
La feuille de match semble incomplète, mais tout le monde est bien présent
Debout, Guy Dumay, Jean-Philippe Discala, Alain Marzura, Guy Sanchez, Daniel Tournois, José Planas, Didier Cambon. Assis, Jacques Garcia, Janine Dumay, Christian Sanchez, Jean-Claude Naudy
Le dimanche 23 mai 1982, la réception au stade municipal de l’US Clermont-l’Hérault venait clore une saison au cours de laquelle le Football Club Chalabrois avait évolué en division honneur régionale (DHR). Une dernière rencontre qui s’était soldée par une très courte défaite (2-3), malgré les deux buts inscrits en première période par Raymond Dumay et Isidro Martinez. Ce jour là le FCC faisait ses adieux à la DHR, après un titre de champion de Promotion Honneur décroché la saison auparavant, le 10 mai 1981 à Narbonne. A la clef, la première accession de son histoire à l’échelon régional.

Un peu moins de dix lustres après, l’amertume de l’arrêt prématuré d’une belle aventure n’est qu’une lointaine anecdote, même si les « P’tits gars » du président Roger Dumay qui se retrouvaient dernièrement dans leur retraite de La Piche, en ont profité pour analyser certaines feuilles de match. Mais l’essentiel était ailleurs, parce qu’ils étaient à nouveau réunis, aussi soudés qu’ils avaient pu l’être dans le vestiaire, et parce qu’ils partageaient ce moment de retrouvailles avec Madame Dumay, Janine Dumay.
Vendredi 18 septembre, dans un endroit riche en souvenirs posé sur les berges du Chalabreil, ils ont renoué le contact, autour d’une table ouverte, où les interventions sont venues rappeler le souvenir des amis disparus, André Julien, Raymond Dumay, Philippe Gérard et Jacques Perallon. Comme la pendule tournait, beaucoup plus vite que le chrono de M. Schnell à Narbonne, les prolongations ont été nécessaires, comme un dimanche de championnat, comme un beau dimanche de DHR.



A l’époque, je ne pouvais sans doute pas imaginer que, plus de cinquante ans plus tard, ces quelques photographies deviendraient des souvenirs précieux. Elles me ramènent à ma jeunesse, à cette période de ma vie où, comme beaucoup d’appelés, j’ai découvert des lieux et vécu des moments que je n’aurais probablement jamais connus autrement.
600 ans plus tard, Jean-Louis Félicité, dernier baron de la branche des Bruyères perdait son seul fils (choléra), et la succession ancestrale revenait à sa fille, Nathalie Marie Henriette de Bruyères-Chalabre (photo), laquelle épousait le comte Mathieu Antoine de Mauléon-Narbonne (photo). Et sous ce nom, nous connaissons aujourd’hui les héritiers du seigneur venu des Yvelines pour conquérir le Kercorb.
C’était vendredi dernier au théâtre municipal, les Chalabroises et les Chalabrois invités par Gilles Romero, nouveau locataire du manoir, se sont vus offrir à leur tour le castel des Mauléon. Le premier instant de surprise passé, Gilles Romero a présenté dans le détail un projet original dont le but est de « rendre le château aux habitants » et, par tant, de redonner vie à la vieille demeure. Après avoir signé un bail emphytéotique de 50 ans auprès de Anne de Vilette, héritière de la famille de Mauléon, Gilles Romero se propose de réhabiliter le château afin d’y créer un parc à thèmes dans lequel les bénévoles auront toute leur place. Plutôt que de transformer le château en musée, Gilles Romero souhaite privilégier la notion de tourisme participatif. De multiples évocations sont envisagées (la chevalerie au XIIIe siècle, la vie artisanale au XVIIIe,…), colloques et séminaires seront également au programme. Une grisante invitation à voyager dans le passé qui s’accompagne d’un petit bouleversement puisque le château de Mauléon rebaptisé, bientôt deviendra le château de Chalabre.