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Histoire

  • Quand le château de Mauléon abritait un poste de commandement

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    De 1914 à 1918, le marquis et la marquise de Mauléon-Narbonne (tablier blanc et chapeau) accueillaient des blessés de guerre, venus poursuivre leur convalescence dans une demeure transformée alors en « hôpital », comme peut l’attester la photo ci-dessus (Il était une fois Chalabre, Tome V). Dans un passé relativement moins lointain, l’enceinte du vieux château avait servi de cadre à un autre événement, moins connu certainement, intervenu à l’automne 1944.

    Il ne s'agit pas de revenir ici sur l’intervention connue sous le nom de code « Operación Reconquista de España », menée par les guérilleros espagnols, et dont l’objectif premier était d’abattre le régime du dictateur Franco, après avoir combattu pour la Liberté sur les terrains de France. Cette opération passera de projet à exécution le 21 septembre 1944, lorsque l’Etat-Major du Groupement des Guérilleros établi à Montréjeau (Haute-Garonne), enverra par écrit au colonel Vicente López Tovar, désigné pour diriger cette opération, l’ordre ci-après Ordre de mission pour le colonel Vicente López Tovar 21 septembre 1944.pdf

    Le colonel Vicente López Tovar établira le commandement de la 204e division à Chalabre, où il signera « La orden de operaciones n° 3 », avant que ce quartier général ne soit installé à Foix quelques jours plus tard. La suite est une autre histoire, mais il convient de rappeler comment le 19 octobre 1944, les onze brigades qui composaient la 204e division (3500 à 4000 hommes) commandée par le colonel López Tovar, convergèrent vers le Val d’Aran.

    Prises à Chalabre, les photos qui suivent datent de septembre 1944, et sont extraites des archives du photographe Maurice Mazon. Elles viennent illustrer ce court épisode vécu notamment par certains Chalabrois.

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    Lucien Maury alias Franck, Guy David chef des FFI, le Commandant Royo et Jacinto Castella, notamment, figurent dans ce groupe

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    Jacinto Castella

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     « Royo », commandant de la 3e brigade de Guérilleros espagnols, en septembre 1944 à Chalabre

    Quelques jours auparavant (19 août), la ville de Foix avait été libérée par les hommes du Commandante Pascual Gimeno Rufino alias Royo, du Major Canadien William Probert alias Krypte et de Marcel Bigeard alias Commandant Aube

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    William Probert, Pascual Gimeno Rufino, Marcel Bigeard

    © Famille Gimeno

  • C’était hier : Anne Brenon invitée de l’ASPAK

    L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du vendredi 19 avril 2002.

    anne brenon,marie-louise saddier,aspakElle vient de signer un nouvel ouvrage intitulé « L’Impénitente », Anne Brenon (photo) sera en Kercorb aujourd’hui vendredi 19 avril à 18 h, à l’initiative de l’ASPAK. A cette occasion, Marie-Louise Saddier, présidente de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique en Kercorb communique : « Vendredi 19 avril, Chalabre invite les habitants à une rencontre qui ne peut laisser personne dans l’indifférence. Il y a quelques années, peu de temps à vrai dire, Anne Brenon a séjourné à Chalabre face à la mairie et l’on se souvient de la silhouette fine et brune, élancée et vive qui tenait la main d’une petite fille au nom évocateur. Anne et sa fille Jordane, animées de la même passion que manifestaient « les bonnes femmes », prenaient possession de notre village en mal d’histoire.

    Quelque temps après, Anne disparut à nos yeux, aspirée par l’air, le calme, l’apaisement d’une solitude ariégeoise, source pour elle d’épanouissement. Elle viendra vendredi nous entretenir de sa préoccupation première : faire connaître un peu plus rigoureusement que les « on dit » habituels et parfois erronés, la naissance, les aléas, les efforts héroïques de ceux qui ont donné leur vie pour apporter au monde le témoignage de leur foi. Ont-ils été convaincants ? Que reste-t-il de ce bouleversement religieux ? Des questions, des demandes, c’est pour cela que Anne Brenon évoquera ce catharisme mystérieux pour beaucoup, et qu’elle va replacer cette attitude que l’on appelée « hérésie », dans le contexte historique et social de son époque.

    Gardienne de cette pureté d’esprit et de pensée, elle va avec la rigueur toute scientifique d’une historienne hors pair, nous démontrer que la résistance des Cathares était menée contre l’Inquisition qui voulait anéantir à jamais cette religion contraire et donc dérangeante. Elle démontrera que toute résistance pleinement consentie et héroïquement défendue dénote un cheminement qui ennoblit l’être humain. Nous attendons un public avide de questions que Anne Brenon éclaircira de ses réponses documentées. Venez nombreux, rendez-vous vendredi à 18 heures au théâtre municipal de Chalabre ».                          

  • Qui a volé le sac de farine ? Un fait divers passible des galères

    Cette archive avait été publiée dans l’Indépendant, édition du dimanche 6 avril 1997. Il s’agit d’un texte proposé par Malou Saddier, fruit des travaux qu’elle menait au coeur « de ballots de documents voués à la poussière ».

