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Fêtes - Page 6

  • C’était hier : Les majorettes du Pays d’Olmes ont animé les cours

    L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du jeudi 8 juin 2006.

    majorettes du pays d'olmes,ascension chalabreUne clôture en beauté avec les majorettes du Pays d’Olmes (Photos archives, Mai 2006).

    Elles avaient l’honneur de mettre un point final aux fêtes de l’Ascension, les majorettes du Pays d’Olmes présentaient dimanche 28 mai leur tout nouveau programme sur le cours Sully, artère stratégique des festivités 2006. La brillante prestation offerte aux nombreux spectateurs réunis à l’ombre des platanes aura servi d’avant-première, avant le grand rendez-vous, programmé les 10 et 11 juin. Les jeunes Ariégeoises seront alors en compétition dans le cadre du 15e festival des majorettes de Cormeilles-en-Parisis, un déplacement en Ile-de-France que toutes ces jeunes gymnastes préparent depuis de longues semaines.

    Si les Chalabrois et leurs invités ont eu droit à un spectacle de très grande qualité, ils ont également eu le plaisir de voir évoluer de gracieuses petites Chalabroises dans leurs impeccables costumes bleu et blanc. Un grand bravo à toutes pour plus d’une heure non-stop de mouvements enchaînés sur un tempo effréné. Avec des félicitations également pour la présidente du comité des fêtes Sarah Opel et son équipe, qui ont réussi à mettre sur pied un programme festif des plus réussis.

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  • Villefort : Aline Vives a fêté ses cent ans

    aline vivesUn beau bouquet de fleurs pour Aline, entourée de sa famille.

    Une ambiance festive régnait jeudi 27 mai dans les salons de l’hôpital local, en l’honneur d’Aline Vives, pensionnaire des Hauts de Bon-Accueil et alerte centenaire invitée en ce dernier jeudi de mai, à souffler des bougies d’anniversaire. Une date et une fête pour Aline Vives, née le 27 mai 1921 à Villefort, dans une famille de maraîchers, dont la vocation sera perpétuée par son frère Louis Jean, jardinier dont chacun garde le souvenir en Kercorb.

    aline vivesMariée en 1945 avec Louis Vives, elle aura partagé son existence avec celle d’un jeune instituteur, nommé à l’école de Joucou, puis à Gaja-et-Villedieu et enfin Rivel. Les jeunes filles scolarisées durant ces années-là ont certainement gardé le souvenir des cours de couture que « Madame Vives » leur prodiguait pendant leur scolarité. A la retraite, Aline et Louis rejoindront Villefort et le hameau de Saint-André, où Aline a pu profiter de sa passion pour le jardinage et des plaisirs familiaux, avec ses quatre petits enfants et ses neuf arrière petits enfants.

    Samedi, aux côtés de sa petite famille, Aline Vives a fêté son centenaire sur les Hauts-de-Bon-accueil à Chalabre, où elle réside actuellement. Entourée de fleurs et de félicitations, Aline Vives a grandement apprécié cette journée unique, l’occasion de lui souhaiter un très heureux anniversaire, avec admiration et respect.

  • Fête des Mères

    cineEn ce dernier dimanche de mai, Cine repense à cette journée spéciale que la tradition perpétue depuis 1906, et qui a pu conférer au collier de pâtes, une valeur inestimable.

    Fête des Mères

    « Qu'il est loin le temps des seuls cadeaux préparés en secret, dans la salle de classe. Parfois bien naïfs certes ! Mais si beaux à nos yeux d'enfants ! On y passait quelques heures à les fabriquer, avec plein d'ardeur et de bonheur. Et toujours pressés de les emporter, en catimini, cachés dans nos cartables. Il y avait tellement d'émotions retenues, que parfois, trop pressés, certains tendaient leur présent dès l'arrivée à la maison.

    Mais c'était le dimanche qu'on laissait éclater notre joie au plaisir de l'offrande qu'on lui tendait, disant « Bonne fête Maman ! ». 

    On n'oubliait pas de lui réciter la jolie poésie, que l'on avait apprise par cœur des jours durant, et qui finissait malgré tout… en une cavalcade de jolis balbutiements. Ah! Qu'ils étaient doux et chauds Maman tes baisers fondant sur nos joues ! N'était ce pas merveilleux ?!

