
Il a découvert Chalabre le 1er avril 1983, au hasard d'un contrat professionnel qui lui avait alors permis d'intégrer les cuisines de l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques, maison de retraite de la rue Saint-Pierre. C'était hier, et Yves Deckmyn profite désormais d'un repos cela va sans dire mérité, non loin du donjon du château de Mauléon.
Après avoir partagé au quotidien des moments de récréation en terrasse aux côtés de ses nombreuses amitiés, Yves retrouve ensuite son quartier de la Cité Salinas. Les albums-photos alignés sur les étagères du salon l’invitent parfois à replonger dans un passé à peine lointain, au fil des souvenirs.

« En 1973, le jeune appelé que j’étais effectuait son service militaire, lorsque mon chemin m’a conduit jusqu’aux confins du Pacifique, à bord du pétrolier-ravitailleur d'escadre La Seine. A environ 25 kilomètres de Mururoa, nous étions là pour observer un essai nucléaire français, je me souviens que l’explosion a eu lieu à 15 heures GMT exactement. Un instant bien sûr difficile à oublier : être là, en mer, si près de Mururoa, et assister à un événement aussi exceptionnel.
A l’époque, je ne pouvais sans doute pas imaginer que, plus de cinquante ans plus tard, ces quelques photographies deviendraient des souvenirs précieux. Elles me ramènent à ma jeunesse, à cette période de ma vie où, comme beaucoup d’appelés, j’ai découvert des lieux et vécu des moments que je n’aurais probablement jamais connus autrement.
Aujourd’hui, je regarde ces images qui ont traversé les années. Elles ne racontent que quelques instants, mais elles représentent pour moi une période particulière d'un temps passé et un épisode exceptionnel de mon service militaire, vécu au cœur du Pacifique. Elles sont les témoins d’un voyage, d’une tranche de jeunesse que je peux partager avec mes enfants et mes petits-enfants ».

600 ans plus tard, Jean-Louis Félicité, dernier baron de la branche des Bruyères perdait son seul fils (choléra), et la succession ancestrale revenait à sa fille, Nathalie Marie Henriette de Bruyères-Chalabre (photo), laquelle épousait le comte Mathieu Antoine de Mauléon-Narbonne (photo). Et sous ce nom, nous connaissons aujourd’hui les héritiers du seigneur venu des Yvelines pour conquérir le Kercorb.
C’était vendredi dernier au théâtre municipal, les Chalabroises et les Chalabrois invités par Gilles Romero, nouveau locataire du manoir, se sont vus offrir à leur tour le castel des Mauléon. Le premier instant de surprise passé, Gilles Romero a présenté dans le détail un projet original dont le but est de « rendre le château aux habitants » et, par tant, de redonner vie à la vieille demeure. Après avoir signé un bail emphytéotique de 50 ans auprès de Anne de Vilette, héritière de la famille de Mauléon, Gilles Romero se propose de réhabiliter le château afin d’y créer un parc à thèmes dans lequel les bénévoles auront toute leur place. Plutôt que de transformer le château en musée, Gilles Romero souhaite privilégier la notion de tourisme participatif. De multiples évocations sont envisagées (la chevalerie au XIIIe siècle, la vie artisanale au XVIIIe,…), colloques et séminaires seront également au programme. Une grisante invitation à voyager dans le passé qui s’accompagne d’un petit bouleversement puisque le château de Mauléon rebaptisé, bientôt deviendra le château de Chalabre.