    « L’An III de la République Française une et indivisible et le cinq thermidor, devant nous, maire et officiers municipaux de la commune de Chalabre… ». Ainsi commence sur le compte-rendu du conseil municipal, un petit fait divers qui aurait sans doute trouvé écho chez Victor Hugo.

    Il est 6 h du matin quand le citoyen Guillet, moissonneur à la métairie de l’Oro, canton de Sainte-Colombe et municipalité de Rivel, réveille le maire et son conseil pour dire qu’on vient de lui voler, la nuit dernière, celle qui vient de se terminer, un sac de farine de seigle.

    « Ce sac, monsieur le maire, je l’avais déposé moi-même dans la fournière attenante à la métairie pour la pétrir à la pointe du jour : voilà que ma femme s’étant levée à cet effet et étant entrée dans la dite fournière n’a pas trouvé le sac dont il s’agit », et en courant celle-ci va raconter le tout à son mari…

    C’est alors que le citoyen Guillet et sa femme ont commencé à se poser des questions sur le comportement des gens du voisinage. Le nommé Laporte dit Courrou avait été vu au déclin du jour rôder autour de la métairie. « Sur cette présomption, ils le regardaient comme le voleur du sac où était contenue la dite farine ». Requis de signer sa déposition, il dit ne savoir…

    chalabre,galèresSur quoi, assisté du citoyen Cazalens assesseur du juge de paix, ce dernier absent, tout le monde se transporte dans la maison de Laporte où… on ne trouve rien. « De là, étant passé dans la maison voisine d’Antoinette Calvet, en continuant les fonctions de notre mission, avons aperçu dans un réduit secret de la dite maison, le nommé Adrien Calvet, frère de la dite Toinon, échappé des galères et soupçonné des vols journaliers qui se commettaient tant dans cette commune que dans les environs, lequel dit Adrien Calvet nous ayant entrevus, est monté, comme un éclair sur le toit, par une ouverture pratiquée à ce dessein et a cherché à s’évader ».

    Ayant demandé force à la loi, plusieurs concitoyens se sont empressés de l’arrêter et de l’escorter jusqu’à la prison de la maison commune pour y demeurer provisoirement (Photo Christine Allix), en état d’arrestation sous la surveillance de la Garde Nationale réorganisée. On écrira ensuite une lettre au procureur du district pour lui demander une aide armée afin d’amener le dit Calvet à la prison de Limoux. « De quoi et de tout ci-dessus avons fait ».

    Et le 7 Thermidor, la municipalité de Chalabre a fourni « la quantité de 9 hommes pour escorter le transfert de Calvet jusqu’à l’endroit où nous nous croirons en sûreté ».

    Mais qui a volé le sac de farine ?

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  • « A la recherche de la mémoire perdue »

    Dans les pas de Francisco García Barrera, depuis les combats en terre d'Espagne, jusqu’à l'exil en terre de France.

    francisco garcía barrera,éditions loubatièresClaude et Eve Garcia ont présenté le recueil de mémoires de Francisco García Barrera, républicain espagnol.

    Samedi 26 mars, en partenariat avec la bibliothèque municipale, la salle du conseil municipal de la mairie accueillait Eve et Claude Garcia, venus présenter le recueil de mémoires de Francisco García Barrera, « Un combattant républicain dans la guerre d’Espagne ».

    Après un rappel chronologique des événements qui allaient conduire le peuple espagnol vers une guerre fratricide en juillet 1936, l’assistance était invitée à se transporter en Andalousie, dans les pas de Francisco García Barrera, paysan du cortijo de Las Arduas. Pour découvrir le parcours d'un soldat paysan engagé volontaire dans l’armée républicaine, qui sera tour à tour présent sur les fronts de Màlaga, de Grenade et de Catalogne. Un itinéraire reconstitué grâce à des carnets sur lesquels Francisco avait consigné les faits du quotidien et le tableau des combats engagés pour défendre la République, avant un inéluctable exil.

    A travers la lecture de textes composant le récit d'une guerre antifasciste perdue, chacun aura également été en mesure de deviner la personnalité de Francisco, « dévoué à son idéal, militant de la dignité et de l’abnégation ». Jusqu’à l’heure de la Retirada, quand Francisco García Barrera franchit la frontière dans la neige et le froid des Pyrénées le 13 février 1939, par le col d’Arès et Prats-de-Mollo. Le début de l’exil, d’un déchirement, et de séjours dans les camps de concentration du littoral roussillonnais.

    Comme a pu le souligner Salvador Claude Garcia, son fils, « Francisco a lutté au péril de sa vie dans l‘espoir de laisser aux siens un monde meilleur, un monde de liberté, sans misère ni injustice et plus fraternel ». En avril 1999, Francisco García Barrera s’éteignait à Chalabre, terre d’accueil pour de nombreux réfugiés. Histoire douloureuse, mais histoire aussi d'une intégration réussie, par le travail et une place sur les bancs de l’école communale.

    Publié aux Editions Loubatières sous le titre « Un combattant républicain dans la guerre d'Espagne », le livre est disponible à la maison de la presse, rue du Capitaine-Danjou à Chalabre, ou en contactant Salvador Claude Garcia (laguinette@gmail,com). Plus de renseignements, sur le site www.loubatieres.fr ou le site de la FNAC.

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