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Commémorations - Page 48

  • Voilà deux siècles, mourrait le Baron de la Prade

    raymond viviès,baron de la pradeRaymond Viviès de La Prade, dans son costume de général de brigade.

    L'Histoire n’a pas retenu le parcours de Raymond Viviès, « oublié de la Grande Armée », né en « Terre Privilégiée ». Commencée le 3 novembre 1763 à Sainte-Colombe-sur-l'Hers, sa vie se terminera près d’un demi-siècle plus tard, à 2.500 kilomètres de sa terre natale, à l'issue de la désastreuse campagne de Russie.

    Au début de l’année 1792, il est âgé de 30 ans lorsque l’esprit patriotique le pousse à s'enrôler dans les volontaires de l'Aude, afin d’enrayer l’invasion espagnole. Raymond Viviès est nommé quartier-maître-trésorier, 1er grade d'officier au 8e Bataillon des Volontaires de l’Aude, le 13 avril 1793. Incorporé dans l’armée des Pyrénées Orientales, comme tous les Audois, il étrenne son grade à Peyrestortes, porte d’accès vers Perpignan. Le 17 septembre 1793, il mène une charge à la baïonnette qui permet la prise du camp espagnol et la mise en déroute des troupes ennemies. Il a comme compagnon d’armes Jean Lannes, futur maréchal d'Empire et duc de Montebello. Et c’est à Nice, le 27 mars 1796, qu’il entend pour la première fois la voix de Bonaparte, un petit jeune de 27 ans.

    Le 11 novembre 1799, il est promu Chef de Brigade (l’équivalent de colonel), onze mois plus tard, il prend le commandement du 43ème Régiment d'Infanterie de Ligne, à la tête duquel il se distingue au combat de Pozzolo. Le 11 décembre 1803, il est fait chevalier de la Légion d'Honneur, distinction créée en 1802 par le Premier Consul. Raymond Viviès fait ainsi partie des premiers récipiendaires, il devient le premier en Kercorb, à recevoir cette décoration.

    A la veille de Noël 1805, il est promu général de Brigade à Austerlitz. Puis c’est la bataille d'Iéna, qui marque le début de la campagne de Pologne, au cours de laquelle Viviès se distingue à nouveau. A la tête du 46ème de Ligne, il enfonce les lignes russes massées sur le plateau du Ziegelhof (à 2 km avant Eylau), et pénètre le premier dans le cimetière, point clef de la bataille. Malgré une âpre résistance des Russes positionnés derrière l'église, il parvient à maintenir le moral de ses troupes, et à s'emparer du village.

    Eté 1808, il recevra un nouveau gage de confiance de la part de l'Empereur et devient baron de La Prade, du nom d'une propriété située à Rivel entre Chalabre et Sainte-Colombe, héritée de son père par lettres patentes du 11 août 1808. 

    La Grande Armée s’élance le 24 juin 1812 depuis Kaunas (Lituanie), puis franchit le Niémen, frontière naturelle entre la Pologne et la Russie. La première confrontation entre les deux forces armées a lieu le 7 septembre à la bataille de la Moskowa (ou Borodino). La suite est connue de tous, et cinq semaines après avoir quitté Moscou, les troupes napoléoniennes, harcelées par les Cosaques du maréchal Koutouzov, se retrouvent face à un obstacle de taille, la rivière Bérézina.

    Les sept compagnies de pontonniers du général Eblé, auxquelles se sont joints des sapeurs, soit près de mille hommes au total, travaillent dans la nuit du 25 au 26 novembre 1812 à la construction des ponts dans la Bérézina, qui continue à charrier des glaçons. Le 27 novembre, dans la matinée, l'Empereur et son état-major passent sur la rive droite. Raymond Viviès et ses hommes franchissent le premier pont, et prennent pied sur l'autre rive en couverture. Après avoir débarrassé l'endroit des quelques soldats russes qui s'y trouvent, ils prennent position pour sécuriser le passage du reste de la Grande Armée. Mais ces « rescapés » sont loin d'être au bout de leurs peines. La route de Vilnius leur est certes ouverte, mais il leur reste encore près de 250 km à parcourir. Raymond Viviès, accompagné de son fidèle cuisinier Cousinet, originaire de Saint-Benoît, poursuit ainsi la route, lorsqu'à l'orée d'un bois, ils sont brutalement entourés de Cosaques et faits prisonniers. Raymond Viviès, déjà très affaibli est emmené à Vilnius. La température affiche moins 35°, et les cadavres s'entassent dans les rues. Des milliers de dépouilles furent ainsi entassées pêle-mêle dans les sous-sols de certaines églises, le sol étant trop dur pour y creuser la moindre sépulture. C'est dans cette atmosphère apocalyptique que Raymond Viviès vécut ses derniers instants. Le 13 janvier 1813, après quelques semaines durant lesquelles il lutte contre les convulsions de plus en plus nombreuses, la fièvre aura raison de lui. Sa dépouille n’a jamais été rapatriée, sur une pierre tombale, entre quatre grand cyprès du cimetière de Saint Colombe-sur-l’Hers, ces quelques mots sont écrits : « Il est mort loin des siens ».  

    raymond viviès,baron de la prade

    Pour plus de détails sur la vie de Raymond Viviès, voir le site de Serge Fournié, "Si Chalabre m'était conté".

  • Vei fan les ans que tueron Fluris !

    F luris 13 Déc. 2012.jpgIls ont perpétué une tradition vieille de 315 ans.  