    Et nul besoin de louis d'or et autres euros, pour ramasser quelques beaux bouquets dans les prés alentours, que l'on offrait avec tout l'élan de notre être, gonflé  d'amour pour Elle. Comment oublier ce passé empreint de tant de sérénité et d'innocence enfantine ? Comment ne pas avoir la nostalgie du passé quand cette fête est principalement une fête pour les commerces ? Combien d'enfants ont encore aujourd'hui les poches vides pour leurs Mamans ? 

    La seule fête réside dans le partage au fil des jours, du plus grand, du plus beau et du plus précieux sentiment : l'Amour maternel. Il faut dire à tous les enfants, petits… et grands aussi, profitez de votre Maman si belle et éternelle à vos yeux. Vivez avec elle de ces petits riens, si précieux plus tard, et qui ne sont que bonheur !... Profitez de celle qui vous a donné le jour, ne l'oubliez jamais dans vos pensées. Car elle a toujours vécu pour vous, en s'oubliant parfois, pour vous donner le meilleur d'elle même. Serrez la souvent contre vous, et osez lui avouer bêtement votre amour. Vous y goûterez des instants de plénitude. 

    Et quand ses cheveux blancs, sous ses traits fanés la rendront plus belle encore, osez le compliment qui la fera rosir de plaisir. Et quand ses mains seront ridées après tant de labeur, ne les lâchez jamais ! Car elle n'a jamais lâché les vôtres. Et quand son regard vacillera, à se perdre parfois loin de vous, faites toujours briller ses yeux de joie… et non pas de larmes. Et quand elle fera tout pour vous cacher ses lèvres tremblantes, faites la rire et sourire au possible. Et quand son corps deviendra las et lourd, sous les années passées, offrez lui la force de vos bras en lui disant encore et toujours des mots d'espoir. Faites la vivre au mieux !... Et créez vous des souvenirs. Savourez tous ces instants de vie, dont on a conscience plus tard, du cadeau qui nous était fait de prononcer encore et toujours le plus beau et le plus doux des mots : « MAMAN ».

    cine

    Quand toutes ces fêtes s'égrènent, alors qu'ils ne sont plus là. Quand mes doigts pleurent, ce que mon cœur saigne… du rouge sang dans l'encre noire… A Celle qui fut mienne, et naïvement… avec mon cœur d'enfant :

    Bonne fête ma chère Maman

    Tu n'es plus ici, tu n'es plus là 

    Je te serre fort dans mes bras 

    Par delà la vie, au delà du temps. 

     

    Bonne fête ma douce Maman 

    Je revis ces jours d'autrefois

    Qui réunissaient autour de toi 

    Ta ribambelle de petits et grands. 

     

    Bonne fête ma petite Maman

    Qu'il est loin le temps des langes

    Quand nos mains emplies de louanges

    Levaient vers toi de naïfs présents.

     

    Bonne fête ma tendre Maman

    Alors tes yeux pleins de larmes 

    Inondaient de douceur et de charme 

    Ton beau sourire qui rayonnait tant.

     

    Bonne fête mon amour de Maman

    Tous ces regards qui t'enveloppaient

    N'imaginaient la vie et sa destinée

    Ni la souffrance au vent du néant. 

     

    Bonne fête mon éternelle Maman 

    Que nos cœurs pleins d'amour 

    Et tous nos baisers de velours 

    Soient pour toi étoiles au firmament.

     

    Bonne fête inoubliable Maman 

    Ton image jamais ne me quittera 

    Ton beau visage est ancré en moi 

    Car à jamais figé dans le temps ».

  • L'Ascension… de Cine

    En ce jeudi 13 mai 2021, jeudi de l'Ascension, Chalabre va rester silencieuse. D'abord parce qu'il n'y a plus de comité des fêtes depuis le 29 septembre 2018, et puis parce que l'air du temps fait des siennes en invitant chacune et chacun à rester chez soi. Costumes et robes vont une nouvelle fois rester sur leur cintre, mais en rouvrant l'armoire aux souvenirs, Cine se souvient. Elle se souvient des grandes fêtes de l'Ascension d'hier, quand Chalabre n'était rien moins que l'endroit où il fallait être.

    l'ascension à chalabre« Ce mois de Mai me ramène toujours à des événements de ma vie. Maman disait « Mois des fleurs mois des pleurs ». De ce mois, je ne veux en garder que la beauté de la nature à son apogée, et les fêtes de l’Ascension. Même si pour moi elles ont cessé d’exister un jour de Mai 94 où le ciel ne fut plus qu’un voile noir posé sur sa veste blanche. 

