« Parlons « santé » : Parce que les temps ont changé et nos médecins de campagne avec… »
Dr Jean Anduze Acher
« La semaine dernière, je suis allé chez l'horloger (il en reste encore...), rechercher une montre que j'avais laissé en réparation. Pas n'importe quelle montre, pas une montre à quartz qui donne l'heure à la seconde près, pas non plus une montre étanche à 100 mètres pour aller jouer avec les poissons. Non, juste la montre de mon père, celle que j'ai au poignet en écrivant ces quelques lignes, et qu'il portait au sien quand j'usais mes pantalons sur les bancs de l'école Louis Pergaud ; elle a refait surface, est revenue à la vie, comme une piqûre de rappel tout droit surgie du passé.
Un passé pas si lointain, où le cabinet de consultation était à la maison ; on y venait sans rendez vous à n'importe quelle heure, « Manou », c'est comme çà qu'on l'appelait, développait ses radios dans le garage, faisait les plâtres, les sutures et les accouchements. Il fonçait beaucoup trop vite en voiture sur les routes du Kercorb, bien souvent la nuit, en pyjama sous la veste du costume.
Aujourd'hui, pour consulter son médecin à Chalabre il faut prendre rendez vous et attendre près de 3 mois ! Mais comment en sommes nous arrivés là ? Il n'est plus temps ici d'ergoter sur les origines du malaise, seule l'urgence du constat s'impose.
Regardons donc un peu les chiffres, ceux de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie pour couper court à toute ambiguïté : un généraliste libéral à temps plein suit en moyenne 1 600 patients, un peu moins en Centre de Santé : 1481 avec toutefois des écarts importants pour ces derniers.
Avec 2 600 habitants sur le Chalabrais, 600 avec le Val de Lambronne, St Benoit, Courtauly, et les quelques communes environnantes, il nous faudrait donc au minimum 2 généralistes à temps plein, 3 si l'on veut se rapprocher de la densité médicale moyenne en France qui est de 1,5 généralistes pour 1 000 habitants et qui était la nôtre dans les années 80, 4 si l'on veut organiser une permanence des soins viable et acceptable.
Alors le Centre de Santé du Kercorb (CdS) imaginé par notre généraliste, avec toutes ses convictions, c'est un peu la bouée de sauvetage du naufragé qui nous tombe du ciel. Mon ami Jacques Mamet l'a bien compris, depuis le début, lui qui en tant que vice président de la Communauté de Communes des Pyrénées Audoises (CCPA) est déjà allé à plusieurs reprises soutenir le projet dans les réunions préliminaires, permettant ainsi de le mettre sur les rails.
Mais ne nous y trompons pas, un Centre de Santé, ça ne se décrète pas, et ce n'est pas la commune qui portera le projet mais la CCPA.
Et il y a un ordre pour faire les choses : d'abord la rédaction d'un projet médical solide, conforme aux attentes des ARS (Agence Régionale de Santé) dans ce domaine, puis monter un budget prévisionnel cohérent, tenant compte d'une masse salariale forcément conséquente eut égard au nombre de généralistes et aux multiples assistants prévus pour leur permettre de fonctionner, tout en sachant que ce type de structure (CdS) n'est réellement autosuffisant qu'à hauteur de 60 à 70% de son budget de fonctionnement, le reste étant à la charge de l'intercommunalité qui le porte.
En même temps, cette dernière validera définitivement le choix des locaux et procédera à leur mise aux normes et à leur aménagement ; la rénovation de l'ancien siège de la communauté de commune du Chalabrais a déjà été envisagée pour un montant de travaux avoisinant les 500 000 Euros.
Enfin le recrutement de ceux qui formeront l'équipe médicale envisagée : il faudra trouver le 2e médecin, l'Infirmière de Pratique Avancée (IPA), l'Infirmière Diplômée d'Etat, l'assistante, la secrétaire et la coordinatrice... Les professionnels de santé déjà installés seront sûrement sollicités, et tout çà, sans se leurrer sur le rôle qu'on veut bien faire jouer aux Dr Juniors, Internes de médecine générale, médecins itinérants et autres cabines de télémédecine qui ne remplaceront jamais une équipe médicale organisée.
Nous veillerons également à ne pas totalement tourner le dos à la médecine libérale, car il sera peut être nécessaire d'aller frapper à la porte des Maisons de Santé voisines pour obtenir des aides et collaborations.
L'histoire reste à écrire et tout le monde l'a compris, le parcours est long, parfois chaotique. Pour ouvrir les portes, obtenir toutes les aides et subventions nécessaires à tous les échelons, de la Communauté de Communes des Pyrénées Audoises à l'Europe, en passant par l'ARS (Autorité Régionale de Santé) et la Région, il faudra pouvoir utiliser tous les leviers et relais disponibles. Jacques Mamet a su les créer et les entretenir, c'est aussi pour cela que je le soutiens ».
Contribution de Jacques Mamet, conseiller municipal et vice-président de la CCPA, tête de liste de « Chalabre Avec vous Pour vous »
« Pour répondre au besoin vital d’améliorer l’accès aux soins sur notre territoire, le choix de la localisation du futur centre de santé dans les locaux de l’ancien siège de la CC du Chalabrais repose principalement sur des questions de « timing ». Ce bâtiment, propriété de la CCPA, est jugé le mieux approprié pour voir ce projet se réaliser dans des délais courts. Le conseil communautaire a ainsi validé cette option et son soutien au projet le 11 septembre 2025 (DC 2025-091). Les demandes de financement pour la rénovation, la mise aux normes et l’aménagement des locaux pour un budget prévisionnel de 515 135,70 € (maitre d’œuvre compris), ont été déposées fin octobre 2025 auprès de l’Etat (40 %), la Région (20 %) et le Conseil Départemental (20 %) ; le reste à charge pour la CCPA est de 20 %. La rédaction d’un projet médical adapté, en adéquation avec les exigences de l’ARS et en collaboration avec le généraliste de la commune et les professionnels de santé locaux, est en cours d’écriture.
L’accès aux soins, et de manière générale tout ce qui touche à la santé, s’impose comme l’enjeu majeur pour notre territoire ; c’est aujourd’hui LE dossier prioritaire pour l’équipe « Chalabre Avec vous Pour vous ». Pour autant, ce sujet d’intérêt général ne doit pas devenir un moyen de chantage qui prendrait nos concitoyens en otages. Le projet porté par la CCPA est sur les rails, il se concrétisera par un travail commun entre l’intercommunalité, les professionnels de santé locaux et la commune. Notre devoir d’élus sera de tout mettre en œuvre pour améliorer de façon significative l’accès aux soins pour les habitants de Chalabre et du bassin de vie. Nous nous engageons avec détermination et optimisme à nous consacrer pleinement à la réalisation de ce projet ».

