’un animal sauvage blessé ou vulnérable, prenez conseil auprès de spécialistes afin de ne pas commettre d’erreur fatale en tentant d’intervenir. Toutes les informations sont accessibles sur le site de la LPO : https://lpo.fr/oiseaux-en-detresse/lesgestes-qui-sauvent

  • Le ruisseau de Limoux

    Après le ruisseau de Jonquières (cf article du 26 avril dernier), le ruisseau de Limoux possède lui aussi le statut d'affluent du Chalabreil. A ceci près que depuis la création du plan d'eau chalabrois, il vient se jeter directement dans le lac, après s'être glissé sous un pont que la RD 620 enjambe, à hauteur de la Piche de Montjardin.

    Une brève promenade à caractère thérapeutique ne permet pas de remonter jusqu'à sa source, située en parallèle avec les derniers lacets du col du Bac. Mais il est permis d'apprécier tout au long de ses derniers hectomètres de ruisseau libre, l'action de la nature, des hommes et du temps.

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  • Avec la Confrérie des Pénibles

    les péniblesAux premiers rousillous, les Pénibles montaient à Picaussel.

    « Peniblo es, peniblo restaras ». Telle était la devise d'une joyeuse équipe de Chalabrois qui se fédérait il y a à peine cinquante ans, pour le meilleur. Un seul tour allait suffire afin de porter Roger Caux à la présidence de la Confrérie des Pénibles. Cette toute nouvelle association accueillait une majorité de quinquagénaires qui cultivaient un certain art de vivre et privilégiaient les rencontres conviviales. Les Pénibles se retrouvaient régulièrement en leur siège du café de la Paix, Cours Colbert, où ils étaient reçus comme il se doit par François et Ginette Lopez, maîtres des lieux. Animés par une belle complicité, ils étaient en réalité de vrais épicuriens dont nous sommes heureux d’évoquer le souvenir, en ayant une pensée pour tous ceux qui nous ont hélas quittés.

    Au chapitre des anecdotes il y en eut mille bien sûr, dont une est revenue à la mémoire d’un Pénible terminant son noviciat : « Un jour les Pénibles décident de faire un repas Chez Milou à Puivert. Avant de passer à table l’ami Bicoca propose de faire un tour de passe-passe : Vous allez voir, je vais vous montrer un truc que vous n’avez jamais vu, je vais faire tourner une pièce de monnaie dans un bol. Ce faisant il demande un bol à Milou, ce dernier lui précise que c’est un souvenir et qu’il y tient. Bicoca prend le bol, met une pièce à l’intérieur, et « patatrac »,... le bol se retrouve par terre en mille morceaux. Sous les rires de l’assistance, et devant un Milou déconfit ».

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    Chaque membre cotisant présentait sa carte, mais cette distinction n'était pas héréditaire

    Cliché ci-dessous, debout de gauche à droite : Christian Amouroux, Raymond Fort, Gabriel Gallardo, Pedro Molina, Jean Salvat, Roger Raynaud, Jacques Montagné, Roger Caux (assis), Louis Gimenez, Jacques Arcizet, François Sanchez, François Lopez, Victor Baro (assis masqué), Jean-Claude Cazettes (assis). Absent sur cette photo, Pepe Villena, qui a remplacé Jacques Montagné, chargé de prendre la photo ci-dessus (Photos Collection Francine Sanchez-Gayet).

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  • Quand le Kercorb assurait sa promotion

    Le terme flyer n'avait pas encore gagné sa place dans le langage courant, mais Chalabre disposait alors d'un réseau efficace dédié à faire sa promotion. Aujourd'hui disparu, le Syndicat d’Initiative du Chalabrais accueillait le touriste dans son bureau du cours Colbert, puis lui remettait un prospectus (terme garanti d'époque) à même de guider le visiteur de passage. Le document en quatre pages est difficile à dater, mais offre un indice, avec des numéros de téléphone à deux chiffres.

    syndicat d'initiative du chalabrais

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  • Le jour se lève...

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    ... sur le Cours d'Aguesseau (photos collection Yves Saddier)...

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    ... rue Traverse de la Halle

  • La fête du cochon

    Au terme d'une série de travaux de recherche aussi anciens que sérieux portant sur le cri d'un cochon qu'on égorge, un groupe de scientifiques a réussi à séquencer trente-six intonations différentes, chacune traduisant un très vif mécontentement. Ce constat pourra certainement être confirmé par Bernard Cnocquart, témoin d'une époque, et auteur du poème mis en ligne aujourd'hui.  

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    La fête du cochon

     

    Acheté tout chétif dès le mois de janvier,

    Au marchand de Fougax, un dénommé Jany,

    Le petit porcelet a beaucoup profité

    Grâce à ces betteraves et le vieux pain rassis.

     

    Avec les premiers froids, lui le joli porc bien gras,

    Ne se doute t’il pas, qu’avec la vieille lune,

    Passer en quelques jours de la vie à trépas,

    Mais le jour est venu pour la sanction commune.

