"J'ai vu des gens sur le chemin, qui viennent vers la maison avec des fusils". Ces paroles d'une mère, prononcées au soir du 18 juillet 1936, vont sceller le destin de Francisco García Barrera, jeune paysan andalou, secrétaire de la C.N.T (Confédération nationale du travail). La veille, une petite radio locale du Maroc espagnol, avait émis ces quelques mots : "Sur toute l'Espagne, le ciel est sans nuages ...!" Une phrase de code qui donnait aux militaires espagnols et à leurs auxiliaires de la phalange, le mot d'ordre de soulèvement général.
Francisco va alors rejoindre ces hommes, aperçus venant vers la maison avec des fusils, aux côtés desquels il va défendre la "Niña Bonita", nom donné à une IIe République en danger. "Je réveillai ma mère, elle ne dormait pas. Je lui demandai de me donner le fusil. Je lui dis que je partais pour quelques jours. Elle m'embrassa, me suppliant de ne pas partir, tout en m'accompagnant sur le chemin. Peut-être pensait-elle qu'elle ne me reverrait plus. Elle ne se trompait pas".
Depuis Utrera, vallée du Guadalquivir, où commence son combat face aux généraux factieux et à leurs troupes, le jeune Francisco verra s'éloigner l'immensité de la campagne sévillane où il a grandi. Les combats perdus et les blessures, emmèneront le lieutenant de la Brigade 93, vers des espaces toujours plus restreints. Le 13 février 1939, il franchit la frontière française par le col des Ares et Prats-de-Mollo, en laissant derrière lui une république étranglée. "En ce dernier jour passé sur le sol espagnol, et avec la frontière à deux-cent mètres de nous, sans personne pour nous empêcher de passer, nous ne pouvions nous résoudre à abandonner le peu qu'il nous restait, mais il n'y avait pas d'autre chemin que celui-là".
Présent sur les fronts de Màlaga, de Grenade, de Catalogne, le jeune Francisco consignera tous les faits du quotidien d'un soldat paysan, sur un carnet de route qu'il perdra à plusieurs reprises, notamment lorsqu'il traverse l'Ebre à la nage, sous les balles ennemies. Le combat continuera derrière les barbelés des camps du Barcarès, d'Argelès et de Bram, d'où il sera libéré après avoir obtenu un contrat de travail.
Au terme de ce long saut dans le vide, et à l'heure d'une liberté retrouvée dans un pays qui va devenir le sien, Francisco García Barrera n'aura aucune peine à refaire le chemin à l'envers. Calé devant le clavier d'une machine à écrire offerte par sa fille Irène, il redonnera corps à ces carnets si souvent écrits, réécrits, et perdus. Récits au fil desquels il dresse le tableau des combats qui vont saigner l'Espagne, sans occulter la désorganisation qui règne dans son camp, ainsi que les divisions internes.
Ce récit historique d'une guerre antifasciste, qui va au-delà du simple recueil de souvenirs personnels, Salvador Claude García, fils de Francisco, a souhaité le publier, car il symbolise le parcours qui fut celui de milliers d'exilés. Un ouvrage intitulé "Recuerdos y dolores de España, 1936-1940 ", dans lequel le lecteur retrouvera les désirs et les espoirs de ces citoyens qui payèrent durement leur attachement aux valeurs de la République. Francisco García Barrera est décédé en avril 1999 à l'âge de 91 ans, il repose à Chalabre, où il résidait depuis l'année 1945.
Le livre est disponible à Carcassonne (Librairie Breithaupt, maison de la presse), à Limoux (centre culturel Leclerc), à Chalabre (maison de la presse Chez José). Vous pouvez aussi vous le procurer en contactant Salvador Claude Garcia laguinette@gmail,com
Simon, Céline, Julien et Mari-Do, deux beaux couples, mais lesquels?
Organisateur de la manifestation, le "Wheelbarrow Team del Cazal" avait auparavant et avec grand plaisir, bousculé le protocole, afin que la classe Biberon puisse elle aussi s'exprimer sur l'anneau homologué des Tataoubas. Il revenait à Gian-Paolo Frutta e Verdura, speaker officiel, de dévoiler le pedigree des prétendants à la victoire finale, et de célébrer entre deux roues de brouettes, le premier mariage gay sur la commune libre du Cazal.
A l'heure dite, le drapeau à damier allait circuler de main en main, Jules passant le relais à Richard, pour un enchaînement effréné de départs spectaculaires. Au final, et même si le jury officiel n'avait d'autre choix que de rendre son verdict, l'imagination était déclarée grande lauréate d'un concours où le physique le disputait une fois encore à l'extravagant.
A l'arrivée, et au terme de trois tours truffés de pièges et coups pendables, le chrono de la course des As consacrait un duo aux couleurs de Monthaut-en-Ariège et Villelongue-d'Aude. Lequel prenait le meilleur et sur le fil, sur l'équipage tenant du titre, arborant les armes de Malviès et Greffeil. Quant à l'équipage "Zonzon et Cristobal", il est revenu, mais trop tard. Chez les Juniors, Enzo Molini maillot vert, et Paul Calmet maillot à pois, inscrivaient leurs noms au palmarès, imités quelques minutes plus tard par Céline et Mari-Do. Le recours à la photo-finish sera nécessaire pour la classe "Biberon", Maé, Margot, Sam et Mathéo finissant dans un mouchoir de poche, sous les acclamations venues de tribunes bluffées par le talent inventif des concurrents en lice.
Le RC Limoux-Razès XV a inscrit son nom au palmarès.
La balle ovale était donc à l'honneur, sur le stade Roger-Raynaud cette fois, où six formations étaient invitées à se jauger par le biais d'une compétition de jeu au flag. En l'absence de Christian de Bourges, arbitre multi cartes, ces joutes étaient supervisées par Romain Sicre, directeur de jeu également assermenté. Bien que très nombreux à prétendre soulever le bouclier, un seul groupe, aux couleurs limouxines, parviendra à ses fins. Face aux Badalucs, plutôt fringants pour leur âge, et aux Touste's Boys, volontaires mais enclins à disperser leurs efforts, ce sont les représentants du RC Limoux-Razès XV qui enlèvent l'édition 2013.
Les Blanquetiers, emmenés par Benjamin Jammet, Mathias Verganzonès et Cédric Crochard, recevront les compliments d'Alice, les félicitations des doyens Henri, Jean-Denis et Noël, avant de soulever le Bouclier Raymond-Fort. Il était l'heure de rejoindre les "Festejaïres del Cazal", sur une grand-place où les Limouxins ont pu caler un nouveau trophée, aux côtés de leur Bouclier de Champion du Languedoc de Promotion honneur 2012-2013.