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Poésie - Page 11

  • « Illusoire vérité »

    Un poème de JIEL, mis en ligne pour première fois dans ce cadre le 20 mai 2021, fait l’objet d’une publication dans l’Anthologie 2022 de l’association littéraire et artistique « Flammes Vives », fixée en Eure-et-Loir. Ce texte aborde un thème éternel, sur lequel il est parfois bon de revenir, comme pour abonder dans le sens d’Oscar Wilde : « La vérité pure et simple est très rarement pure et jamais simple ».

    Les anthologies poétiques de Flammes Vives, créées en 1953, accueillent des auteurs dont les poèmes sont précédés d’une courte biographie, et JIEL en est :    

    jiel,flammes vives

    Illusoire Vérité  

    Dites la vérité, toute la vérité, rien que la vérité !

    Comment demander à quelqu’un telle absurdité ;

    Depuis des temps immémoriaux chaque seconde

    Détient jalousement la sienne, unique et vagabonde.

     

    Ce qui est vrai ne l’est déjà plus dès qu’on le dit ;

    Ce qui est faux ne l’est pas plus sitôt contredit ;

    L’instant présent démontre assurément ce que demain

    L’histoire aura déjà transformé, mais c’est humain !

     

    Les bonimenteurs asséneront la leur par habitude,

    Les discours d’aplomb se complaisent en certitudes.

    L’éducation ou la religion ne sont pas exemptées

    De cette réflexion et sans hésitation diront leur Vérité.

     

    Chacun, dans sa différence, en détient une sans vanité ;

    Mais n’est-elle point elle-même le fruit d’une réalité ?

    Subtile alchimie de la pensée profonde de l’homme

    Sur la perception de sa propre existence en somme.

     

    Ne vous méprenez sur les trop belles évidences

    Qui apparaissent soudain comme des providences,

    Restez en paix au plus profond de vos songes,

    Nul ne sait jamais, car vérité n’est que mensonge.

    JIEL

  • La chasse à la bécasse

    Célébré en novembre, Saint-Hubert n'en voudra pas à Bernard, que l'on a plaisir à retrouver aujourd'hui avec un poème dédié à une passion qui ne faiblit pas.   

    La chasse à la bécasse

    Le temps s’est mis au froid en cette fin d’automne vieillissant,

    et déjà le chasseur piaffant d’impatience espère cet instant,

    où dame bécasse délaissant le grand froid de sa région natale

    revient chaque année pour nous faire rêver dans le froid matinal.

     

    Le chien lui aussi excité jappe du fond de son chenil,

    car il a compris en voyant son maître préparer le fusil,

    que le bel oiseau roux, le bel oiseau unique

    est bien revenu pour nous faire passer des moments magiques.

     

    Quelques miroirs dans la prairie trahissent leur présence,

    mais elles sont là-bas, dans le taillis, cachées sous les branches,

    se moquant du bruit de la clochette, elles restent immobiles

    et avec leur plumage couleur de feuille morte, les voilà invisibles.

     

    Ils savent qu’elles sont là, chaque année à la même place,

    et de suite le setter prend le devant à la recherche d’une trace,

    la tête bien dans le vent pour retrouver cette odeur sauvage

    qui les fait fantasmer tous les deux comme deux enfants sages.

     

    Le clocheton s’est tu, vite pressons le pas, le chien est à l’arrêt,

    et la patte dressée, il fixe cet oiseau dans le petit bosquet,

    mais la rusée bécasse s’est déjà déplacée laissant la place chaude

    pour perturber le chien et tromper le chasseur, pas nigaude.

     

    Ce chien est un teigneux et après des détours, il le retrouve ensuite,

    mais l’oiseau au long bec a compris et prépare sa fuite,

    et derrière un tronc d’arbre puissamment il s’envole en chandelle,

    alors le pauvre chasseur surpris ne voit que des étincelles.

     

    La bécasse est un trésor fragile, avec ses mystères et ses secrets,

    et bien souvent, on ne fait que l’entrevoir, la deviner ou l’imaginer,

    et si après un joli tir le chien vous ramène la belle mordorée

    en la prenant dans votre main, vous la contemplerez avec fierté.

    Bernard Cnocquart

  • Un 14 février avec JIEL

    Le calendrier aligne les jours, imperturbable et serein, il est l'heure de célébrer Saint-Valentin.

    Le Parc

    Les arbres sont hauts,
    Le parc est beau ;
    Une brise légère et suave
    Diffuse une senteur de sève
    Transportant de subtiles caresses
    Pleines de larmes et de tendresse.

    Ils sont là, tous deux assis,
    Ils sont ici tous deux et las ;
    Leur amour sur ce banc s’est échoué,
    Le monde autour a jugé,
    Point de répit ni de grâce,
    Le regard inquisiteur les glace.

    Tout près deux amants,
    Enlacés, heureux, sans tourment ;
    Leur amour sur ce banc s’est amarré,
    Le monde autour a préféré,
    Point de haine ni de peine,
    Le regard rédempteur les aime.

    Leur vie leur appartient,
    Le monde autour n’y fera rien ;
    Sentiments profonds
    Couleur ou sexe se confondent,
    Nature folle qui chavire
    Les coeurs, les âmes pour vivre.

    Ici lui et elle,
    Là lui et lui,
    Ailleurs elle et elle,
    Ils s’aiment !

    Une brise légère et suave
    Diffuse une senteur de sève
    Transportant de subtiles caresses
    Pleines de larmes et de tendresse ;
    Le parc est tellement beau,
    Les arbres sont si hauts.

    JIEL

  • JIEL et la fête de Saint-Hubert

    En ce début du mois de février, le charmant petit village de Laprade, perché sur les hauts de la Montagne Noire, était en fête. Malgré le dérèglement du calendrier, Saint Hubert, patron des chasseurs était bien présent et heureux de se joindre à ce moment de tradition et de convivialité. L'occasion pour JIEL de proposer un poème, pour célébrer Saint Hubert, et ses disciples chasseurs.

    Saint Hubert

    Dans les forêts blanchies de la Montagne Noire,
    Ce jour de février a la douce saveur
    Des vieilles coutumes, qu’honorent avec ferveur,
    Les chasseurs qui fêtent de Saint Hubert la gloire.

    La charmante petite église du village
    Ouvre en grand ses portes pour la bénédiction.
    Les maîtres et leurs chiens se plient à la tradition ;
    La fierté des honneurs se lit sur les visages.

    Pour enchanter la fête, en habit d’apparat,
    Joliment alignés, vont les sonneurs de trompe.
    Vibratos et belles mélodies à tout rompre,
    Résonnent jusqu’au tréfonds des bois tout là-bas.

    Puis la battue s’organise et se met en place,
    Les consignes sont rappelées avec rigueur.
    Une grande excitation et la bonne humeur,
    Accompagnent les fringants chasseurs sur les traces.

    Le soir venu, devant un beau tableau de chasse,
    Chacun conte en détail une pétillante histoire,
    Avec les yeux brillants sur un ton péremptoire.
    Quelqu’en soit la chute, jamais on ne s’en lasse.

    L’odeur alléchante d’une marmite magique
    Vers la table ramène les joyeux lurons,
    De tous âges et venus de tous horizons,
    Dans un partage d’amitié bien sympathique.

    Dans le froid de l’hiver mais la chaleur au coeur,
    Ainsi va la vie dans notre belle montagne,
    Où l’homme a la passion des gens de la campagne,
    Que les mots du poète colorent de bonheur.

    JIEL