     

    A vu d’œil, Léon l’a soupesé, il fait bien deux quintaux,

    Ils choisissent le jour, ce sera samedi,

    Car il faut bien du monde et surtout des costauds,

    Pour que cette tragédie ne soit pas comédie.

     

    On ressort le matériel, les racloirs, les couteaux,

    La vieille moustadoure, la bascule tremblante,

    Et puis de bon matin, on allume le feu avec quelques copeaux,

    Pour qu’à l’heure propice, l’eau soit bien bouillante.

     

    Ça y est, c’est l’heure grave, grand père avec son crochet

    Tire le condamné, il est solide mais il a bien compris

    Que la partie est perdue face à ces hommes décidés à tuer,

    Mais il va crier, se défendre, espérant un sursis.

     

    Chacun à une patte, il est empoigné, retourné,

    Moi, tout jeune enfant, je le tiens par la queue,

    Mais je ferme les yeux en voyant mon pépé

    Enfoncer le couteau et tout ce sang visqueux.

     

    La grand-mère Albanie, toujours de noir vêtue,

    A pour la circonstance mis un tablier bien blanc,

    Pour récupérer le sang de l’animal qu’on tue,

    Dans un grand plat de grès, toujours en remuant le liquide fumant.

     

    Pas de cris de joie, mais les regards sont tristes, fuyants,

    Car depuis presque un an, il était lui aussi un peu de la maison,

    Mais c’était nécessaire, car la vie est bien dure dans le monde paysan,

    Avec bien plus souvent la soupe de patates que le bon saucisson.

     

    A quelques kilos près, pépé avait vu juste,

    Mais il faut se dépêcher car l’eau est à point,

    Alors il y est plongé par ces hommes robustes

    Qui en quelques minutes le pellent avec soin.

     

    Ce cadavre bien propre est alors suspendu

    Au milieu du couloir, les pattes écartées,

    Et à grands coups de couteau, le gros ventre est fendu

    Pour y récupérer les entrailles encore enfumées.

     

    Les corbeilles sont remplies avec cette tripaille

    Que les femmes et les hommes portent à la rivière,

    Et dans cette eau glacée en ce jour de grisaille,

    Elles sont bien nettoyées sans faire de manière.

     

    La tête déjà tranchée, on a vite récupéré

    La bonne viande rouge pour le repas du soir,

    Pour le bon cassoulet et la traditionnelle fricassée,

    Mais déjà dans le chaudron cuit le boudin bien noir.

     

    Puis dans cette eau gluante on fera le millas,

    Celui de couleur noire, pas trop appétissant,

    Moi, je préfère mieux le blanc, celui plus délicat,                                                  

    Et que mémé prépare pour le petit gourmand.

     

    Le cochon est tout raide dans ce couloir glacial,

    Alors de bon matin, les hommes commencent la découpe,

    Et autour de la longue table et sans cérémonial,

    Les filles et les garçons, tout le monde s’attroupe.

     

    Léon n’est pas boucher, mais il a du métier,

    Car en très peu de temps, il a terminé sa besogne,

    Mais il n’a pas oublié le petit écolier,

    Pour qui il a chapardé le bout de carbonade, sans vergogne.

     

    Les gros jambons découpés seront bientôt salés,

    Par quelques mains expertes car il ne faut pas les manquer,

    Les viandes sont triées, mélangées pour faire des pâtés,

    Mais pour les saucissons, la manivelle il faut tourner.

     

    Après quelques poignées de poivre et de sel, on goutte avec les doigts

    Mais rien ne vaut le tastet cuit dans la cheminée,

    On rajoute quelques pincées, une, deux et puis trois,

    Et on mélange encore à grands coups de brassées.

     

    Ah, pour les saucissons, c’est bien plus rigolo,

    Il faut faire attention car la tripe est fragile,

    Sans trop de brusquerie, il faut y aller mollo,

    C’est le travail des dames, elles sont bien plus habiles.

     

    Dans l’âtre flamboyant, dans l’imposant chaudron,

    Cuisent les bas morceaux car tout est profité

    Qui dans la graisse bouillonnante deviennent des fritons

    Pour faire ce met bien graisseux mais fort apprécié.

     

    On cherche un dégourdi pour gonfler la vessie,

    Qui après maints efforts devient un gros ballon

    Pour contenir la graisse, toujours pas de gâchis,

    Car il a tout donné ce brave et bon cochon.

     

    Ça y est, c’est terminé, sur la petite table en bois de pin,

    La grand-mère Albanie dispose quelques assiettes

    Qu’elle remplit de millas, un peu de coustellou, une anse de boudin,

    Et pour les plus intimes de ce bon pâté de tête.

     

    On appelle cela comme c’est la coutume, le présent du curé,

    Car on n’oublie pas dans ces familles pauvres le service rendu,

    Par les voisins, les amis, qui au cours de l’année

    Les ont souvent aidés, ce serait mal venu,

    Mais il y a bien longtemps, c’était le temps de la solidarité,

    Du respect, de la loyauté, ces valeurs quelque peu disparues.

     

                     Bernard Cnocquart (Novembre 2008)