    J’ai beau essayer de passer et penser à côté… ça me rappelle tellement de choses ces fêtes à Chalabre !

    Les manèges, les baraques, les tirs, les bals et aussi… les retrouvailles autour de la table avec l'ambiance des repas en famille…

    Du plus loin en moi, que de beaux souvenirs ! Et comme vous,  j’en ai en pagaille.

    Des quelques jours précédents, j’en garde l’impression d’un air qui se faisait lourd d’attente. Quelque chose se préparait, et le village entrait dans une certaine agitation. Puis, comme une délivrance, une clameur s’élevait au-dessus des maisons. « Ils sont arrivés !! Les gros camions de Pubill sont là ! ».

    C’était toujours Polo Pubill et ses autos scooters qui arrivaient en premier. Tête d’un convoi de caravanes et camions qui allaient se traîner derrière lui, sur deux ou trois jours, peints de couleurs et décors fantastiques. C'était au terrain de rugby ou à la gare qu’ils s’installaient. Mais il me semble aussi qu’il y eut le quartier du Moulin et la Métairie de la ville.

    l'ascension à chalabre

    C’était fascinant de voir ces énormes remorques de manèges, balançoires et autres baraques aux jeux de hasard (tirs, poupées et peluches, pêche aux canards… que sais-je !)… Et ceux recelant les belles et bonnes friandises. C’était le déclic pour quatre jours annoncés des grandes fêtes de l’Ascension à Chalabre. Celles que tout le monde attendait à la vue de belles et grandes affiches placardées dans toute la région. Car sans exagération, connues bien au-delà de notre département, elles drainaient une vraie et grande foule.

    Un joyeux frémissement houleux se faisait ressentir. Une année sur deux, deux cours se fermaient à la circulation. Une année la fête battait son plein Cours Colbert et d’Aguesseau.  La suivante Cours Sully et Dr Joseph-Raynaud. Intelligemment, car cela faisait aussi profit aux bistrotiers et hôteliers en place.

    Une grande agitation ébranlait alors la tranquillité villageoise. Bruits de ferraille et coups de marteaux pour une mise en place bien rodée et structurée des manèges. C'était déjà une première attraction. Il en était de même autour de la construction de l’orchestre, qui prenait toute la largeur de rue, pile devant l’Hôtel de France. L’année suivante l'estrade se campait face à la Paix, devant chez Claudine. Même s’il y avait peu de voitures, c’était bien agréable de goûter à ces rues, devenues pour quelques jours, piétonnes.

    Que de merveilleux et réputés grands orchestres ont foulé ces planches pour notre plus grand plaisir. Retrouver leur nom m’est difficile, mais bien sûr : René Coll, Les Méditerranéens, Gilles Pellegrini, Tony Bram’s… qui d’autres ???... Ils inondaient la foule, qui s'agglutinait autour d'eux, d'un pur bonheur musical. J'adorais toutes ces trompettes rutilantes. Quand j’y pense aujourd’hui, aucune comparaison n’est possible avec les DJ actuels. Ils étaient MAGNIFIQUES.

    l'ascension à chalabre

    Et puis, quelle belle image que ces défilés de notre clique chalabroise donnant le top départ via Pont Neuf et Monument-aux-Morts. Nos musiciens drainaient derrière eux toute une population enjouée. Les gens sortaient sur le seuil des maisons pour les entendre et voir passer. Chemise blanche et képi blanc, ils avaient belle et fière  allure.

    Nous étions aussi sapés du dimanche ! Chemises ou robes et socquettes blanches, souliers vernis noirs ou tennis (J’en parle toujours de ces tennis rénovés à la crème miracle du « Sadolblanc » pour une blancheur impeccable… qui ne durait jamais longtemps). Vous avez bien dû connaître cela avant de les faire sécher au soleil. La pâte durcissait toujours un peu la toile. La coiffure n'était pas sans reste, et tout petit on avait droit à « la pope ». Plus tard les diadèmes, barrettes ou nœuds dans les cheveux. Pour quelques jeunes, c'était l'époque de la « banane ».