    Le charivari annuel organisé à la mémoire du Sieur Jacques Fleury, collecteur d’impôt fauché par un ou deux coups d’escopette  le 13 décembre 1697 dans la nuit chalabroise, s’est déroulé comme prévu en ce doux jeudi de Ste Luce. Le tout dans une ambiance très bonne enfant, l’objectif principal étant de faire du bruit, et du bruit seulement.

    A 18h 30 précises et autour d’une halle enveloppée dans la pénombre, là-même où jadis un collecteur à la chambre à sel s’était laissé aller à de frauduleuses pratiques, les petits « arrossegaïres » ont entamé un tour d’honneur endiablé. Au premier « Vei fan les ans que tueron Fluris ! », les traîneaux ont commencé à virevolter sur le pavé.

    fluris,sainte-luce

    Un trio de meneurs allait très vite passer aux commandes, emmenant vers les cours Colbert, Sully et d’Aguesseau, leurs compagnons de charivari. La bruyante commémoration allait continuer de plus belle, jusqu’à ce que la fatigue n’ait raison de tout ce petit monde. L’heure était venue de rejoindre la table familiale où une bonne soupe, salée mais sans plus, allait ranimer des organismes mis à rude épreuve par une tradition qui semble avoir quelques beaux jours devant elle. 

    fluris,sainte-luce

    Près de 50 ans séparent ces deux photos.

    fluris,sainte-luce

    Un album-photos Fluris 2012 a été mis en ligne.

  • Le charivari de Fluris est annoncé

    Fluris 97.JPGLe fantôme de Fluris va planer sur les boulevards de la bastide.

    Le jeudi 13 décembre sera célébré le 315e anniversaire de la mort du sieur Jacques Fleury, occis en Kercorb et dans l’obscurité de la nuit du 13 au 14 décembre 1697. Bidons, boîtes de conserves, poêles usagés (pour les plus vaillants), chacun est invité à fureter de la cave au grenier. Afin que le pavé chalabrois puisse étinceler de mille feux, pour un hommage plus que tricentenaire. Rendez-vous à 18h30 sous la halle aux grains, et comme disait le regretté Robert : « Asclaïres, s’abstenir ! ». 

    fluris 2012,jacques fleury(Photo archives, Fluris 1996)

  • Sainte-Luce : Les « arrossegaïres » privés de château

    C'était en 1997, et les Chalabrois, qui n'ont que très rarement manqué l'occasion de réveiller la mémoire de Fluris, s'étaient fédérés en un comité impromptu, afin de préparer la célébration du Tricentenaire de la mort de Jacques Fleury (photo ci-dessous). L'idée d'une marche symbolique et pacifique vers le château de Mauléon avait même été évoquée. Seule manquait une autorisation des descendants de la Famille De Bruyères, afin que les "arrossegaïres" puissent emmener leurs traîneaux jusqu'au pied du donjon du castel. Sous le titre proposé ci-dessus, l'article qui suit avait paru dans l'Indépendant du samedi 6 décembre 1997.

    fluris 2012,jacques fleuryDe gauche à droite : Roger Rosich, Paul Lagarde, José Navarro, Edouard Garcia, Sophie Jacques de Dixmude, Thierry Roncalli, Annie Plauzolles, Aline Guilhemat, Jean-Paul Subreville, Francis Amouroux, Jean Plauzolles, Robert Roncalli, Edmond Arnou (Archives, Octobre 1997)

    Une tradition dans la tradition veut que le parcours emprunté par les « arrossegaïres » (tireurs de traîneaux), fasse un détour symbolique au pied des tours du château de Mauléon. Histoire de rappeler que ce diable de Fluris aurait eu maille à partir avec les descendants des Comtes de Bruyères, seigneurs des lieux. Une coutume abandonnée depuis plusieurs lustres certes, mais que le collectif pour le Tricentenaire avait espéré rétablir en cette année 1997. Seul manquait l’aval de Mme Anne de Villette, héritière de la maison Mauléon-Narbonne, auprès de laquelle une demande d’autorisation fut formulée au mois de novembre dernier. Vaine requête si l’on en croit le pli adressé par retour de courrier et dont voici le bref contenu dans son intégralité :

    « Je suis très sensible à la teneur de votre lettre et à la permission qu’elle réclame pour fêter le tricentenaire de Fluris, le 13 décembre prochain. L’écho paru dans les journaux locaux depuis une quinzaine d’années à ce sujet, n’a fait état que de désolation et regret devant les débordements de ce charivari qui semble donc ne plus refléter uniquement son aspect folklorique.

    En conséquence, j’ai le regret de ne pouvoir donner une réponse favorable à votre demande. De plus cette année, vu les circonstances, cette manifestation risquerait d’occasionner des désordres incontrôlables. Vous, pour me l’avoir demandée, et moi, pour vous l’avoir accordée, nous serions les premiers à le regretter. En vous remerciant de votre compréhension, je vous prie de croire à mes sincères salutations … Signé : Mauléon Narbonne Villette ».            

    Quoiqu’il en soit de la personnalité de Fluris et des motifs de sa mort violente, une chose parait certaine : les milliers d’enfants de Chalabre qui depuis près de trois siècles "se retrouvent dans ce tonitruant et pacifique cortège" de décembre, doivent avoir beaucoup de peine à se retrouver dépeints en un si noir tableau.

    Fluris 1996.JPGLes « arrossegaïres » devant la mairie : la bruyante commémoration va pouvoir démarrer (Archives Fluris 1996).