    l'ascension à chalabre

    Cela valait bien un cliché, pour le plus grand bonheur d’un photographe, à l’affût d’une vente de photo souvenir. Il traînait dans la foule à son cou, un appareil au gros flash rond qui éblouissait sous le déclic. Et puis Marinette (Confiserie d’Espéraza je crois), ses pommes d’api si rouges et luisantes et ses délicieux churros. Je revois la pâte coupée au ciseau en morceaux réguliers, trempés dans la friture pour en ressortir bien croustillants. Ils étaient saupoudrés de sucre et leur parfum allait cueillir les narines les plus éloignées. Encore aujourd’hui au travers de ces lignes, j’en garde l’eau à la bouche…

    Du marchand de barbe à papa qui enroulait encore et encore… faisant enfler en gros dôme, les fils perlés de sucre rose ou blanc autour d’un bâton. Une fois dans nos petites mains, aérien, il tanguait jusqu’à notre bouche. Le visage disparaissait derrière, laissant quelques bons « pégous » sur le nez. Et ces parois de croquants gluants de sucre et coupés à la pince. Les berlingots servis à la pelle. Les canes Candy… les grandes sucettes plates et rondes à spirales ou longues et torsadées… les cornets de glace… Je me souviens oui ! Autant que d’en avoir salivé, avant que d’en avoir goûté… si peu ! Sans que cela m’ait manqué.

    Rappelez-vous ce poisson rouge baignant au fond d’un sac transparent, qui allait connaître la solitude du bocal. Et mieux encore, ces souris blanches dont certaines avaient été teintés de vert, rose ou jaune (je ne vais pas dire les pauvres tout de même) que les frangins avaient ramenées à la maison. Ces bestioles aux couleurs captivantes mises en cage, étaient loin d’avoir envoûté Maman. Fenêtre grande ouverte, elles ont dû passer du rose au rouge. Car elles ne sont pas restées longtemps derrière les barreaux.

    Ces vitrines sur roulettes et à tiroirs emplies de gadgets. Une pièce dans la fente et l’on tirait vers soi pour découvrir le cadeau dans une petite boite en carton. C’était parfois, et souvent,  la déception. La roulette qu’on lançait de toutes nos petites forces sur une sorte de table en bois et dont le fil allait stopper obligatoirement devant un bibelot qu’on « gagnait ». Les baraques aux magnifiques poupées, attiraient le regard de loin. Suspendues et étalées dans leurs belles soies et dentelles, elles s'éclaboussaient au-dessus de nos têtes. Alors la tentation était grande, car le tirage était toujours gagnant dans les mains du forain (Ah ! Le veinard !! Si je puis dire…).

    Il en fallait des pièces pour ces beaux yeux et ces petits rouleaux de papier couleur. On les déroulait, tous les regards voisins posés dessus, plein d'espoir. C’était écrit… « Gagné » ou « Perdu »… pour ces belles poupées qui s’offraient… mais se jouaient bien de nous. La chance était… d’en payer le prix.  Ma sœur en ramena une un jour, coiffée d’un beau chignon. Toutes ces belles demoiselles de foire, ont longtemps trôné sur les lits ou fauteuils, dans bien des maisons.

    Les loteries avec les jetons en plaques… qui pour gagner une misère, en ruinaient quelques-uns ! Les baraques à tirs qui résonnaient au loin et dont les garçons se disputaient à qui le tour et se défiaient sous le bal incessant des ballons de baudruche.

    Les anneaux qu'on jetait avec plus ou moins de dextérité, en tentant de les enfiler autour d'un socle en bois pour gagner le bibelot posé dessus. Et j'en oublie de ces baraques aux jeux de hasard qui attiraient le monde de par leurs bibelots, jouets et même vaisselle.

    Tout cela bien sûr. Mais le plus important restait bien les manèges. A l’image de ce Carrousel avec ses beaux chevaux de bois, très populaire, qui s’installait devant chez Fabre ou Malacan. Plus tard, comme dans la vie des anciens, quelques roues ont remplacé les sabots. De plus loin en mémoire, je me revois pédalant assise dans le sulky à l’arrière de chevaux de bois pour quelques allers retours sur le cours du bassin. Les autos tamponneuses étaient pour un certain âge. Je fus très tôt impressionnée, car pour un premier tour, je me revois assise et tenue fermement contre Papa, le volant tout juste sous les yeux. Sous les secousses nos fesses quittaient le siège.

    Avez-vous connu cette  merveilleuse sensation de s’envoler haut, par-dessus les toits ? Qui plus est à bord d’une barque ? J’y ai goûté quelque fois me balançant avec toujours plus d’élan. Ah ce manège de balançoires, en forme de barques !! J’étais souvent appuyée à sa rambarde en bois. Il a sa place dans mes souvenirs d’enfant, installé dans le tournant devant chez Saddier.

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    Et puis, j’ai un joli souvenir. On a beau être bien petit, des moments de vie survivent en nous, toujours ! Papa servait au café de la Paix, fusant de table en table. Je le revois toujours si imposant pour moi, dans sa veste blanche. Mes yeux d’enfant le voyaient si important, pour tous ces gens en terrasse qui le réclamait. Je me revois avancer timidement pour qu’il fasse attention à moi. Et par quel miracle voyais-je sortir tous ces jetons et ces tickets de manège, des poches de son gilet noir ? Il en avait toujours plein les poches pour moi,… pour nous. Je revois encore ces longs doigts trifouillant dans les fentes de la soie noire de son gilet, à la recherche de ce qui, d'avance, faisait briller les yeux qui lui faisaient face. De ce moment-là, Papa était mon Dieu, mon icône. Il n'y avait qu’à demander et c'était un trésor qui tombait dans mes mains. Pour Pétitou qu'il me disait ! Je m'empressais vers Bodino installé devant l'épicerie, chez Marthe. Oh magie des tours de manège ! Il n'y avait aucune dextérité en moi à attraper ce pompon qui virevoltait par-dessus ma tête. Ebahie, bouche bée, yeux grands ouverts, déjà captivée par l’art du pinceau, je regardais défiler les peintures au plafond et ses décors qui m’envoûtaient, me faisant oublier ce gros pompon qui balayait les airs. Mais c'était sans compter sur ce cher Bodino qui, pour l'amour des enfants, venait déposer innocemment dans nos mains l'objet garant d'un second tour. Ce dépôt entre mes doigts me sortait de ma béatitude et réveillait ma vivacité. Je le serrais contre moi pleine de fierté d'avoir « réussi » à l'attraper en plein vol.

    Magnifique et magique innocence de l'enfance !!

    Et souvenez-vous, si je ne me trompe, le vendredi était consacré aux jeux d’enfants. Tant d'enfants participaient soutenue par un public bien présent. Quelle ambiance !! Les typiques « courses au sac », entre la Paix et la Marée, jambes enfilées dans la toile de jute. Il y en avait toujours un pour trébucher et s’étaler sous l’hilarité générale. Les mémorables courses à l’œuf, celui-ci posé dans une cuillère à soupe, bien serrée entre dents et lèvres. Mains au dos pour ne pas tricher, la tentation était grande de tenir l’œuf. D’autant qu’il fallait gagner l’arrivée sans casse. Mais les omelettes jonchaient le sol. Les plus dégourdis connurent une arrivée triomphante. Et le top ! Toutes ces pièces cachées au fond d'une bassine sous la couche de farine ?

    Mains dans le dos, le visage plongeait dans la farine, et notre bouche telle un radar, partait à la recherche des quelques pièces qui devaient faire notre fortune. On en ressortait avec une tête de meunier.

    Et puis l’ambiance de tous ces radios crochets ! On avait droit de monter sur la scène de l’orchestre, un vrai micro en main, et c'était « pas rien ! ». Cela avait son importance. Qui d'entre vous se souvient d’avoir donné de la voix pour nous avoir bercé, charmé voire emporté… ou… cassé les oreilles ?? 

    Et je pourrais raconter encore et encore… Les valses, tangos et pasos envoûtants, les slows langoureux… qui attisaient les regards envieux… ou déliaient les mauvaises langues. Les orchestres de cuivre, les musiciens, leurs chanteurs et leurs chorégraphies égayées de leurs beaux costumes qui nous captivaient les après-midi jusqu’à tard dans la nuit. Tout un monde de couples dansant au milieu du cours devant la Paix, au son des bals musettes. Et ceux qui évoluaient aussi parfois du France jusqu’au Café Tournois.

    Aujourd’hui, comment ne pas avoir la nostalgie de ces fêtes disparues ?!! Résonances pour chacun de nous de l'enfance, puis de notre jeunesse… Ces fêtes de l’Ascension sont un feu d’artifice de souvenirs, car toutes emplies aussi d’événements festifs, qui s’y greffaient autour. Je peux dire qu’elles restent éblouissantes.

    Ce n’était qu’un détail dans mes souvenirs… qui ont occulté les Ascensions sous la pluie ».

    l'ascension à chalabre